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MARET Hugues-Bernard

Qui est Hugues-Bernard Maret ?

Nom complet : Hugues-Bernard Maret, duc de Bassano.
Naissance : 22 juillet 1763 (Dijon, France).
Mort : 13 mai 1839 (Paris, France) à 75 ans.
Activités : avocat, journaliste, diplomate et homme d’État.
Notoriété : secrétaire d’État de Napoléon Ier, ministre des Relations extérieures, duc de Bassano, pair de France et membre de l’Académie française.

Où se trouve la tombe d’Hugues-Bernard Maret ?

La tombe d’Hugues-Bernard Maret se trouve dans la division 31 du cimetière du Père-Lachaise. Il repose dans la chapelle funéraire de la famille Maret de Bassano.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 31

Le monument funéraire d’Hugues-Bernard Maret au Père-Lachaise

La sépulture des ducs de Bassano prend la forme d’une chapelle funéraire en pierre, construite dans le vocabulaire néoclassique des premières décennies du Père-Lachaise. La façade est encadrée de pilastres et fermée par une porte métallique. L’inscription de la duchesse de Bassano rappelle que le monument fut d’abord lié à Marie-Madeleine Lejéas, épouse d’Hugues-Bernard Maret, morte en 1827. La chapelle accueille ensuite plusieurs générations de la famille, dont leur fils Napoléon Maret, deuxième duc de Bassano, et d’autres descendants. Inscrite au titre des monuments historiques avec un ensemble de sépultures du cimetière, elle témoigne de la continuité d’une famille étroitement associée aux régimes impériaux.

Vue générale de la chapelle funéraire Maret de Bassano
Vue générale de la chapelle funéraire de la famille Maret de Bassano, division 31. Photo : Chabe01 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Façade de la tombe d’Hugues-Bernard Maret
Façade et inscriptions de la chapelle Maret de Bassano au Père-Lachaise. Photo : Chabe01 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie d’Hugues-Bernard Maret

Une formation entre sciences, droit et lettres

Hugues-Bernard Maret naît à Dijon le 22 juillet 1763. Son père, Hugues Maret, est médecin et secrétaire perpétuel de l’Académie de Dijon. Le jeune homme grandit ainsi dans un milieu où les sciences, les lettres et la vie académique se rencontrent. Il envisage d’abord une carrière dans l’artillerie et le génie. Lors d’un concours consacré à l’éloge de Vauban, il obtient le second rang derrière Lazare Carnot, futur organisateur des armées révolutionnaires.

Des raisons familiales l’amènent finalement à choisir le droit. Reçu avocat au parlement de Bourgogne, il s’intéresse surtout au droit public et aux institutions. En 1788, il gagne Paris. La crise de la monarchie, la réunion prochaine des États généraux et l’effervescence des salons lui offrent un terrain où ses qualités d’analyse et de rédaction vont rapidement trouver leur emploi.

Portrait d’Hugues-Bernard Maret par Robert Lefèvre en 1807
Hugues-Bernard Maret, futur duc de Bassano, peint par Robert Lefèvre en 1807. Musée du Louvre / Wikimedia Commons, domaine public.

Le Bulletin de l’Assemblée et le Moniteur

Dès le début de la Révolution, Maret assiste avec assiduité aux séances de l’Assemblée constituante. Il imagine d’en donner un compte rendu régulier et méthodique. Son Bulletin de l’Assemblée nationale reproduit et résume les débats avec une précision qui attire l’attention des députés et du public. Cette entreprise journalistique rejoint bientôt le Moniteur universel, appelé à devenir l’une des principales sources imprimées sur la période révolutionnaire.

Ce travail lui apprend à saisir rapidement une discussion, à dégager le sens politique d’un discours et à produire un texte utilisable par le pouvoir. Maret n’est pas un grand orateur de tribune ; sa force réside dans l’organisation de l’information, la discrétion et la continuité administrative. Il fréquente le Club des Feuillants en 1791 et se rapproche des partisans d’une monarchie constitutionnelle, avant d’entrer au ministère des Affaires étrangères en 1792.

