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MANO SOLO

Qui est Mano Solo ?

Nom complet : Emmanuel Yves Cabut.
Naissance : 24 avril 1963 (Châlons-sur-Marne, France).
Mort : 10 janvier 2010 (Paris, France) à 46 ans.
Nom de scène : Mano Solo.
Activités : chanteur, auteur-compositeur-interprète, peintre, dessinateur et écrivain.
Notoriété : voix singulière de la chanson française, à la croisée de la chanson réaliste, du rock, du punk et des musiques du monde.

Où se trouve la tombe de Mano Solo ?

La tombe de Mano Solo se trouve au cimetière du Père-Lachaise, division 10, à Paris. Il y repose sous son nom civil, Emmanuel Cabut.

Plan du cimetière du Père-Lachaise

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise

Le monument funéraire de Mano Solo au Père-Lachaise

La sépulture de Mano Solo est une tombe basse et sobre. Elle porte le nom d’Emmanuel Cabut, son nom de scène Mano Solo et ses dates, 1963-2010.

Tombe de Mano Solo au Père-Lachaise
Tombe de Mano Solo dans la division 10 du Père-Lachaise. Photographie : Nicolas Potier, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Sépulture de Mano Solo en 2025
La sépulture de Mano Solo photographiée en 2025. Wikimedia Commons, CC0.

Biographie de Mano Solo

Une enfance dans une famille d’artistes engagés

Emmanuel Yves Cabut naît le 24 avril 1963 à Châlons-sur-Marne, devenue Châlons-en-Champagne. Il est le fils du dessinateur Jean Cabut, connu sous le nom de Cabu, et de la journaliste et militante écologiste Isabelle Monin. Il grandit dans un milieu où le dessin, la presse, la liberté de ton et l’engagement politique occupent une place essentielle. Cette filiation nourrit sa sensibilité sans l’enfermer : devenu Mano Solo, il construira une voix et un univers immédiatement reconnaissables, plus sombres, plus urbains et profondément personnels.

Châlons-en-Champagne, ville natale de Mano Solo
Châlons-en-Champagne, ville natale de Mano Solo. Photographie : Dguendel, Wikimedia Commons, CC BY 4.0.

Le punk, le dessin et les années de formation

Il quitte l’école à quinze ans et rejoint très jeune les milieux alternatifs parisiens. À la fin des années 1970 et au début des années 1980, il participe à la scène punk et new wave, notamment comme guitariste du groupe Les Chihuahuas. Il travaille aussi comme technicien de tournée, peint, dessine et réalise des travaux graphiques. Ses premières créations circulent dans des fanzines et des réseaux indépendants. Avant même de devenir chanteur, il développe ainsi une pratique complète dans laquelle le texte, l’image, la scène et l’autoproduction se répondent.

Cabu, père de Mano Solo
Cabu, père de Mano Solo, au Salon du livre de Paris en 2008. Photographie : Georges Seguin (Okki), Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

La Marmaille nue : une voix apparaît

Au début des années 1990, Mano Solo se tourne pleinement vers la chanson. Son premier album, La Marmaille nue, paraît en 1993. Sa voix tendue, ses mots directs et ses arrangements mêlant accordéon, rock et chanson réaliste frappent immédiatement. Il chante Paris, les vies précaires, l’amour, la colère, la solitude et la fraternité sans chercher à lisser les contradictions. Le succès critique et public se confirme avec Les Années sombres en 1995 puis Je sais pas trop en 1997.

Son écriture ne se limite pas à la chanson. Il publie le recueil de poèmes Je suis là en 1995 et le roman Joseph sous la pluie en 1996. Il continue parallèlement à peindre et à dessiner, concevant une partie de l’identité visuelle de ses disques. Pour lui, ces pratiques appartiennent à une même œuvre : raconter la fragilité humaine avec une langue vive, populaire et poétique.

