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MERLEAU-PONTY Maurice

Qui est Maurice Merleau-Ponty ?

Nom complet : Maurice Jean Jacques Merleau-Ponty.
Naissance : 14 mars 1908 (Rochefort-sur-Mer, France).
Mort : 3 mai 1961 (Paris, France) à 53 ans.
Activité : philosophe et professeur.
Notoriété : représentant majeur de la phénoménologie française, penseur du corps, de la perception et du monde sensible.

Où se trouve la tombe de Maurice Merleau-Ponty ?

La tombe de Maurice Merleau-Ponty se trouve dans la division 52 du cimetière du Père-Lachaise.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 52
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Maurice Merleau-Ponty au Père-Lachaise

La sépulture familiale est une dalle horizontale sobre. Une plaque porte les noms de plusieurs membres de la famille. L’inscription de Maurice Merleau-Ponty rappelle son lieu et sa date de naissance, Rochefort-sur-Mer le 14 mars 1908, puis sa mort à Paris le 3 mai 1961.

Tombe de Maurice Merleau-Ponty au Père-Lachaise
Vue récente de la tombe de Maurice Merleau-Ponty, division 52. Photo : ManoSolo13241324 / Wikimedia Commons, CC0.
Plaque funéraire de Maurice Merleau-Ponty et de sa famille
La sépulture familiale de Maurice Merleau-Ponty en 2013. Photo : CircleAdrian / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Biographie de Maurice Merleau-Ponty

Maurice Merleau-Ponty naît à Rochefort-sur-Mer le 14 mars 1908. Son père, officier d’artillerie, meurt alors qu’il est encore enfant. Élevé par sa mère dans un milieu catholique, il garde de son enfance le souvenir d’une vie familiale étroite et affectueuse. Après sa scolarité secondaire au lycée Louis-le-Grand à Paris, il choisit la philosophie et entre en 1926 à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm.

Portrait de Maurice Merleau-Ponty
Portrait de Maurice Merleau-Ponty. Périg Gouanvic / Wikimedia Commons, CC BY 3.0.

La formation d’un philosophe

À l’École normale supérieure, Merleau-Ponty appartient à une génération exceptionnelle. Il côtoie Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et Raymond Aron, tout en développant très tôt une orientation propre. Reçu deuxième à l’agrégation de philosophie en 1930, il accomplit son service militaire puis enseigne dans les lycées de Beauvais et de Chartres. Il revient ensuite rue d’Ulm comme agrégé-répétiteur, fonction qui lui permet de poursuivre ses recherches.

Sa rencontre avec la phénoménologie d’Edmund Husserl est décisive. Contre une philosophie qui séparerait radicalement l’esprit et le corps, le sujet et le monde, Merleau-Ponty s’intéresse à l’expérience telle qu’elle est vécue avant d’être découpée par les théories. Il consulte les manuscrits de Husserl à Louvain en 1939 et fait dialoguer cette tradition avec la psychologie de la forme, la neurologie et les sciences humaines.

Entrée de l’École normale supérieure rue d’Ulm à Paris
L’École normale supérieure de la rue d’Ulm, où Merleau-Ponty étudie puis enseigne. Photo : LPLT / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

La guerre et les premiers grands livres

Mobilisé comme officier en 1939, il reprend l’enseignement après l’armistice, d’abord au lycée Carnot puis au lycée Condorcet. Durant l’Occupation, il participe avec Sartre et d’autres intellectuels au groupe de résistance Socialisme et Liberté, qui demeure de courte durée. Son travail philosophique se poursuit néanmoins. La Structure du comportement, achevée avant la guerre et publiée en 1942, étudie les relations entre l’organisme et son milieu sans réduire le comportement à une mécanique de réflexes.

En 1945 paraît Phénoménologie de la perception, sa thèse principale et son œuvre la plus célèbre. Merleau-Ponty y place le « corps propre » au centre de l’expérience. Le corps n’est pas seulement un objet que l’on possède : il est notre manière d’habiter l’espace, de rencontrer autrui et de donner sens au monde. La perception n’est donc ni une copie passive des choses ni une construction pure de la conscience. Elle est un engagement vivant du sujet incarné dans son environnement.

Portrait du philosophe Edmund Husserl vers 1930
Edmund Husserl vers 1930, dont la phénoménologie fut déterminante pour Merleau-Ponty. Wikimedia Commons, domaine public.

Les Temps modernes et le débat politique

À la Libération, Merleau-Ponty participe avec Sartre et Beauvoir à la fondation de la revue Les Temps modernes. Il en assure une part importante de la direction politique et défend une pensée engagée qui refuse de séparer la philosophie de l’histoire. Dans Humanisme et terreur (1947), il examine le communisme, la violence révolutionnaire et les procès de Moscou. Sa position, attentive à la fois aux espoirs marxistes et aux faits historiques, provoque de vives discussions.