La mission de Naples et la captivité

Le gouvernement lui confie plusieurs missions diplomatiques. Nommé ministre plénipotentiaire à Naples, il traverse la Suisse et l’Italie en 1793 avec Charles-Louis Huguet de Sémonville, destiné à l’ambassade de Constantinople. Tous deux sont arrêtés par des agents autrichiens près de Novate, au mépris de leur statut diplomatique. Conduits à Mantoue puis retenus dans différentes forteresses, ils passent plus de deux années en captivité.

Arrestation de Sémonville et Maret à Novate en 1793
Arrestation des diplomates Sémonville et Maret à Novate, en Italie, le 25 juillet 1793. Musée Carnavalet / Wikimedia Commons, CC0.

Maret met à profit sa détention pour écrire des pièces en vers et entretenir sa culture littéraire. En décembre 1795, l’Autriche échange les deux diplomates contre Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI, détenue au Temple. Leur retour est célébré par le Directoire, qui présente leur résistance comme une preuve de courage diplomatique. Maret reprend aussitôt du service dans les négociations européennes.

Le secrétaire d’État du Consulat

Maret participe à la préparation du coup d’État du 18 Brumaire qui porte Bonaparte au pouvoir. En 1800, il devient secrétaire d’État. La fonction est centrale : il rédige les procès-verbaux des conseils, transmet les décisions, prépare une partie de la correspondance et assure le lien entre le chef de l’État et les ministres. Sous le Consulat puis l’Empire, il acquiert une connaissance presque quotidienne des affaires.

Napoléon apprécie sa mémoire, sa disponibilité et sa fidélité. Maret suit l’Empereur dans ses déplacements, travaille parfois au rythme des campagnes et met en forme une abondante correspondance administrative. Il devient moins un ministre spécialisé qu’un véritable organisateur du cabinet impérial. Cette proximité lui donne une influence considérable, mais elle l’expose aussi à être jugé comme l’exécutant trop docile de la volonté de Napoléon.

Lettre autographe de Napoléon Ier
Lettre autographe de Napoléon Ier, dont Hugues-Bernard Maret fut le secrétaire d’État et l’un des plus proches collaborateurs civils. Archives nationales / Wikimedia Commons, domaine public.

Comte puis duc de Bassano

La carrière de Maret est récompensée par les titres et les décorations du nouveau régime. Il devient comte de l’Empire en 1809, puis duc de Bassano la même année. Le titre renvoie à Bassano del Grappa, en Vénétie, territoire intégré au royaume d’Italie. Il reçoit la grand-croix de la Légion d’honneur et plusieurs ordres étrangers. Son mariage avec Marie-Madeleine Lejéas, dame du palais de Joséphine puis de Marie-Louise, inscrit également la famille au cœur de la société impériale.

Ministre des Relations extérieures

Le 17 avril 1811, Maret succède à Champagny comme ministre des Relations extérieures, l’équivalent du ministère des Affaires étrangères. Il intervient dans une période particulièrement dangereuse. L’alliance avec la Russie se défait, tandis que Napoléon cherche à consolider l’appui de la Prusse et de l’Autriche. Maret négocie les traités qui doivent isoler la Russie avant la campagne de 1812.

Il suit l’Empereur en Pologne puis pendant la retraite de Russie. En 1813, la situation militaire se dégrade. Ses adversaires l’accusent d’encourager une politique trop rigide et d’être hostile aux compromis susceptibles de préserver l’Empire. Napoléon lui retire le portefeuille des Relations extérieures en novembre 1813, mais le maintient comme ministre-secrétaire d’État. Maret reste donc dans le cercle le plus proche du souverain.

Armoiries d’Hugues-Bernard Maret, duc de Bassano
Armoiries d’Hugues-Bernard Maret, duc de Bassano et de l’Empire. Illustration : Jimmy44 / Wikimedia Commons, licence libre.

