Catégories
Tombe

LACHAMBEAUDIE Pierre

Qui est Pierre Lachambeaudie ?

Nom complet : Pierre Lachambeaudie.
Naissance : 16 décembre 1806 (Montignac-sur-Vézère, France).
Mort : 7 juillet 1872 (Brunoy, France) à 65 ans.
Activité : fabuliste, poète, chansonnier, écrivain et goguettier français.
Notoriété : auteur des Fables populaires, poète engagé dans les mouvements saint-simoniens et républicains du XIXe siècle.

Où se trouve la tombe de Pierre Lachambeaudie ?

La tombe de Pierre Lachambeaudie se trouve dans la division 48 du cimetière du Père-Lachaise, avenue Frédéric-Soulié.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 48
Plan du cimetière du Père-Lachaise : la tombe de Pierre Lachambeaudie se situe dans la division 48.

Le monument funéraire de Pierre Lachambeaudie au Père-Lachaise

La sépulture est dominée par un buste en bronze du poète, œuvre du sculpteur angevin Ferdinand Taluet. Installé sur un haut piédestal de pierre, le portrait présente Lachambeaudie barbu, vêtu d’une veste et d’un manteau, le regard légèrement tourné. Le bronze mesure environ 87 centimètres. Cette représentation sobre donne au monument l’apparence d’un hommage public autant que d’une tombe personnelle.

Sur la face du socle figure la dédicace « À Pierre Lachambeaudie, poète fabuliste, 1806-1872 ». La mention du fabuliste résume la place que ses contemporains souhaitaient lui conserver. La sépulture est inscrite au titre des monuments historiques.

Vue générale de la tombe de Pierre Lachambeaudie au Père-Lachaise
Vue générale de la tombe de Pierre Lachambeaudie, division 48. Monument orné d’un buste par Ferdinand Taluet. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Buste et inscription de la tombe de Pierre Lachambeaudie
Détail du monument funéraire de Pierre Lachambeaudie et de son buste en bronze. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie de Pierre Lachambeaudie

Pierre Lachambeaudie naît le 16 décembre 1806 à Montignac-sur-Vézère, en Dordogne. Son père, ancien officier d’infanterie, est propriétaire dans la région. Sa mère, Anne Mayaudon, meurt alors qu’il est encore nourrisson et son père se remarie peu après. L’enfant reçoit d’abord une instruction locale et manifeste tôt un goût prononcé pour les vers. Cette inclination littéraire se heurte cependant aux projets familiaux : on le destine à l’état ecclésiastique et il est envoyé au séminaire de Sarlat.

Du séminaire aux emplois modestes

La discipline religieuse convient mal au jeune homme. Selon les récits biographiques du XIXe siècle, une chanson bachique composée au séminaire provoque son renvoi. Privé du soutien familial, il doit alors gagner sa vie. Il exerce plusieurs métiers : maître d’études, teneur de livres dans une maison de commerce à Lyon, puis employé dans une compagnie de chemin de fer à Roanne. Cette expérience du travail salarié et de la précarité nourrit sa sensibilité aux questions sociales.

Il publie en 1829 ses Essais poétiques. Le recueil révèle une vocation mais ne lui procure pas encore une position stable. Comme beaucoup d’écrivains populaires de son époque, Lachambeaudie apprend à concilier l’écriture avec des emplois alimentaires, tout en cherchant des lieux où la poésie puisse rencontrer un public plus large que celui des salons.

Portrait peint de Pierre Lachambeaudie en 1859
Portrait de Pierre Lachambeaudie peint par Philippe Félix Dupuis en 1859, conservé au Musée d’art et d’archéologie du Périgord. Photo : MOSSOT / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

L’expérience saint-simonienne

En 1832, il adhère au saint-simonisme, mouvement qui entend réorganiser la société autour du travail, de l’industrie et de l’association. Il rejoint à Paris la communauté de Ménilmontant réunie autour de Prosper Enfantin. Pour le jeune poète, cette doctrine offre à la fois une fraternité, une vision du progrès et un langage capable de relier littérature et réforme sociale.

La dispersion du groupe ne met pas fin à son engagement. Lachambeaudie continue de fréquenter les milieux réformateurs, où se croisent saint-simoniens, fouriéristes et républicains. Il comprend que la fable, forme brève et familière, peut rendre accessibles des idées politiques ou morales complexes. Les animaux et les objets qu’il met en scène ne sont pas seulement des figures traditionnelles : ils deviennent les porte-parole du travailleur, du pauvre et du citoyen.

Le succès des Fables populaires

En 1839, la militante fouriériste Zoé de Gamond lui avance les frais nécessaires à la publication des Fables populaires. Le livre rencontre un succès important. Lachambeaudie reprend la clarté narrative et la morale finale héritées de La Fontaine, mais il transpose la fable dans le monde contemporain. Machines, métiers, rapports sociaux et aspirations démocratiques entrent dans un genre longtemps associé aux leçons intemporelles.

De nouvelles éditions enrichies paraissent rapidement. Émile Souvestre préface le recueil de 1839, puis Pierre-Jean de Béranger, grande autorité de la chanson française, accompagne l’édition de 1844 d’une lettre-préface. La même année, l’Académie française lui attribue le prix Maillé-Latour-Landry. Ses fables seront couronnées deux fois par l’Académie, reconnaissance notable pour un écrivain venu des cercles populaires et socialistes.

Illustration de la fable La Locomotive et le cheval
La Locomotive et le cheval, illustration d’Auguste Vimar pour les Fables de Pierre Lachambeaudie. Source : Gallica et Wikimedia Commons, domaine public.