Dire la maladie sans se laisser réduire à elle

Mano Solo annonce publiquement sa séropositivité et évoque la maladie dans plusieurs chansons et prises de parole. À une époque où le VIH demeure entouré de peur et de stigmatisation, cette franchise a une portée considérable. Pourtant, il refuse d’être défini uniquement comme « le chanteur du sida ». Ses textes parlent aussi du désir de vivre, des rencontres, de la ville, de la dignité des marginaux et d’une énergie collective capable de résister au désespoir.

Frères Misère et l’élargissement musical

En 1996, il participe au projet Frères Misère, qui renoue avec une énergie rock et contestataire. À partir de Dehors, paru en 2000, sa palette s’élargit : rythmes africains et latino-américains, fanfares, guitares électriques et musette se croisent sans effacer la force du texte. Les albums en public Internationale Shalala et La Marche témoignent de l’intensité de ses concerts et de son lien très direct avec le public.

Mano Solo en concert au Grand Rex en 2007
Mano Solo en concert au Grand Rex, à Paris, le 3 avril 2007. Photographie : Smdl, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Une œuvre qui s’affranchit des frontières

Les Animals, sorti en 2004, confirme cette recherche d’un langage musical mobile et métissé. Mano Solo conserve une écriture sans détour, mais l’accompagne de couleurs venues du rock, du jazz, de la musique africaine et des traditions populaires. Sur scène, il passe de la confidence à l’explosion collective. Cette tension entre intimité et puissance constitue l’une des marques les plus durables de son style.

Façade du Grand Rex à Paris
Le Grand Rex à Paris, où Mano Solo se produit notamment en avril 2007. Photographie : A. Hellmann, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

L’indépendance et In the Garden

Méfiant envers les mécanismes traditionnels de l’industrie du disque, il cherche à reprendre le contrôle de la production et de la diffusion de sa musique. Pour In the Garden, publié en 2007, il sollicite directement son public par internet et développe un modèle fondé sur la souscription. Cette démarche, encore peu courante à grande échelle, prolonge son goût ancien pour les circuits indépendants. Elle lui permet de défendre une création exigeante tout en maintenant un rapport personnel avec ceux qui l’écoutent.

Rentrer au port et les derniers mois

Hors Série paraît en 2008, puis Rentrer au port en 2009. Ce dernier album studio rassemble une écriture à la fois apaisée et lucide, sans renoncer à la colère ni à l’humour noir. Mano Solo donne son dernier concert à l’Olympia le 12 novembre 2009. Hospitalisé peu après à l’hôpital Bichat, il meurt à Paris le 10 janvier 2010, à l’âge de 46 ans, après la rupture de plusieurs anévrismes.

Façade de l’Olympia à Paris
L’Olympia, salle du dernier concert de Mano Solo en novembre 2009. Photographie : Trissotin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Sa disparition suscite de nombreux hommages. Son œuvre reste attachée à une voix rauque et vulnérable, à une poésie de la rue et à une indépendance farouche. Chanteur, écrivain et plasticien, Mano Solo a transformé ses expériences les plus intimes en chansons capables de parler à tous, sans complaisance ni posture.

Œuvres principales de Mano Solo

  • La Marmaille nue (1993), album.
  • Les Années sombres (1995), album.
  • Je suis là (1995), recueil de poèmes.
  • Frères Misère (1996), album du projet du même nom.
  • Joseph sous la pluie (1996), roman.
  • Je sais pas trop (1997), album.
  • Internationale Shalala (1999), album en public.
  • Dehors (2000), album.
  • La Marche (2002), album en public.
  • Les Animals (2004), album.
  • In the Garden (2007), album.
  • Hors Série (2008), album.
  • Rentrer au port (2009), album.

Engagements et activités artistiques

  • Auteur-compositeur-interprète associé au renouveau de la chanson française des années 1990.
  • Guitariste du groupe punk et new wave Les Chihuahuas durant ses années de formation.
  • Peintre, dessinateur et créateur de plusieurs éléments graphiques liés à son œuvre musicale.
  • Écrivain, auteur d’un recueil de poèmes et d’un roman.
  • Artiste indépendant, pionnier du financement direct d’un album par souscription sur internet.
  • Voix publique contre la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH.