Qui est Uğur Hüküm ?
Nom complet : Uğur Hüküm.
Naissance : 7 janvier 1949 (Istanbul, Turquie).
Mort : 4 juillet 2013 (Paris, France) à 64 ans.
Activité : Journaliste, écrivain, critique culturel et producteur de radio turc.
Notoriété : Responsable du service turc de Radio France internationale, correspondant de Cumhuriyet et observateur de la vie culturelle franco-turque.
Où se trouve la tombe d’Uğur Hüküm ?
La tombe d’Uğur Hüküm se trouve dans la division 16 du cimetière du Père-Lachaise, chemin de Lesseps, en première ligne.

Le monument funéraire d’Uğur Hüküm au Père-Lachaise
La sépulture d’Uğur Hüküm est sobre. Une plaque funéraire rectangulaire porte simplement son nom et les années « 1949-2013 ». L’absence de décor monumental concentre le regard sur l’identité du journaliste. La tombe se trouve à proximité immédiate du monument Christiani, qui sert de repère dans cette partie de la division 16.
Ce lieu parisien rappelle la double appartenance qui a marqué sa vie. Né à Istanbul, installé durablement en France et toujours attentif aux débats de la société turque, Uğur Hüküm fut pendant plusieurs décennies un passeur entre deux langues, deux espaces médiatiques et deux cultures.


Biographie d’Uğur Hüküm
Uğur Hüküm naît à Istanbul le 7 janvier 1949. Il grandit dans la grande métropole turque à une époque où le pays connaît une urbanisation rapide, une vie politique mouvementée et un profond renouvellement culturel. Il fréquente le lycée d’Istanbul, établissement marqué par la tradition éducative germanophone, puis poursuit des études de psychologie à l’Université technique du Moyen-Orient d’Ankara. Ce campus est alors l’un des foyers les plus actifs du débat intellectuel et politique en Turquie.

Des études engagées dans la Turquie des années 1960
Au cours de ses années d’études, Hüküm se rapproche du Parti ouvrier de Turquie. Comme de nombreux étudiants de sa génération, il s’intéresse aux questions sociales, au mouvement ouvrier et aux débats qui traversent la gauche turque. Les interventions militaires de 1960 puis de 1971, la polarisation politique et la surveillance des organisations militantes forment l’arrière-plan de sa jeunesse.
Cette formation nourrit durablement sa manière de pratiquer le journalisme. Il ne séparera jamais complètement la culture, la politique et la société. Un film, une pièce de théâtre ou un livre deviennent sous sa plume des moyens de comprendre les transformations d’un pays, les rapports de pouvoir et la place des individus dans l’espace public.

L’installation à Paris
Uğur Hüküm s’installe à Paris au milieu des années 1970 et y achève sa formation. Ses premières années françaises ne se limitent pas aux milieux intellectuels. Au début des années 1980, il travaille notamment dans une usine du groupe Thomson et exerce des responsabilités syndicales. Cette expérience du monde du travail prolonge concrètement ses engagements de jeunesse.
Il participe aussi aux réseaux démocratiques de l’émigration turque. Après le coup d’État militaire du 12 septembre 1980, Paris accueille des militants, universitaires, artistes et journalistes contraints à l’exil. Hüküm prend part aux initiatives de solidarité et aux discussions qui cherchent à informer le public européen sur la répression en Turquie. Son appartement et ses cercles amicaux deviennent des lieux de rencontre pour des visiteurs venus de Turquie.
Une voix turque à la radio française
La radio devient le centre de sa carrière. Il participe au développement d’émissions destinées aux auditeurs turcophones, notamment autour de Radio Soleil. En 1993, il devient producteur délégué et responsable du service turc de Radio France internationale. À une époque antérieure à l’information continue sur Internet, ce service joue un rôle essentiel : il permet de suivre depuis la Turquie et les communautés émigrées l’actualité internationale dans leur langue.
Hüküm suit les évolutions politiques turques, les relations avec l’Europe et la vie quotidienne des diasporas. Sa connaissance de la France lui permet également d’expliquer ses institutions et ses débats aux auditeurs turcs. À l’inverse, il offre au public francophone une lecture informée de la Turquie, attentive à ses contradictions et à la diversité de sa société.

