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MIOLAN CARVALHO Marie Caroline

Qui est Marie Caroline Miolan-Carvalho ?

Nom complet : Marie Caroline Félix-Miolan, épouse Carvalho.
Naissance : 31 décembre 1827 (Marseille, France).
Mort : 10 juillet 1895 (Puys, Dieppe, France) à 67 ans.
Activité : cantatrice française, soprano lyrique colorature.
Notoriété : créatrice de Marguerite dans Faust, de Mireille et de Juliette dans les opéras de Charles Gounod.

Où se trouve la tombe de Marie Caroline Miolan-Carvalho ?

Marie Caroline Miolan-Carvalho repose dans la division 65 du cimetière du Père-Lachaise.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 65
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Marie Caroline Miolan-Carvalho au Père-Lachaise

Le monument, inauguré en 1897, est dominé par un haut-relief de marbre blanc sculpté par Antonin Mercié. Une figure féminine aux mains jointes semble émerger de la pierre et s’élever, évocation possible de Marguerite, le rôle le plus célèbre de la cantatrice. Une lyre, des roses, un rossignol et deux papillons composent un décor entièrement lié à la musique, à la voix et à l’idée d’élévation. Le nom « Marie-Caroline Carvalho » est gravé sur la pierre tombale.

Vue générale de la tombe de Marie Caroline Miolan-Carvalho
Tombe de Marie Caroline Miolan-Carvalho, division 65. Photo : ManoSolo13241324, Wikimedia Commons, CC0.
Haut-relief du monument de Marie Caroline Miolan-Carvalho
Le haut-relief d’Antonin Mercié et ses symboles musicaux. Photo : Pierre-Yves Beaudouin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie de Marie Caroline Miolan-Carvalho

Une musicienne formée par Gilbert Duprez

Marie Caroline Félix-Miolan naît à Marseille le 31 décembre 1827. Son père, François Félix-Miolan, est hautboïste et lui donne ses premières bases musicales. À Paris, elle travaille avec Gilbert Duprez, ténor célèbre et professeur du Conservatoire. Son apprentissage développe une voix souple, précise dans l’aigu et particulièrement adaptée aux rôles de soprano lyrique colorature.

Portrait photographique de Caroline Miolan-Carvalho
Portrait de Caroline Miolan-Carvalho. Musée Carnavalet – Paris Musées, domaine public.

Des débuts rapides à l’Opéra-Comique

Après un premier prix au Conservatoire, elle se produit en province. À Brest, en 1849, elle chante Isabelle dans Robert le Diable de Meyerbeer. Elle rejoint ensuite les scènes parisiennes et s’impose à l’Opéra-Comique. Sa technique, son articulation et son sens théâtral lui permettent d’aborder un répertoire varié. Elle participe aux créations de Giralda ou la Nouvelle Psyché d’Adolphe Adam, du Carillonneur de Bruges d’Albert Grisar et du Nabab de Fromental Halévy.

En 1853, elle crée Jeannette dans Les Noces de Jeannette de Victor Massé. L’ouvrage connaît un succès durable et confirme la place de la jeune soprano. La même année, elle épouse le baryton et futur directeur de théâtre Léon Carvalho. Désormais connue sous le nom de Caroline Carvalho, elle forme avec lui un couple essentiel de la vie lyrique parisienne.

Caroline Carvalho dans La Fanchonnette de Clapisson
Caroline Carvalho dans La Fanchonnette de Louis Clapisson. Bibliothèque nationale de France, domaine public.

Le Théâtre-Lyrique et la rencontre avec Gounod

Lorsque Léon Carvalho prend la direction du Théâtre-Lyrique en 1856, son épouse en devient la principale interprète. Elle y crée le rôle-titre de La Fanchonnette de Louis Clapisson et chante Mozart, Rossini et de nombreux compositeurs français. Le théâtre, plus ouvert aux œuvres nouvelles que les grandes institutions officielles, devient le lieu de sa rencontre artistique avec Charles Gounod.

