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MONTSERRAT Pierre-François

Qui est Pierre-François Montserrat ?

Nom complet : Pierre-François de Montserrat, également appelé Pierre-François Mont-Serraz.
Naissance : 6 février 1758 (L’Hôpital, duché de Savoie).
Mort : 27 septembre 1820 (Meudon, France) à 62 ans.
Activité : officier général français.
Notoriété : combattant des armées révolutionnaires, colonel de la Garde royale de Naples puis lieutenant-général sous Joachim Murat.

Où se trouve la tombe de Pierre-François Montserrat ?

La tombe de Pierre-François Montserrat se trouve dans la division 41 du cimetière du Père-Lachaise, chemin des Anglais.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 41
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Pierre-François Montserrat au Père-Lachaise

Le monument de la famille Montserrat prend la forme d’une haute stèle néoclassique. Sa face antérieure porte les inscriptions consacrées au lieutenant-général, avec son lieu et sa date de naissance dans le duché de Savoie, son grade et la date de son décès. La partie supérieure est ornée d’un relief funéraire.

La sépulture accueille également Jean Eugène François Marie, comte de Mont-Serraz, né en 1840 et mort en 1917. Ingénieur et chevalier de la Légion d’honneur, il participa à l’expédition du Mexique. Le tombeau réunit ainsi deux générations associées au service de l’État et à l’histoire militaire française.

Vue générale de la tombe de Pierre-François Montserrat au Père-Lachaise
Vue antérieure du monument Montserrat, division 41. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA.
Inscriptions de la stèle funéraire de Pierre-François Montserrat
Détail de la stèle et de ses inscriptions commémoratives. Wikimedia Commons, licence libre.

Biographie de Pierre-François Montserrat

Pierre-François de Montserrat naît le 6 février 1758 au bourg de L’Hôpital, dans le duché de Savoie. Son nom apparaît sous plusieurs formes dans les documents : Montserrat, Mont-Serraz ou de Montserrat. Il a déjà trente-trois ans lorsque la Révolution française lui ouvre une carrière militaire. Comme beaucoup d’hommes dont le parcours est bouleversé par les événements, il rejoint une armée en pleine recomposition, où l’élection des officiers et les besoins immenses en cadres permettent des promotions rapides.

L’entrée dans les armées révolutionnaires

Le 21 juillet 1791, Montserrat entre comme volontaire dans un bataillon parisien. Il est élu capitaine le mois suivant et exerce bientôt les fonctions d’adjudant-major. Cette première promotion est suivie d’un retour au grade de lieutenant lorsqu’il passe, le 3 juillet 1792, dans un bataillon de chasseurs qui sera ensuite intégré à l’infanterie légère. La France vient d’entrer en guerre contre les monarchies européennes, et les frontières du Nord deviennent son premier véritable terrain d’expérience.

À l’armée du Nord, il se signale suffisamment pour être nommé adjudant-major le 10 mars 1793. Le contexte est difficile : les unités changent de composition, les chefs se succèdent et la discipline doit être reconstruite au milieu des défaites, des levées massives et des tensions politiques. Montserrat s’adapte à cette armée nouvelle. Son expérience d’état-major, sa connaissance de l’infanterie légère et sa présence au combat lui permettent de gravir progressivement les échelons.

Portrait du général Jean-Charles Pichegru sous les ordres duquel servit Montserrat
Le général Jean-Charles Pichegru, sous les ordres duquel Montserrat combattit à l’armée du Rhin. Château de Versailles / Wikimedia Commons, domaine public.

Les campagnes du Rhin

Montserrat sert ensuite à l’armée du Rhin pendant plusieurs campagnes. Il obtient les grades de capitaine puis de chef de bataillon. Les opérations le conduisent dans une guerre de mouvement faite de marches, de passages de fleuves, de combats d’avant-garde et de retraites difficiles. Les sources militaires le citent à Neubourg, Rottweil, Biberach et Riegel, ainsi qu’à un passage du Rhin où son comportement attire l’attention de ses supérieurs.

Il sert successivement sous les généraux Michaud, Pichegru et Moreau. Leurs rapports louent sa conduite. Cette reconnaissance est importante pour un officier dont la progression repose d’abord sur le service en campagne. La bataille de Biberach, en octobre 1796, appartient aux succès de l’armée commandée par Moreau durant sa retraite d’Allemagne : les Français y repoussent les forces autrichiennes et obtiennent le temps nécessaire pour poursuivre leur mouvement vers le Rhin.

Carte de la bataille de Biberach de 1796
Carte de la bataille de Biberach, livrée en 1796 pendant les campagnes de l’armée du Rhin. Wikimedia Commons, domaine public.