Le chansonnier des goguettes

Lachambeaudie fréquente aussi les goguettes, sociétés chantantes où artisans, employés, journalistes et écrivains interprètent des textes souvent satiriques. Il participe notamment aux réunions de la quatrième société du Caveau et y chante Mes rêves en 1841. Ces lieux lui permettent de faire circuler une poésie conçue pour être entendue, mémorisée et reprise collectivement.

En 1846, il contribue aux Cent et une petites misères, longue chanson comique écrite par trente-neuf chansonniers. Son activité ne sépare jamais complètement la littérature du débat public. Les chansons et les fables lui offrent des formes souples : l’humour atténue la gravité du propos, tandis que la morale donne à chaque récit une portée civique.

Illustration de la fable L’Âne et les œufs
L’Âne et les œufs, illustration d’Auguste Vimar pour les Fables de Pierre Lachambeaudie. Source : Gallica et Wikimedia Commons, domaine public.

1848, la République et la prison

La révolution de février 1848 porte au premier plan les idées qu’il défend depuis les années saint-simoniennes. Lachambeaudie écrit des textes ouvertement sociaux, dont La Pauvreté, c’est l’esclavage et la chanson Ne criez plus : à bas les communistes !. Il fréquente le club de la Société républicaine centrale animé par Auguste Blanqui et prend part aux rassemblements du mouvement démocratique et social.

En décembre 1848, il doit réciter la fable Les Glands et les Pots au banquet des Travailleurs socialistes, organisé sous la présidence symbolique de Blanqui, alors détenu. Le banquet est interrompu avant son intervention, mais le texte paraît dans le compte rendu de la réunion. Quelques mois plus tôt, pendant les journées de Juin, sa proximité avec les milieux révolutionnaires lui avait valu d’être arrêté et conduit au fort de Bicêtre. L’intervention de Béranger contribue à sa libération.

Illustration de la fable Les Moutons et le renard
Les Moutons et le renard, illustration d’Auguste Vimar pour les Fables de Pierre Lachambeaudie. Source : Gallica et Wikimedia Commons, domaine public.

L’exil après le coup d’État

Le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, le 2 décembre 1851, expose les républicains à l’arrestation et à la déportation. Lachambeaudie échappe à la répression la plus lourde mais doit quitter la France. Il séjourne en Belgique, où il poursuit son travail poétique. L’exil renforce la tonalité politique de ses écrits sans modifier sa manière : il préfère toujours l’apologue, la chanson et l’image concrète au traité doctrinal.

De retour en France, il continue de publier et de participer à la vie chansonnière. Les Fleurs de Villemomble paraissent en 1861, puis Fables et poésies nouvelles en 1865 et Prose et vers en 1867. Ses recueils témoignent d’une production plus variée que ne le laisse entendre sa seule réputation de fabuliste. Ils réunissent poésie lyrique, textes de circonstance, chansons et réflexions morales.

Un fabuliste du monde moderne

La singularité de Lachambeaudie tient à la manière dont il actualise une tradition ancienne. Chez lui, la locomotive peut dialoguer avec le cheval et les animaux de la fable observent les inégalités d’une société industrielle. Les morales défendent souvent la solidarité, l’instruction et la dignité du travail. Cette orientation lui vaut une audience considérable au milieu du XIXe siècle, même si sa renommée diminue ensuite.

Son écriture cherche moins l’innovation formelle que l’efficacité. Il construit des scènes aisément compréhensibles, ménage un retournement puis formule une leçon. Ce dispositif convient à la lecture publique et à la transmission orale. Il explique aussi la diffusion de ses textes dans les journaux démocratiques, les réunions militantes et les sociétés chantantes.

Illustration de la fable L’Hermine et le rat
L’Hermine et le rat, illustration d’Auguste Vimar pour les Fables de Pierre Lachambeaudie. Source : Gallica et Wikimedia Commons, domaine public.

Les dernières années à Brunoy

Lachambeaudie partage ses dernières années entre l’écriture et les réseaux littéraires qui l’ont soutenu. Il participe encore, en 1863, à un banquet du Caveau. Sa réputation reste alors attachée aux Fables populaires et à l’image d’un poète démocrate demeuré fidèle aux aspirations sociales de sa jeunesse.

Il meurt à Brunoy le 7 juillet 1872, à l’âge de 65 ans. Inhumé au cimetière du Père-Lachaise, il reçoit un monument surmonté de son buste par Ferdinand Taluet. Son nom est donné en 1905 à la place Lachambeaudie, dans le 12e arrondissement de Paris. Cette dénomination et les rues qui portent son nom à Montignac, Brunoy, Sarlat-la-Canéda ou Roanne rappellent un auteur autrefois très lu, situé au croisement de la fable, de la chanson et de l’histoire sociale du XIXe siècle.

Buste de Pierre Lachambeaudie par Ferdinand Taluet
Buste de Pierre Lachambeaudie par Ferdinand Taluet, conservé au Musée d’art et d’archéologie du Périgord. Photo : MOSSOT / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Œuvres principales

  • Essais poétiques, 1829.
  • Fables populaires, 1839.
  • Fables de Pierre Lachambeaudie, édition précédée d’une lettre-préface de Béranger, 1844.
  • Les Fleurs de Villemomble, 1861.
  • Fables et poésies nouvelles, 1865.
  • Prose et vers, 1867.

Distinctions et fonctions

  • Prix Maillé-Latour-Landry de l’Académie française en 1844.
  • Fables couronnées à deux reprises par l’Académie française.
  • Collaborateur de journaux et de publications démocratiques, notamment Le Charivari.
  • Participant aux sociétés chansonnières du Caveau et aux goguettes parisiennes.
  • Sépulture inscrite au titre des monuments historiques.