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LEBEL Jacques Gustave Edouard

Qui est Jacques Gustave Édouard Lebel ?

Nom complet : Jacques Gustave Édouard Lebel.
Naissance : 1881 (France).
Mort : 15 septembre 1935 (Laon, France).
Activité : Industriel français du secteur alimentaire.
Notoriété : Président de l’Union des syndicats de l’alimentation en gros de France et président du Comité central des allocations familiales.

Où se trouve la tombe de Jacques Gustave Édouard Lebel ?

La tombe de Jacques Gustave Édouard Lebel se trouve dans la division 31 du cimetière du Père-Lachaise, chemin de La Bédoyère, en première ligne.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 31
Plan des divisions du Père-Lachaise : la sépulture de Jacques Gustave Édouard Lebel se trouve dans la division 31.

Le monument funéraire de Jacques Gustave Édouard Lebel au Père-Lachaise

La sépulture familiale porte une inscription sobre rappelant que Jacques Lebel est « mort accidentellement le 15 septembre 1935 ». Claude Lebel, né en 1914 et mort en 1994, y est également mentionné.

Le caveau réunit plusieurs générations apparentées. Jacques Lebel y repose notamment avec son beau-père Arthur Delavigne, auteur dramatique, le père de celui-ci, Louis-Marie-Germain Delavigne, lui aussi homme de théâtre, et Emmanuel-Pierre Letourneur, député et ancêtre de son épouse. Cette réunion familiale inscrit l’industriel du XXe siècle dans une lignée présente au Père-Lachaise depuis le XIXe siècle.

Biographie de Jacques Gustave Édouard Lebel

Jacques Gustave Édouard Lebel naît en 1881. Les sources publiques permettent de suivre avec précision ses responsabilités industrielles et sociales, mais renseignent peu son enfance, sa formation et ses premières années. Il apparaît au début du XXe siècle dans les milieux d’affaires parisiens, domicilié rue du Général-Foy et engagé dans le commerce des produits alimentaires.

Un industriel de l’alimentation

Lebel développe sa carrière au moment où les industries alimentaires françaises se transforment. La mécanisation, l’essor des marques, les réseaux de distribution nationaux et la publicité changent l’échelle des entreprises. Il exerce notamment des responsabilités au sein des Chocolats François Meunier, maison parisienne distincte de la célèbre entreprise Menier de Noisiel.

Affiche publicitaire des Chocolats François Meunier
Affiche des Chocolats François Meunier, vers 1906-1908. Bibliothèque nationale de France / Wikimedia Commons, CC0.

Son activité ne se limite pas à la direction d’une entreprise. Membre de la Chambre de commerce de Paris, il représente les intérêts collectifs d’un secteur composé de grossistes, de transformateurs et de négociants. Il préside le Syndicat des produits alimentaires en gros et des industries qui s’y rattachent, puis l’Union des syndicats de l’alimentation en gros de France.

Ces fonctions le placent au cœur des débats sur l’approvisionnement, les coûts, l’organisation du travail et les relations entre producteurs et distributeurs. Il siège également dans des organismes économiques plus larges : le Comité national français de la Chambre de commerce internationale, la Commission générale d’organisation scientifique du travail et le Groupement des industries alimentaires de la Confédération générale de la production française.

Affiche ancienne pour le chocolat Meunier Frères
Affiche pour le chocolat Meunier Frères par l’atelier F. H. d’Alési, 1894. Bibliothèque nationale de France / Wikimedia Commons, CC0.

La guerre et la reconnaissance professionnelle

La Première Guerre mondiale interrompt sa trajectoire civile. Son dossier de décoration mentionne sept ans et six mois de services militaires, six campagnes, une blessure et une citation. Cette expérience contribue à la reconnaissance officielle accordée à un industriel qui associe ensuite activité économique, représentation patronale et initiatives sociales.