Le métier de Montserrat se construit dans ces années de guerre continue. L’infanterie légère opère souvent en avant des colonnes, protège les mouvements et exploite le terrain. L’adjudant-major doit transmettre les ordres, organiser les formations et maintenir la cohésion d’hommes venus d’horizons très divers. Ces fonctions expliquent sa double réputation d’officier de combat et d’organisateur.

Portrait du général Jean-Victor Moreau, commandant de l’armée du Rhin
Jean-Victor Moreau, général en chef de l’armée du Rhin. Portrait de François Gérard, musée de l’Armée / Wikimedia Commons, domaine public.

De l’Italie au royaume de Naples

Après les campagnes du Rhin, Montserrat poursuit son service en Italie, où les guerres révolutionnaires puis napoléoniennes modifient profondément les États de la péninsule. Il atteint le grade de colonel et reçoit les premières distinctions du nouveau régime. Il devient membre de la Légion d’honneur en décembre 1803, puis officier de l’ordre en juin 1804. Il est également désigné comme électeur du département du Léman, fonction civique accordée à une personnalité reconnue par le pouvoir.

Le 11 juillet 1806, avec l’accord de Napoléon, il entre au service du royaume de Naples. Joseph Bonaparte y règne alors avant d’être remplacé en 1808 par Joachim Murat. Montserrat commande comme colonel les grenadiers à pied de la Garde royale. Ce poste prestigieux exige autant de fidélité politique que d’expérience militaire : la Garde protège le souverain, sert de troupe d’élite et participe aux opérations destinées à consolider le nouveau royaume.

Portrait de Joachim Murat, roi de Naples, au service duquel entra Montserrat
Joachim Murat, roi de Naples, par François Gérard. Wikimedia Commons, domaine public.

En 1808, Montserrat se distingue après la prise de l’île de Capri. L’île, occupée par une garnison britannique, contrôle une position stratégique dans la baie de Naples. Sa reconquête par les forces de Murat constitue un succès politique et militaire pour le régime napolitain. Peu après, le roi confie à Montserrat le commandement de la place de Naples. L’ancien volontaire parisien se trouve désormais chargé de la sécurité militaire d’une capitale royale.

Sa fidélité et ses services sont récompensés par le grade de lieutenant-général. Cette promotion représente l’aboutissement d’une carrière commencée tardivement et construite presque entièrement sur les champs de bataille de la Révolution et de l’Empire. Elle le place parmi les officiers supérieurs du royaume de Naples, même si son nom reste moins connu que ceux des grands maréchaux.

Armoiries du royaume de Naples sous Joachim Murat
Armoiries du royaume de Naples sous Joachim Murat, où Montserrat servit comme colonel de la Garde et lieutenant-général. Wikimedia Commons, licence libre.

Le retour en France sous la Restauration

La chute du système napoléonien bouleverse à nouveau son existence. Montserrat rentre en France après de longues années au service de Naples. Comme beaucoup d’officiers, il doit faire reconnaître ses grades et sa fidélité dans un régime désormais gouverné par les Bourbons. Louis XVIII l’accueille favorablement et le nomme chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis.

Cette distinction marque son intégration à la France de la Restauration. Son parcours résume les changements politiques vécus par une génération d’officiers : volontaire de 1791, combattant des armées républicaines, officier de l’Empire, général au service d’un royaume napoléonien, puis chevalier de Saint-Louis. Au-delà des régimes successifs, la continuité est celle du métier militaire et du service.

Pierre-François de Montserrat meurt à Meudon le 27 septembre 1820, à l’âge de soixante-deux ans. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Sa haute stèle de la division 41 rappelle encore ses origines savoyardes et son rang de lieutenant-général. Le monument familial prolonge sa mémoire au-delà de l’épopée napoléonienne, en associant son nom à celui de descendants eux aussi engagés au service de la France.

Campagnes et fonctions principales

  • Volontaire dans un bataillon parisien à partir du 21 juillet 1791.
  • Officier de l’armée du Nord puis de l’armée du Rhin.
  • Campagnes de Neubourg, Rottweil, Biberach, Riegel et passage du Rhin.
  • Colonel des grenadiers à pied de la Garde royale de Naples à partir de 1806.
  • Participation aux opérations suivant la prise de Capri en 1808.
  • Commandant de la place de Naples.
  • Lieutenant-général au service de Joachim Murat.

Distinctions et fonctions

  • Membre de la Légion d’honneur, 19 frimaire an XII.
  • Officier de la Légion d’honneur, 25 prairial an XII.
  • Électeur du département du Léman.
  • Chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis sous la Restauration.
  • Lieutenant-général.