Fidèle à Napoléon jusqu’à Fontainebleau

Durant la campagne de France de 1814, Maret accompagne encore Napoléon. Après l’entrée des Alliés à Paris et l’abdication, il demeure auprès de lui à Fontainebleau. Cette fidélité personnelle, souvent soulignée par ses contemporains, l’écarte naturellement de la première Restauration. Pendant les Cent-Jours, il retrouve ses fonctions de ministre d’État et devient pair de France le 2 juin 1815.

Napoléon signant son abdication à Fontainebleau en 1814
Napoléon signe son abdication à Fontainebleau le 11 avril 1814 ; Maret demeure alors auprès de l’Empereur. Peinture de François Bouchot, Wikimedia Commons, domaine public.

Après Waterloo et la seconde abdication, l’ordonnance du 24 juillet 1815 le place parmi les personnalités proscrites. Il se retire en Autriche, à Linz puis à Graz. En 1816, une ordonnance royale le prive également de son fauteuil à l’Académie française. Il ne rentre en France qu’en 1820. Sa fidélité à l’Empire reste entière, mais il se tient pendant plusieurs années à l’écart de la politique active.

L’Académie française et les sciences morales

Maret avait été élu à l’Académie française en 1803, au fauteuil 10, en remplacement de Jean-François de Saint-Lambert. Ses écrits et les compositions réalisées pendant sa captivité avaient contribué à cette élection. L’exclusion de 1816, décidée dans le contexte de l’épuration politique, interrompt officiellement son appartenance à la Compagnie. En 1829, il refuse que sa candidature soit opposée à celle d’Alphonse de Lamartine.

Lors de la reconstitution de l’Académie des sciences morales et politiques en 1832, Maret en devient membre. Cette reconnaissance correspond mieux à la nature de son œuvre : analyse politique, diplomatie, administration et connaissance des institutions. Elle lui permet de retrouver une place publique sans revenir immédiatement au premier plan gouvernemental.

Médaillon d’Hugues-Bernard Maret par David d’Angers
Médaillon en bronze d’Hugues-Bernard Maret réalisé par David d’Angers en 1835. Musée Carnavalet / Paris Musées / Wikimedia Commons, CC0.

Pair de France et président du Conseil pendant trois jours

La révolution de Juillet ouvre une dernière étape de sa carrière. Louis-Philippe le nomme pair de France en novembre 1831. En novembre 1834, au milieu d’une crise ministérielle, le roi lui confie la présidence du Conseil et le ministère de l’Intérieur. Le cabinet Maret ne dure que trois jours. Des difficultés politiques et la situation financière personnelle du duc rendent sa position intenable presque aussitôt après sa nomination.

Après cet épisode, Maret se retire définitivement de la politique active. Il meurt à Paris le 13 mai 1839. Ses funérailles ont lieu deux jours plus tard, en présence de représentants des institutions auxquelles il avait appartenu. Il est inhumé au Père-Lachaise dans la chapelle familiale. Sa longue carrière relie la monarchie finissante, la Révolution, le Consulat, l’Empire, la Restauration et la monarchie de Juillet : moins par les tribunes que par le travail continu de l’écrit, de la négociation et de l’administration.

Principales réalisations

  • Création du Bulletin de l’Assemblée nationale, intégré au Moniteur universel.
  • Missions diplomatiques sous la Révolution et le Directoire.
  • Secrétaire d’État du Consulat et du Premier Empire à partir de 1800.
  • Ministre des Relations extérieures de 1811 à 1813.
  • Participation aux négociations d’alliance avec la Prusse et l’Autriche avant la campagne de Russie.
  • Ministre d’État pendant les Cent-Jours.
  • Président du Conseil et ministre de l’Intérieur pendant trois jours en novembre 1834.

Distinctions et fonctions

  • Membre de l’Académie française, fauteuil 10, de 1803 à 1816.
  • Comte de l’Empire en 1809.
  • Duc de Bassano et de l’Empire en 1809.
  • Grand-croix de la Légion d’honneur.
  • Pair de France pendant les Cent-Jours en 1815, puis sous la monarchie de Juillet à partir de 1831.
  • Membre de l’Académie des sciences morales et politiques à partir de 1832.
  • Titulaire de plusieurs ordres étrangers liés à ses fonctions diplomatiques.