Lors de l’Exposition nationale coloniale de Marseille en 1922, il est vice-président du comité d’admission et membre du jury de la classe 44 C. Les expositions de cette époque mêlent présentation de produits, démonstration industrielle et affirmation de la puissance coloniale française. Sa participation lui vaut d’être nommé chevalier de la Légion d’honneur par décret du 12 août 1923.

Affiche de l’Exposition coloniale de Marseille de 1922
Affiche de l’Exposition coloniale de Marseille de 1922 par Leonetto Cappiello. Gallica-BnF / Wikimedia Commons, domaine public.

Les allocations familiales, un chantier social

La part la plus durable de son action concerne les allocations familiales. Après la guerre, des employeurs créent des caisses de compensation afin de verser un complément de revenu aux salariés ayant des enfants. Le mouvement se développe rapidement : les entreprises mutualisent la charge et cherchent à établir des règles communes.

Jacques Lebel devient président du Comité central des allocations familiales, fédération créée au début des années 1920. Sous sa présidence, l’organisme coordonne les caisses, participe aux congrès nationaux et intervient dans les débats préparant la généralisation du système. En 1933, le réseau compte des centaines de caisses, des dizaines de milliers d’employeurs et près d’un demi-million de familles allocataires.

Son action se situe dans le cadre du patronat social de l’entre-deux-guerres. Il préside également l’Association d’hygiène industrielle et soutient les surintendantes d’usines, professionnelles chargées d’améliorer les conditions sociales et sanitaires des salariés. Il est vice-président de la Caisse de compensation de la région parisienne et administrateur de la Société des cités-jardins de la région parisienne.

Cette politique reste marquée par les conceptions de son époque, où la protection familiale est souvent organisée par les employeurs avant d’être pleinement encadrée par l’État. Elle contribue néanmoins à bâtir les structures sur lesquelles repose la généralisation légale des allocations familiales en France au début des années 1930.

Un réseau d’affaires et d’institutions

En 1927, Lebel participe à la création de la Banque des produits alimentaires et coloniaux, constituée sous les auspices de la Banque de Paris et des Pays-Bas. Il en demeure administrateur jusqu’à sa mort. Il siège aussi au premier conseil de la Société immobilière des industriels parisiens et fréquente le Cercle de l’Union artistique.

Il prend part au Redressement français, mouvement fondé autour de l’industriel Ernest Mercier pour promouvoir une modernisation économique et administrative. Cette présence reflète son intérêt pour l’organisation rationnelle des entreprises et la coordination du patronat. Elle inscrit son action dans les débats économiques et politiques parfois conflictuels de l’entre-deux-guerres.

La mort lors d’une partie de chasse

Le 15 septembre 1935, Jacques Lebel participe à une partie de chasse dans l’Aisne. Accidentellement atteint par un coup de feu, il est transporté d’urgence à l’hôpital de Laon, où son décès est constaté à son arrivée. La presse souligne alors sa place dans le monde des affaires et dans les organisations de l’alimentation parisienne.

Sa disparition met fin à une carrière consacrée à la fois à l’industrie alimentaire, à la représentation professionnelle et à la structuration des premières politiques familiales. Il est inhumé dans le caveau familial de la division 31 du Père-Lachaise.

Réalisations principales

  • Développement et représentation collective des industries alimentaires françaises.
  • Participation à l’Exposition nationale coloniale de Marseille, 1922.
  • Présidence du Comité central des allocations familiales.
  • Développement des caisses de compensation pour les familles salariées.
  • Participation à la création de la Banque des produits alimentaires et coloniaux, 1927.
  • Action en faveur de l’hygiène industrielle et des cités-jardins de la région parisienne.

Distinctions et fonctions

  • Membre de la Chambre de commerce de Paris.
  • Président de l’Union des syndicats de l’alimentation en gros de France.
  • Président du Comité central des allocations familiales.
  • Administrateur de la Banque des produits alimentaires et coloniaux.
  • Chevalier de la Légion d’honneur, 1923.
  • Citation militaire et blessure durant la Première Guerre mondiale.