Qui est Étienne Lamy ?
Nom complet : Étienne Marie Victor Lamy.
Naissance : 2 juin 1845 (Cize, France).
Mort : 9 janvier 1919 (Paris, France) à 73 ans.
Activités principales : avocat, journaliste, homme politique et écrivain.
Fonction majeure : secrétaire perpétuel de l’Académie française de 1913 à 1919.
Où se trouve la tombe d’Étienne Lamy ?
Étienne Lamy repose au cimetière du Père-Lachaise, division 49, à Paris. La sépulture se trouve dans la section 2, près du chemin de la Cave.

Le monument funéraire d’Étienne Lamy au Père-Lachaise
La tombe d’Étienne Lamy est une sépulture sobre, implantée dans un alignement de monuments de la division 49. Une dalle de pierre porte son nom, ses dates — 1845-1919 — ainsi que la mention « Secrétaire perpétuel de l’Académie française ». Cette inscription résume la fonction qui marqua le couronnement de sa carrière intellectuelle.


Biographie d’Étienne Lamy
Étienne Lamy naît le 2 juin 1845 à Cize, dans le Jura. Issu d’un milieu profondément catholique, il reçoit une formation qui associe discipline religieuse, humanités classiques et goût de la vie publique. Son itinéraire le conduira du barreau à la Chambre des députés, puis de la presse à l’Académie française, au cœur des débats qui opposent et rapprochent catholiques et républicains à la fin du XIXe siècle.

Une formation catholique et juridique
Le jeune Lamy étudie d’abord à l’abbaye-école de Sorèze, établissement dirigé par les dominicains, puis au collège Stanislas à Paris. Ces années forgent une culture classique et religieuse qui demeurera essentielle dans sa pensée. Il entreprend ensuite des études de droit, obtient son doctorat et devient avocat à vingt ans. Secrétaire de la Conférence des avocats, il se fait remarquer par son aisance oratoire et reçoit le prix Paillet, distinction accordée aux jeunes membres du barreau.

Avocat et jeune républicain
À une époque où beaucoup de catholiques français restent attachés à la monarchie, Étienne Lamy choisit la République. Cette position n’efface pas sa foi : elle nourrit au contraire son ambition de réconcilier les institutions nouvelles avec une partie du monde catholique. Après la chute du Second Empire et la guerre de 1870, il entre très tôt dans la vie politique nationale. En 1871, âgé de vingt-six ans, il est élu représentant du Jura à l’Assemblée nationale.

Député du Jura auprès de Gambetta
À l’Assemblée, Lamy siège avec les républicains et se rapproche de Léon Gambetta. Réélu député en 1876, il acquiert une réputation de parlementaire travailleur, attentif aux questions militaires et maritimes. Son rapport sur le budget de la Marine, présenté en 1876, compte parmi ses interventions les plus remarquées. Il défend l’enracinement du régime républicain tout en conservant une sensibilité sociale et religieuse originale dans son camp.
Son mandat traverse une période décisive : installation durable de la République, affrontement entre exécutif conservateur et majorité parlementaire, débats sur l’école et place des congrégations. Lamy cherche une voie de conciliation, mais cette position devient difficile à tenir lorsque les conflits religieux se durcissent.

La rupture autour de l’article 7
En 1880, le projet de loi sur l’enseignement supérieur comprend un article 7 destiné à écarter de l’enseignement les membres de congrégations non autorisées. Étienne Lamy vote contre cette disposition. Pour lui, l’adhésion à la République ne peut impliquer l’abandon de la liberté religieuse. Ce choix lui coûte une partie du soutien des républicains jurassiens. Battu aux élections législatives de 1881 par un adversaire radical et anticlérical, il quitte la Chambre après dix années de mandat.
De la politique à la presse
Éloigné du Parlement, Lamy transforme l’échec électoral en nouvelle carrière. Il collabore au Correspondant, à la Revue des Deux Mondes et au Temps. Ses articles abordent l’histoire contemporaine, les institutions, les questions militaires, la diplomatie et la place du catholicisme dans la société. Son écriture, précise et argumentée, lui permet d’exercer une influence intellectuelle au-delà des partis. Il dirige le Correspondant de 1904 à 1910.
Le ralliement des catholiques à la République
Lorsque le pape Léon XIII encourage les catholiques français à accepter loyalement la République, Étienne Lamy devient l’un des défenseurs les plus actifs de ce « ralliement ». En 1896, il prend la tête d’une fédération de groupes catholiques destinée à organiser cette présence civique. Les résultats électoraux de 1898 restent décevants, mais son action illustre une tentative durable : faire participer les catholiques à la démocratie sans renoncer à leurs convictions.
Cette position de médiateur explique l’unité de son parcours. Qu’il parle de l’armée, de la famille, de politique étrangère ou d’éducation, Lamy recherche moins l’affrontement que la construction d’un ordre commun fondé sur la responsabilité et le devoir.
Voyages, histoire et langue française
Étienne Lamy voyage en Méditerranée orientale, notamment en Syrie et en Terre sainte. De ces déplacements naît La France du Levant. Les Nationalités, publié en 1900, où il étudie la présence culturelle et diplomatique française dans la région. Il consacre également plusieurs livres au Second Empire, à la démocratie, à l’armée et à la condition féminine.
Sa réflexion sur la langue française occupe une place croissante. Il participe en 1912 au premier Congrès de la langue française au Canada et s’intéresse au rayonnement du français hors de France. Son ouvrage La Langue française témoigne de cette attention portée à la fois à l’héritage littéraire et à la vitalité internationale de la langue.
L’Académie française
Le 8 juin 1905, Étienne Lamy est élu à l’Académie française dès le premier tour, par vingt et une voix contre douze à Maurice Barrès. Il est reçu sous la Coupole le 11 janvier 1906 par Charles de Freycinet. Le 13 mars 1913, ses confrères le choisissent comme secrétaire perpétuel. À ce poste, il représente l’institution, veille à ses travaux et défend son rôle dans la vie intellectuelle française.

La Grande Guerre et les dernières années
Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en 1914, Lamy approche de soixante-dix ans. Ancien officier de réserve, il remet néanmoins l’uniforme avec le grade de chef de bataillon, geste symbolique d’un homme qui avait beaucoup écrit sur l’armée et la nation. Comme secrétaire perpétuel, il accompagne une Académie éprouvée par la guerre et rend hommage aux écrivains, soldats et savants disparus.
Il meurt à Paris le 9 janvier 1919, quelques semaines après l’armistice, à l’âge de soixante-treize ans. Ses funérailles sont célébrées quelques jours plus tard par l’Académie française. Son œuvre, aujourd’hui moins lue, demeure un témoignage précieux sur la vie politique et intellectuelle de la Troisième République, ainsi que sur la difficile rencontre entre culture catholique et démocratie républicaine.
Œuvres principales d’Étienne Lamy
- Des opérations de bourse à terme (1869)
- Le Tiers Parti (1872)
- La République en 1883
- L’Armée et la Démocratie (1885)
- Études sur le Second Empire (1895)
- La France du Levant. Les Nationalités (1900)
- La Femme de demain (1906)
- Témoins des jours passés (1907)
- Au service des idées et des lettres (1909)
- Quelques œuvres et quelques ouvriers (1911)
- La Langue française (1912)
Distinctions et fonctions
- Député du Jura de 1871 à 1881
- Directeur du Correspondant de 1904 à 1910
- Élu à l’Académie française en 1905
- Secrétaire perpétuel de l’Académie française de 1913 à 1919
- Officier de la Légion d’honneur