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MARINOVITCH Pierre

Qui est Pierre Marinovitch ?

Nom complet : Pierre Marinovitch, également appelé Petar Marinović.
Naissance : 1er août 1898 (Paris, France).
Mort : 2 septembre 1919 (Bruxelles, Belgique) à 21 ans.
Activité : pilote militaire français.
Notoriété : benjamin des as français de la Première Guerre mondiale, crédité de 21 victoires aériennes homologuées et de 3 victoires probables.

Où se trouve la tombe de Pierre Marinovitch ?

La tombe de Pierre Marinovitch se trouve dans la division 92 du cimetière du Père-Lachaise. Elle est située avenue Carette, en première ligne.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 92

Le monument funéraire de Pierre Marinovitch au Père-Lachaise

La sépulture familiale Marinovitch est une tombe basse en pierre claire, dominée par une stèle verticale. Une grande croix orthodoxe occupe la partie supérieure du monument et rappelle les origines serbes de la famille. Plusieurs plaques et inscriptions réunissent les noms de ses membres. Celle consacrée au jeune aviateur le présente comme « pilote aviateur » et « benjamin des as de la Grande Guerre ». Elle porte la formule : « Victime de son courage et de son amour pour le pays ».

L’inscription funéraire lui attribue 25 victoires officielles et mentionne quatorze palmes. Les travaux historiques spécialisés retiennent aujourd’hui un bilan de 21 victoires homologuées, auxquelles s’ajoutent 3 victoires probables. Cette différence reflète les comptages variables qui ont circulé après la guerre. Son père Bélisaire, sa mère Agrippine et plusieurs autres membres de la famille reposent également dans cette sépulture.

Stèle et inscriptions de la tombe de Pierre Marinovitch
Stèle de Pierre Marinovitch avec la croix orthodoxe et l’inscription dédiée au jeune aviateur. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie de Pierre Marinovitch

Des origines serbes et polonaises

Pierre Marinovitch naît le 1er août 1898 dans le 16e arrondissement de Paris. Son père, Bélisaire Marinovitch, est d’origine serbe ; sa mère, Agrippine de Bronikoff, appartient à une famille russe de souche polonaise. Son grand-père paternel, Jovan Marinović, a dirigé le gouvernement serbe en 1873 et 1874 avant de représenter son pays comme ambassadeur en France. Son arrière-grand-père, Miša Anastasijević, fut un important négociant et philanthrope serbe.

La famille appartient à un milieu cosmopolite et cultivé. Pierre étudie en France puis en Irlande. Il maîtrise plusieurs langues, notamment l’anglais, le russe, le serbo-croate et l’allemand. Avant la guerre, il est encore étudiant. Son entourage le surnomme « Marino », forme abrégée qui le suivra dans l’aviation. Sa naissance à Paris et une déclaration de nationalité effectuée par son père confirment sa qualité de Français au début de 1916.

Portrait du sous-lieutenant Pierre Marinovitch
Portrait de Pierre Marinovitch en uniforme pendant la Première Guerre mondiale. Wikimedia Commons, domaine public.

Un engagement à dix-sept ans

Alors que la Première Guerre mondiale se prolonge, Marinovitch s’engage volontairement le 12 février 1916, à dix-sept ans. Il est d’abord incorporé au 27e régiment de dragons. La cavalerie traditionnelle joue désormais un rôle limité dans une guerre dominée par les tranchées, l’artillerie et les nouvelles techniques. Le jeune soldat demande rapidement à rejoindre l’aéronautique militaire, encore rattachée à l’armée de terre.

Il devient élève pilote au cours de l’été 1916. Après sa formation à l’école d’aviation militaire de Chartres, il reçoit le brevet de pilote militaire no 4910 le 15 novembre. Il poursuit son entraînement avant d’être affecté, en mars 1917, à l’escadrille N 38. Une grave maladie interrompt presque aussitôt son parcours opérationnel et l’oblige à passer plusieurs semaines à l’hôpital. Une fois rétabli, il rejoint l’escadrille N 94, créée près de Châlons-en-Champagne.

La première victoire avec le Nieuport

L’escadrille est alors équipée de chasseurs Nieuport. Marinovitch est promu maréchal des logis le 26 juillet 1917. Le 8 septembre, au-dessus de Saint-Hilaire-le-Petit, il obtient sa première victoire homologuée en abattant un Albatros D.V allemand. Il n’a que dix-neuf ans. Deux nouveaux succès suivent en décembre : le 5, il force un biplace Rumpler à se poser près de Mourmelon-le-Grand, puis le 22 il abat un autre appareil dans la région de Pontfaverger.

Le 1er janvier 1918, un quatrième avion ennemi est porté à son tableau de chasse près de Beine. Sa cinquième victoire, obtenue quelques semaines plus tard, lui donne officiellement le statut d’as. Les règles françaises d’homologation sont rigoureuses : la destruction doit être confirmée par des témoins indépendants. Le nombre retenu ne correspond donc pas toujours à l’ensemble des combats victorieux revendiqués par un pilote.

Chasseur Nieuport 24 semblable aux appareils pilotés par Pierre Marinovitch
Un Nieuport 24, type de chasseur employé par Pierre Marinovitch au début de sa carrière opérationnelle. Photo : Bernard Spragg / Wikimedia Commons, CC0.

La SPA 94 et « la Mort qui fauche »

Au début de 1918, l’escadrille reçoit des SPAD et devient la SPA 94. Son emblème, dessiné par le pilote André Martenot de Cordoux, représente un squelette avançant avec une faux. L’unité prend ainsi le surnom de « la Mort qui fauche ». Intégrée au groupe de combat 18, elle participe aux opérations particulièrement intenses qui accompagnent les offensives allemandes du printemps 1918.