Gounod écrit pour elle plusieurs héroïnes qui vont transformer sa carrière. En 1859, elle crée Marguerite dans Faust. La partition met en valeur la fraîcheur du timbre, la ligne élégante et l’agilité de la soprano, notamment dans l’air des bijoux. L’œuvre connaît d’abord un accueil mesuré, puis s’impose progressivement jusqu’à devenir l’un des opéras français les plus joués.

Caroline Miolan-Carvalho dans le rôle de Marguerite de Faust
Caroline Carvalho en Marguerite dans Faust de Gounod. Gallica – Bibliothèque nationale de France, domaine public.

Mireille puis Juliette

En 1864, elle crée le rôle de Mireille dans l’opéra inspiré du poème de Frédéric Mistral. Gounod adapte son écriture à une interprète capable d’unir virtuosité et clarté du texte. Miolan-Carvalho défend le personnage durant près de dix ans, de la création au Théâtre-Lyrique jusqu’aux reprises de l’Opéra-Comique.

Trois ans plus tard, elle est la première Juliette de Roméo et Juliette. Son expérience intervient dans la conception du rôle. Elle demande à Gounod un air d’entrée brillant : la valse « Je veux vivre » devient l’un des morceaux les plus célèbres de l’ouvrage. Elle réussit ainsi à donner une identité vocale précise à trois héroïnes majeures du compositeur : Marguerite, Mireille et Juliette.

Caroline Miolan-Carvalho dans le rôle de Mireille
Caroline Carvalho dans le rôle de Mireille de Gounod. Lithographie de Lemoine, Gallica – BnF, domaine public.

Une carrière européenne

La soprano ne se limite pas au Théâtre-Lyrique. Elle chante à Londres, Berlin et Saint-Pétersbourg, où son style français et sa virtuosité sont remarqués. Après la faillite du Théâtre-Lyrique en 1868, elle rejoint l’Opéra de Paris. Elle y reprend Faust et aborde notamment Don Juan, Les Huguenots, Robert le Diable et Hamlet. Sa carrière révèle une musicienne attentive à la création autant qu’une vedette capable de porter financièrement et artistiquement de nouvelles productions.

Caroline Carvalho avec Delphine Ugalde et Caroline Duprez dans Les Noces de Figaro
Caroline Carvalho, Delphine Ugalde et Caroline Duprez dans Les Noces de Figaro au Théâtre-Lyrique, 1858. Gallica – BnF, domaine public.

Les dernières années

Miolan-Carvalho se retire progressivement de la scène après une carrière de plusieurs décennies. Elle reste associée à une période décisive de l’opéra français, lorsque le Théâtre-Lyrique sert de laboratoire à une nouvelle génération de compositeurs. Elle meurt le 10 juillet 1895 à Puys, hameau balnéaire de Dieppe, à l’âge de 67 ans. Deux ans plus tard, le monument d’Antonin Mercié fixe dans le marbre l’image idéalisée d’une voix montant vers le ciel.

Principaux rôles et créations

  • Isabelle dans Robert le Diable de Meyerbeer (Brest, 1849).
  • Jeannette dans Les Noces de Jeannette de Victor Massé (1853).
  • Fanchonnette dans La Fanchonnette de Louis Clapisson (1856).
  • Marguerite dans Faust de Charles Gounod (1859).
  • Baucis dans Philémon et Baucis de Charles Gounod (1860).
  • Mireille dans Mireille de Charles Gounod (1864).
  • Juliette dans Roméo et Juliette de Charles Gounod (1867).

Fonctions et scènes principales

  • Élève de Gilbert Duprez au Conservatoire de Paris.
  • Soprano de l’Opéra-Comique dans les années 1850.
  • Première chanteuse du Théâtre-Lyrique de 1856 à 1867.
  • Artiste de l’Opéra de Paris à partir de 1868.
  • Invitée sur les scènes de Londres, Berlin et Saint-Pétersbourg.