Qui est Hippolyte Monpou ?
Nom complet : François Louis Hippolyte Monpou.
Naissance : 12 janvier 1804 (Paris, France).
Mort : 10 août 1841 (Orléans, France) à 37 ans.
Activité : compositeur et organiste français.
Notoriété : musicien du romantisme français, célèbre dans les années 1830 pour ses romances sur des textes de Victor Hugo, Alfred de Musset ou Gérard de Nerval, ainsi que pour ses opéras-comiques.
Où se trouve la tombe d’Hippolyte Monpou ?
La tombe d’Hippolyte Monpou se trouve dans la division 58 du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire d’Hippolyte Monpou au Père-Lachaise
La sépulture d’Hippolyte Monpou est un monument de pierre grise. La face principale porte son nom et rappelle sa qualité de compositeur.
Après sa mort à Orléans, sa veuve Pauline-Aspasie Oschens fit ramener sa dépouille à Paris. Une messe solennelle fut célébrée à l’église Saint-Roch, au cours de laquelle plusieurs de ses motets funèbres furent exécutés, avant son inhumation au Père-Lachaise. Le monument conserve ainsi la mémoire d’un musicien dont l’œuvre sacrée accompagna longtemps les cérémonies religieuses.


Biographie d’Hippolyte Monpou
François Louis Hippolyte Monpou naît à Paris le 12 janvier 1804. La musique entre très tôt dans sa vie : encore enfant, il chante à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, puis rejoint à neuf ans la maîtrise de Notre-Dame de Paris. Sous la direction de Pierre Desvignes, il reçoit une formation où le chant, l’orgue et la pratique religieuse sont étroitement liés. Ce premier apprentissage laisse une empreinte durable sur son langage musical et explique la place que conserveront les motets et les cantiques dans son catalogue.

De la maîtrise de Notre-Dame à l’école de Choron
En 1817, l’adolescent entre à l’Institution royale de musique classique et religieuse fondée par Alexandre-Étienne Choron. L’établissement entend faire redécouvrir les maîtres anciens et restaurer en France une solide culture de la musique sacrée. Monpou y étudie le répertoire italien, allemand et français, travaille l’harmonie auprès de musiciens comme Bernardo Porta, Hippolyte Chélard et François-Joseph Fétis, et se forme au contact de condisciples appelés à compter dans la vie musicale parisienne.
À quinze ans à peine, Choron le désigne comme organiste de la cathédrale de Tours. La responsabilité se révèle trop lourde pour un musicien aussi jeune. Il revient donc à l’école, cette fois comme maître répétiteur, et consolide son métier. Il devient ensuite organiste à Saint-Nicolas-des-Champs, à Saint-Thomas-d’Aquin puis à la chapelle de la Sorbonne. Ces postes lui permettent de faire entendre plusieurs messes de sa composition et d’acquérir une expérience pratique que ses premières études n’avaient pas encore pleinement assurée.
La formation reçue auprès de Choron ne se limite pas à l’apprentissage technique. Elle familiarise Monpou avec la polyphonie ancienne et avec une conception exigeante du rapport entre la musique et le texte. Dans ses compositions religieuses, il recherche moins l’effet théâtral que la clarté de la déclamation et l’intensité de la prière. Les messes qu’il fait exécuter dans les églises parisiennes, puis ses cantiques et ses motets funèbres, prolongent cette première vocation. Même lorsqu’il se tourne vers la romance et l’opéra, il conserve le goût des ensembles vocaux et des couleurs harmoniques appris dans ce milieu.
Les concerts de musique ancienne organisés par Choron à partir de 1828 constituent une autre étape décisive. Monpou y accompagne les chanteurs devant le public. L’exercice l’aide à vaincre une grande timidité et l’habitue aux exigences de la scène. Parallèlement, il commence à composer des romances, genre alors très apprécié dans les salons et chez les éditeurs de musique.

Le musicien des poètes romantiques
En 1828, son nocturne à trois voix Si j’étais petit oiseau, sur des paroles de Béranger, rencontre le succès. La révolution de 1830 interrompt cependant les concerts de Choron et entraîne la fermeture de son école. Privé de ce cadre, Monpou trouve une voie personnelle dans le mouvement romantique. Il fréquente les milieux littéraires et met en musique les textes de quelques-uns des écrivains les plus marquants de son temps : Victor Hugo, Alfred de Musset, Alexandre Dumas, Gérard de Nerval, Théophile Gautier ou encore Lamennais.
Le Paris romantique offre alors un terrain particulièrement favorable à cette rencontre entre littérature et musique. La romance se chante dans les salons, se vend en feuilles séparées et peut rendre populaire en quelques semaines un poème récemment publié. Monpou se distingue de nombreux compositeurs de ce répertoire par son choix de textes ambitieux. Il accepte les mètres irréguliers, les images sombres et les changements d’atmosphère des poètes contemporains, quitte à surprendre les habitudes musicales de son public. Cette proximité avec les écrivains lui vaut une place singulière dans les cénacles des années 1830.
Ses romances ne traitent pas le poème comme un simple prétexte. Elles cherchent à suivre les accents, les images et les irrégularités du vers. Gautier saluera précisément cette attention portée aux paroles et aux rythmes les plus difficiles. L’Andalouse, sur un texte de Musset, Sarah la Baigneuse, Gastibelza et Les Deux Archers, d’après Hugo, mais aussi Le Fou de Tolède, Venise, Madrid, La Chanson de Mignon ou Le Voile blanc circulent rapidement. Monpou chante lui-même certaines de ses pièces dans les salons, contribuant directement à leur diffusion.