Les évolutions de l’Union soviétique et la guerre de Corée accentuent ensuite sa distance avec le communisme. Le désaccord avec Sartre devient public et conduit Merleau-Ponty à quitter la direction des Temps modernes en 1952. Les Aventures de la dialectique (1955) revient sur cette rupture. Il y critique les philosophies de l’histoire qui prétendent connaître à l’avance le sens des événements, sans pour autant renoncer à penser l’action collective et la responsabilité politique.

Cour de la Sorbonne à Paris
La cour de la Sorbonne, où Merleau-Ponty enseigna la psychologie et la pédagogie. Paris Musées / Musée Carnavalet, CC0.

De Lyon à la Sorbonne

Sa carrière universitaire s’affirme rapidement. Nommé à la faculté des lettres de Lyon en 1945, il y devient professeur. De retour à Paris, il enseigne à la Sorbonne de 1949 à 1952, notamment la psychologie et la pédagogie de l’enfant. Ses cours montrent comment la perception, le langage, le développement corporel et les relations avec autrui se construisent ensemble. Il dialogue avec la psychologie expérimentale et la psychanalyse, en philosophe soucieux de ne pas enfermer l’existence dans une seule discipline.

Merleau-Ponty étend aussi sa réflexion à l’art. Dans ses essais sur Cézanne, il analyse la peinture comme une manière de rendre visible la naissance du monde sous le regard. Le peintre ne reproduit pas simplement un spectacle déjà constitué : il révèle les rapports de couleur, de profondeur et de mouvement à travers lesquels les choses prennent forme. Cette recherche culminera dans L’Œil et l’Esprit, écrit à la fin de sa vie.

Le Collège de France et la philosophie de la chair

Élu en 1952 à la chaire de philosophie du Collège de France, il devient à quarante-quatre ans l’un des plus jeunes professeurs de l’institution. Sa leçon inaugurale, publiée sous le titre Éloge de la philosophie, définit la pensée comme une interrogation qui demeure ouverte. Ses cours portent sur le langage, la nature, l’histoire, la passivité et l’institution. Ils préparent une transformation profonde de son œuvre.

Dans ses derniers manuscrits, Merleau-Ponty ne parle plus seulement du corps vécu, mais de la « chair » : un élément commun au voyant et au visible, au toucher et au touché, au sujet et au monde. Il cherche ainsi à dépasser les oppositions classiques entre conscience et objet. Le projet reste inachevé, mais les notes réunies après sa mort dans Le Visible et l’Invisible auront une influence considérable sur la philosophie contemporaine, l’esthétique, les sciences humaines et les études du corps.

Entrée principale du Collège de France à Paris
Le Collège de France, où Maurice Merleau-Ponty occupa la chaire de philosophie de 1952 à 1961. Photo : LPLT / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Une œuvre interrompue

Le 3 mai 1961, Maurice Merleau-Ponty meurt soudainement d’une crise cardiaque à son domicile parisien, alors qu’il travaille. Il a cinquante-trois ans. Sur sa table se trouve un ouvrage de Descartes, philosophe avec lequel il n’avait cessé de débattre. Il laisse son grand projet ontologique inachevé, ainsi que de nombreux cours et manuscrits qui seront progressivement édités. Il est inhumé au Père-Lachaise auprès de membres de sa famille.

Son cousin Jacques Merleau-Ponty, également normalien et philosophe, développera pour sa part une œuvre consacrée à l’histoire et à la philosophie des sciences. Maurice Merleau-Ponty demeure surtout lu pour avoir montré que la pensée ne se tient jamais hors du monde : elle naît d’un corps situé, percevant et parlant, engagé parmi les autres et les choses.

Œuvres principales

  • La Structure du comportement (1942).
  • Phénoménologie de la perception (1945).
  • Humanisme et terreur (1947).
  • Sens et non-sens (1948).
  • Éloge de la philosophie (1953).
  • Les Aventures de la dialectique (1955).
  • Signes (1960).
  • L’Œil et l’Esprit (1961).
  • Le Visible et l’Invisible, publication posthume (1964).

Fonctions principales

  • Agrégé de philosophie en 1930.
  • Professeur à la faculté des lettres de Lyon de 1945 à 1948.
  • Professeur à la Sorbonne de 1949 à 1952.
  • Cofondateur et collaborateur de la revue Les Temps modernes.
  • Titulaire de la chaire de philosophie du Collège de France de 1952 à 1961.