Catégories
Tombe

INGRES Jean-Auguste-Dominique

Qui est Jean-Auguste-Dominique Ingres ?

Nom complet : Jean-Auguste-Dominique Ingres.
Naissance : 29 août 1780 (Montauban, France).
Mort : 14 janvier 1867 (Paris, France) à 86 ans.
Activité : peintre et dessinateur français, également violoniste.
Notoriété : maître majeur du néoclassicisme, célèbre pour ses portraits, ses tableaux d’histoire et ses nus.

Où se trouve la tombe de Jean-Auguste-Dominique Ingres ?

La tombe de Jean-Auguste-Dominique Ingres se trouve dans la division 23 du cimetière du Père-Lachaise, à Paris. Elle est située chemin de la Citerne, dans la septième ligne de la division.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 23
Plan du Père-Lachaise : la sépulture de Jean-Auguste-Dominique Ingres se trouve dans la division 23.

Le monument funéraire de Jean-Auguste-Dominique Ingres au Père-Lachaise

Élevé en 1868, un an après la mort du peintre, le monument a été construit d’après les dessins de l’architecte Victor Baltard. Il adopte la forme d’un édicule néoclassique inspiré de l’architecture grecque. Deux colonnes encadrent une niche où se détache le buste en marbre blanc d’Ingres, sculpté par Jean-Marie Bonnassieux. Le nom du peintre est gravé sur le soubassement.

Le buste représente Ingres âgé, vêtu d’une draperie et tourné légèrement de côté. Par sa composition sobre et frontale, l’ensemble associe le vocabulaire de l’Antiquité à l’hommage académique rendu au maître. Le tombeau réunit également ses deux épouses, Madeleine Chapelle, morte en 1849, et Delphine Ramel, morte en 1887. Le monument est protégé au titre des monuments historiques avec l’ensemble patrimonial du Père-Lachaise.

Vue générale de la tombe de Jean-Auguste-Dominique Ingres au Père-Lachaise
Vue générale du monument funéraire d’Ingres, division 23. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Buste en marbre d’Ingres sur son monument funéraire
Le buste en marbre d’Ingres réalisé par Jean-Marie Bonnassieux. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Biographie de Jean-Auguste-Dominique Ingres

Jean-Auguste-Dominique Ingres naît à Montauban le 29 août 1780. Son père, Jean-Marie-Joseph Ingres, est peintre, sculpteur, décorateur et musicien. Il lui transmet très tôt le goût du dessin, mais aussi celui du violon. Cette double éducation artistique ne quittera jamais Ingres : toute sa vie, il pratiquera la musique avec passion, au point de donner à la langue française l’expression « violon d’Ingres », devenue synonyme de talent exercé en dehors de son activité principale.

De Montauban à l’atelier de David

À partir de 1791, il étudie à Toulouse auprès du peintre Joseph Roques, du paysagiste Jean Briant et du sculpteur Jean-Pierre Vigan. Parallèlement, il joue comme second violon dans l’orchestre du Capitole. Ses progrès en dessin sont rapides. En 1797, il gagne Paris et entre dans l’atelier de Jacques-Louis David, le peintre le plus influent de la Révolution puis du Consulat. Il est admis à l’École des beaux-arts en 1799.

David lui apprend la construction claire, le dessin précis et le recours à l’Antiquité, mais Ingres cherche bientôt une voie personnelle. Il admire Raphaël, les maîtres italiens et les vases grecs. Son dessin privilégie la ligne et la silhouette. En 1801, Les Ambassadeurs d’Agamemnon dans la tente d’Achille lui vaut le premier grand prix de Rome. Faute de crédits publics, son départ pour l’Italie est toutefois différé de plusieurs années.

Autoportrait de Jean-Auguste-Dominique Ingres à vingt-quatre ans
Autoportrait à vingt-quatre ans, 1804, musée Condé, Chantilly. Jean-Auguste-Dominique Ingres, domaine public.

Les premiers portraits et le départ pour Rome

En attendant son séjour romain, Ingres gagne sa vie grâce aux portraits. Il peint notamment les membres de la famille Rivière et réalise en 1804 un autoportrait qui montre déjà sa maîtrise de la présence psychologique et de la matière. Sous le Consulat et l’Empire, il reçoit aussi des commandes officielles. Bonaparte, Premier consul puis Napoléon Ier sur le trône impérial donnent au pouvoir une apparence solennelle, presque sacrée.

Napoléon Ier sur le trône impérial peint par Ingres en 1806
Napoléon Ier sur le trône impérial, 1806, musée de l’Armée, Paris. Jean-Auguste-Dominique Ingres, domaine public.

Ingres arrive enfin à Rome en 1806 comme pensionnaire de la Villa Médicis. La même année, les tableaux qu’il envoie au Salon de Paris déconcertent la critique. On lui reproche une manière jugée archaïque, des contours trop fermes et des déformations anatomiques. Blessé par ces attaques, il décide pourtant de poursuivre ses recherches. Son séjour officiel achevé, il demeure en Italie, où il trouve des commanditaires parmi les Français de passage et l’administration impériale.

L’Italie, laboratoire d’un style singulier

À Rome, puis à Florence à partir de 1820, Ingres développe un art qui combine fidélité aux maîtres anciens et audaces très personnelles. Il peint Œdipe explique l’énigme du Sphinx, Jupiter et Thétis, Paolo et Francesca et La Grande Odalisque. Dans cette dernière œuvre, commandée pour Caroline Murat, la sœur de Napoléon, le dos anormalement allongé et la souplesse irréelle du corps font passer l’harmonie de la ligne avant l’exactitude anatomique.