Journaliste, critique et correspondant de Cumhuriyet
Parallèlement à la radio, Uğur Hüküm écrit pour de nombreux titres français et turcs. Il devient correspondant à Paris du quotidien Cumhuriyet. Ses articles paraissent également dans des revues consacrées au cinéma, au théâtre, à la littérature et aux idées, parmi lesquelles Altyazı, Nokta, Notos, Oluşum, Radikal, Tiyatro Dergisi, Türk Sineması et Yeni İnsan-Yeni Sinema.
Son champ d’intérêt est particulièrement large. Il écrit sur les arts de la scène, la formation artistique, le cinéma turc et les circulations culturelles entre la France et la Turquie. Pour Jazz Magazine, il tient une chronique intitulée « Lettres de Paris ». Son travail associe la curiosité du critique, la méthode du journaliste et l’attention du sociologue aux pratiques culturelles.
Le cinéma et les festivals internationaux
Le cinéma occupe une place majeure dans son activité. Pendant environ quinze ans, Hüküm couvre le Festival de Cannes. Il intervient également comme membre de jury, observateur ou participant aux débats dans plusieurs festivals, notamment à Vesoul, La Rochelle, Taormina et New Delhi. Il contribue ainsi à faire connaître des cinématographies peu diffusées et à rapprocher professionnels, critiques et publics venus de différents pays.

Cette présence dans les festivals prolonge son rôle de passeur. Il ne se contente pas de commenter les œuvres : il les replace dans leur contexte social et politique, donne la parole aux réalisateurs et aide le public francophone à découvrir les évolutions du cinéma turc et asiatique.

Écrire Istanbul et la société civile
En 2006, Uğur Hüküm publie avec la journaliste Defne Gürsoy Istanbul : émergence d’une société civile, aux éditions Autrement. L’ouvrage décrit une métropole en mutation à travers ses habitants, ses associations, ses artistes, ses urbanistes, ses entrepreneurs et ses différentes communautés. Les auteurs observent la coexistence de modes de vie modernes, de traditions religieuses, de nouveaux contre-pouvoirs et d’une intense créativité culturelle.
Le livre résume une part essentielle de sa démarche. Istanbul n’y apparaît ni comme une carte postale ni comme un simple décor politique, mais comme une société vivante dont les acteurs transforment la ville. Hüküm publie aussi, avec Gaye Petek, un ouvrage consacré aux Turcs en France. Dans ces travaux comme dans ses chroniques, il analyse ce qui se construit entre les pays plutôt que de les enfermer dans des identités figées.
Les dernières années
Jusqu’à ses dernières années, Uğur Hüküm continue d’écrire, de suivre l’actualité culturelle et de participer aux réseaux de journalistes turcs en Europe. Il conserve des liens étroits avec Cumhuriyet et avec les milieux démocratiques de l’émigration. Ses collègues soulignent sa disponibilité, sa culture et sa capacité à mettre en relation des personnes venues d’horizons très différents.
Victime d’une crise cardiaque, il meurt à Paris le 4 juillet 2013, à 64 ans. Ses obsèques réunissent des amis français et turcs, des journalistes, des artistes et des militants. Son inhumation au Père-Lachaise inscrit dans le paysage parisien le parcours d’un intellectuel qui consacra près de quarante ans à expliquer la Turquie en France et la France aux publics turcophones.
Œuvres et contributions principales
- Istanbul : émergence d’une société civile, avec Defne Gürsoy, photographies d’Erzade Ertem, éditions Autrement, 2006.
- Turcs en France, avec Gaye Petek, 2007.
- Production et direction du service turc de Radio France internationale à partir de 1993.
- Correspondance parisienne pour le quotidien turc Cumhuriyet.
- Chronique « Lettres de Paris » dans Jazz Magazine.
- Nombreux articles consacrés au cinéma, au théâtre, aux arts et à la société turque.
Fonctions et activités
- Producteur délégué et responsable du service turc de Radio France internationale.
- Journaliste et animateur lié à Radio Soleil.
- Correspondant en France du quotidien Cumhuriyet.
- Critique au Festival de Cannes pendant environ quinze ans.
- Membre de jurys et participant à plusieurs festivals internationaux de cinéma.
- Membre de réseaux de journalistes turcs en Europe et acteur des mouvements démocratiques de l’émigration.