Marinovitch est promu adjudant le 20 février. Le 15 mai, il intercepte un avion de reconnaissance Rumpler qui a pénétré profondément dans les lignes françaises et le force à atterrir près d’Esserteaux. Le 1er juin, au cours d’un combat mené avec un seul équipier contre une formation allemande très supérieure en nombre, il remporte sa dixième victoire. Son audace lui vaut d’être cité dans le communiqué aux armées du 9 juillet, alors que la presse commence à faire connaître le très jeune pilote au grand public.

Le SPAD XIII, solide et rapide, lui permet de multiplier les engagements. Marinovitch ne se contente pas de rechercher un score personnel : les citations soulignent son rôle de chef de patrouille et les combats dans lesquels il protège d’autres pilotes ou attaque des appareils qui mitraillent les troupes au sol. Sa petite taille, sa jeunesse et son bilan lui valent le surnom de « benjamin des as ».

Chasseur SPAD XIII de 1918
SPAD XIII construit en 1918, type d’appareil sur lequel Pierre Marinovitch remporta l’essentiel de ses victoires. Photo : Alan Wilson / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.

Vingt et une victoires homologuées

Le 26 juillet 1918, Pierre Marinovitch est nommé chevalier de la Légion d’honneur pour faits de guerre. Il a déjà reçu la médaille militaire le 10 janvier et la croix de guerre, enrichie de nouvelles palmes au fil de ses citations. Son rythme de victoires s’accélère durant l’été et l’automne. Il affronte des biplaces de reconnaissance, des avions de combat et plusieurs Fokker D.VII, l’un des chasseurs allemands les plus redoutables de la fin du conflit.

Le 27 octobre, dans les Ardennes, il abat un Fokker D.VII près du Thour. Le 3 novembre, sa patrouille attaque plusieurs biplaces allemands occupés à mitrailler les troupes françaises. Deux appareils sont homologués à son crédit, dont l’un partagé avec un autre pilote. Ces combats portent son bilan officiel à 21 victoires. Trois autres sont généralement classées comme probables. Promu sous-lieutenant en octobre, il termine la guerre parmi les pilotes français ayant dépassé vingt victoires confirmées.

L’armistice du 11 novembre 1918 met fin aux combats, mais pas immédiatement à son service. Marinovitch demeure à la SPA 94 jusqu’en février 1919. Hospitalisé une nouvelle fois, il rejoint ensuite une formation destinée aux grands raids et aux démonstrations aériennes. L’aviation cherche alors à convertir son expérience militaire en liaisons lointaines, en compétitions et en exhibitions publiques.

Le projet de grand raid et l’accident d’Evere

Marinovitch prépare notamment une liaison vers la Pologne, pays lié aux origines maternelles de sa famille, avec une escale envisagée en Tchécoslovaquie. Le projet n’aboutit pas. En septembre 1919, il est envoyé en Belgique pour participer à une démonstration aérienne organisée sur l’aérodrome d’Evere, près de Bruxelles. Le roi Albert Ier et la reine Élisabeth assistent à la manifestation.

Le 2 septembre, son SPAD s’écrase après une figure de voltige effectuée à faible altitude. Les sources indiquent qu’il meurt le jour même, sur place ou à l’hôpital militaire de Bruxelles selon les récits. Pierre Marinovitch vient d’avoir vingt et un ans. Sa mort illustre les risques persistants de l’aviation d’après-guerre : les pilotes qui avaient survécu aux combats continuent d’évoluer sur des appareils exigeants, dans des démonstrations où la marge d’erreur reste minime.

Vue aérienne de l’aérodrome de Haren-Evere en 1919
Vue aérienne de l’aérodrome de Haren-Evere en mars 1919, quelques mois avant l’accident mortel de Pierre Marinovitch. Collection Frans Van Humbeek / Wikimedia Commons, licence libre.

Les obsèques du benjamin des as

Le corps du jeune officier est ramené en France. Ses obsèques prennent une dimension militaire et publique, à la mesure de la célébrité acquise pendant les derniers mois de la guerre. Les photographies conservées par la Bibliothèque nationale de France montrent le cortège et l’hommage rendu au pilote. Il est ensuite inhumé dans la tombe familiale du Père-Lachaise, auprès de son père, mort en 1916.

Sur sa stèle, le vocabulaire héroïque de l’immédiat après-guerre insiste sur le courage et le patriotisme. Les recherches ultérieures ont précisé son palmarès à 21 victoires sûres et 3 probables. Ce chiffre suffit à placer Pierre Marinovitch parmi les principaux as français de 1914-1918 et à expliquer le surnom qui lui fut donné : aucun autre pilote français aussi jeune n’avait atteint un tel résultat.

Obsèques militaires de Pierre Marinovitch en 1919
Obsèques du lieutenant aviateur Pierre Marinovitch en 1919. Bibliothèque nationale de France, agence Rol / Wikimedia Commons, domaine public.

Principales réalisations militaires

Brevet de pilote militaire no 4910 : obtenu le 15 novembre 1916.
Escadrilles : N 38 en 1917, puis N 94 devenue SPA 94 de 1917 à 1919.
Palmarès : 21 victoires aériennes homologuées et 3 victoires probables.
Grade final : sous-lieutenant.

Distinctions et fonctions

Chevalier de la Légion d’honneur pour faits de guerre en 1918.
Médaille militaire, attribuée le 10 janvier 1918.
Croix de guerre 1914-1918 avec plusieurs citations et palmes.
Chef de patrouille au sein de l’escadrille SPA 94.