La Grande Odalisque peinte par Ingres en 1814
La Grande Odalisque, 1814, musée du Louvre. Jean-Auguste-Dominique Ingres, domaine public.

La chute de l’Empire réduit les commandes officielles. Ingres traverse alors une période matériellement difficile et exécute de nombreux portraits dessinés, dont la précision et la sobriété comptent parmi les sommets de son œuvre graphique. En 1813, il épouse Madeleine Chapelle, rencontrée par l’intermédiaire d’amis avant même qu’ils ne se voient. Leur union, sans enfant, lui apporte une stabilité affective pendant ses longues années italiennes.

Le triomphe du Vœu de Louis XIII

Le véritable retournement de sa carrière se produit au Salon de 1824. Présenté face aux œuvres de la jeune école romantique, Le Vœu de Louis XIII reçoit un accueil enthousiaste. La Vierge, inspirée de Raphaël, domine le roi agenouillé dans une composition qui réunit peinture religieuse, histoire nationale et idéal classique. Le tableau est destiné à la cathédrale de Montauban. Après près de vingt années passées en Italie, Ingres revient en France en artiste consacré.

Le Vœu de Louis XIII peint par Ingres en 1824
Le Vœu de Louis XIII, 1824, cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption de Montauban. Jean-Auguste-Dominique Ingres, domaine public.

Il est élu à l’Académie des beaux-arts en 1825 et enseigne à l’École des beaux-arts. Il ouvre un atelier très fréquenté, où il défend la primauté du dessin et l’étude des maîtres. Son opposition artistique à Eugène Delacroix, volontiers simplifiée en conflit entre néoclassicisme et romantisme, devient l’un des grands débats de la peinture française. Ingres rejette le culte de l’effet coloré, mais ses propres œuvres, par leurs tensions et leurs étrangetés, échappent à une orthodoxie académique étroite.

Rome à nouveau, puis le retour des honneurs

En 1834, Le Martyre de saint Symphorien est mal reçu au Salon. Profondément affecté, Ingres accepte la direction de l’Académie de France à Rome, fonction qu’il exerce de 1835 à 1841. Il réforme la vie de la Villa Médicis, restaure les bâtiments et veille étroitement à la formation des pensionnaires. Durant cette période, il peint notamment Antiochus et Stratonice, dont le succès accompagne son retour à Paris.

Sous la monarchie de Juillet puis le Second Empire, les commandes, les portraits et les distinctions se multiplient. Ingres peint les grandes figures de la société de son temps : le comte Molé, la vicomtesse d’Haussonville, Madame Moitessier ou la baronne de Rothschild. Ses modèles sont décrits avec une précision presque tactile, tandis que les poses, les mains et les reflets des étoffes composent un monde parfaitement ordonné.

Les dernières années et Le Bain turc

Madeleine Ingres meurt en 1849. En 1852, le peintre épouse Delphine Ramel, plus jeune que lui, qui l’accompagne durant ses dernières années. Ingres continue à reprendre des compositions anciennes et à faire évoluer ses tableaux pendant de longues périodes. Cette pratique explique la richesse de variantes et d’études conservées dans les collections publiques, en particulier au musée de Montauban auquel il lègue une grande partie de son fonds d’atelier.

Le Bain turc, achevé sous sa forme circulaire en 1862, rassemble plusieurs décennies de recherches sur le nu féminin. À plus de quatre-vingts ans, Ingres reprend des figures issues de dessins et de tableaux antérieurs pour construire une scène dense, musicale et irréelle. L’œuvre résume son goût de la ligne, de la mémoire des maîtres et des formes volontairement transformées.

Le Bain turc peint par Ingres en 1862
Le Bain turc, 1862, musée du Louvre. Jean-Auguste-Dominique Ingres, domaine public.

Grand officier de la Légion d’honneur en 1855, Ingres est nommé sénateur du Second Empire en 1862. Jusqu’à la fin, il dessine, retouche ses œuvres et joue du violon avec ses proches. Il meurt à Paris le 14 janvier 1867, à l’âge de 86 ans. Ses funérailles conduisent sa dépouille au Père-Lachaise, où son monument associe l’idéal grec qu’il défendit à l’image officielle du peintre devenu maître de l’École française.

Œuvres principales

  • Les Ambassadeurs d’Agamemnon dans la tente d’Achille (1801).
  • Autoportrait à vingt-quatre ans (1804).
  • Napoléon Ier sur le trône impérial (1806).
  • Œdipe explique l’énigme du Sphinx (1808).
  • Jupiter et Thétis (1811).
  • La Grande Odalisque (1814).
  • Le Vœu de Louis XIII (1824).
  • L’Apothéose d’Homère (1827).
  • Le Martyre de saint Symphorien (1834).
  • Antiochus et Stratonice (1840).
  • Portrait de la vicomtesse d’Haussonville (1845).
  • Madame Moitessier (1856).
  • Le Bain turc (1862).

Distinctions et fonctions

  • Premier grand prix de Rome de peinture en 1801.
  • Membre de l’Académie des beaux-arts à partir de 1825.
  • Professeur à l’École des beaux-arts de Paris.
  • Directeur de l’Académie de France à Rome de 1835 à 1841.
  • Grand officier de la Légion d’honneur en 1855.
  • Sénateur du Second Empire de 1862 à 1867.