L’ambition du théâtre lyrique
Fort de sa popularité dans la romance, Monpou aborde la scène. Les Deux Reines, opéra-comique en un acte sur un livret de Frédéric Soulié, est créé en 1835. L’ouvrage reçoit un accueil réservé, mais la romance Adieu, mon beau navire s’impose auprès du public. En 1836 suit Le Luthier de Vienne, sur un livret d’Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven. La partition témoigne de son goût pour les modulations inattendues, les rythmes souples et l’alliance entre écriture théâtrale et souvenirs de musique religieuse.
Piquillo, créé en 1837 sur un livret d’Alexandre Dumas et Gérard de Nerval, constitue l’une de ses entreprises les plus importantes. La chanteuse Jenny Colon y tient un rôle majeur. La musique, colorée et volontairement pittoresque, porte la marque originale de Monpou, même si l’œuvre ne s’installe pas durablement au répertoire. Perugina paraît en 1838, puis viennent en 1839 Un conte d’autrefois, Le Planteur et La Chaste Suzanne. Créé à l’Opéra-Comique le 1er mars 1839, Le Planteur remporte un succès notable.

En 1840, Jeanne de Naples, composé avec Louis Bordèse sur un livret de Leuven et Brunswick, est accueilli favorablement à l’Opéra-Comique. La production rapide de ces années révèle une ambition croissante, mais aussi la difficulté de soutenir un tel rythme. Monpou accepte alors de composer Lambert Simnel sur un livret d’Eugène Scribe et Mélesville, avec un délai particulièrement contraignant.
Une carrière interrompue à trente-sept ans
Le travail intensif sur Lambert Simnel épuise le compositeur. Atteint d’une gastralgie aiguë, il doit interrompre la partition avant le troisième acte. Ses médecins lui conseillent le repos à la campagne. Il rejoint son ami, l’auteur dramatique Louis-Émile Vanderburch, à La Chapelle-Saint-Mesmin, près d’Orléans, mais son état s’aggrave. Ramené en ville pour recevoir des soins, il meurt dans une chambre d’hôtel le 10 août 1841, à seulement trente-sept ans.

Les jugements portés sur son théâtre furent contrastés. Ses détracteurs lui reprochaient une écriture parfois heurtée et une technique moins assurée que celle des maîtres installés de l’Opéra-Comique. Ses défenseurs admiraient au contraire l’imprévu de ses mélodies, son sens de la couleur et sa volonté de renouveler les formes convenues. Cette tension explique à la fois les succès immédiats de certains airs et la disparition rapide de plusieurs ouvrages complets. Elle montre aussi combien Monpou appartenait à une génération qui cherchait à faire entrer l’imaginaire romantique dans les genres lyriques français.
Lambert Simnel demeure inachevé. Adolphe Adam complète la musique, et l’opéra-comique est créé en 1843, deux ans après la disparition de Monpou. Sa mort précoce met fin à une carrière concentrée sur une douzaine d’années, mais très abondante : le catalogue de la Bibliothèque nationale de France recense plus de deux cents partitions sous son nom. Ses opéras ont quitté la scène, tandis que plusieurs romances et pages religieuses permettent encore d’entendre ce qui fit sa singularité : une musique directement attentive à la poésie, aux inflexions de la voix et à la sensibilité romantique.
Œuvres principales
- Si j’étais petit oiseau, nocturne à trois voix sur un texte de Béranger (1828).
- L’Andalouse, sur un poème d’Alfred de Musset.
- Sarah la Baigneuse, Gastibelza et Les Deux Archers, sur des textes de Victor Hugo.
- Les Deux Reines, opéra-comique (1835).
- Le Luthier de Vienne, opéra-comique (1836).
- Piquillo, opéra sur un livret d’Alexandre Dumas et Gérard de Nerval (1837).
- Perugina (1838).
- Le Planteur et La Chaste Suzanne (1839).
- Jeanne de Naples, avec Louis Bordèse (1840).
- Lambert Simnel, achevé par Adolphe Adam et créé en 1843.
- Musique religieuse : messes, cantiques à la Vierge et motets funèbres, notamment O Domine, Miseremini et Pie Jesu.
Distinctions et fonctions
- Élève puis maître répétiteur de l’Institution royale de musique classique et religieuse d’Alexandre-Étienne Choron.
- Organiste de la cathédrale de Tours à partir de 1819.
- Organiste à Saint-Nicolas-des-Champs, Saint-Thomas-d’Aquin et à la chapelle de la Sorbonne.
- Compositeur représenté à l’Opéra-Comique et au théâtre de la Renaissance.
- Collaborateur musical d’écrivains majeurs du romantisme, dont Victor Hugo, Alfred de Musset, Alexandre Dumas et Gérard de Nerval.