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HOFF Ignace (Sergent Hoff)

Qui est Ignace Hoff ?

Nom complet : Ignace Hoff, dit le Sergent Hoff.
Naissance : 20 juillet 1836 (Marmoutier, France).
Mort : 29 mai 1902 (Paris, France) à 65 ans.
Activité : sous-officier français.
Notoriété : héros populaire du siège de Paris pendant la guerre franco-allemande de 1870.

Où se trouve la tombe d’Ignace Hoff ?

La tombe du Sergent Hoff se trouve dans la division 4 du cimetière du Père-Lachaise, section 2, en première ligne le long de l’avenue Principale.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 4
Plan du Père-Lachaise : la tombe d’Ignace Hoff est située dans la division 4.

Le monument funéraire d’Ignace Hoff au Père-Lachaise

Accordée gratuitement par arrêté préfectoral du 20 août 1902, la concession accueille un monument financé par souscription nationale et inauguré le 20 novembre 1904. Le groupe est l’une des dernières œuvres de Frédéric Auguste Bartholdi. Sur un haut socle, le sergent est représenté debout, une main en visière et l’autre tenant son fusil, comme s’il observait l’horizon. La figure principale en bronze fut fondue par Capitain-Gény.

Vue générale du monument funéraire du Sergent Hoff au Père-Lachaise
Vue générale de la tombe du Sergent Hoff, division 4. Photo : Chabe01, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

À ses pieds se tient une petite Alsacienne en zinc, un stylet à la main. Elle écrit sur le piédestal l’injonction « France, souviens-toi », formule qui inscrit le monument dans la mémoire de l’Alsace-Lorraine perdue après 1871. La dédicace honore « le soldat de 1870, fils de l’Alsace, défenseur de la patrie ». Au revers figurent les dates d’Ignace Hoff et la mention de la souscription nationale. Le projet de Bartholdi montrait d’abord un garçonnet ; la fillette en costume alsacien appartient à la version définitive.

Statues du Sergent Hoff et de la petite Alsacienne sur sa tombe
Le sergent en sentinelle et la petite Alsacienne portant le message « France, souviens-toi ». Photo : Chabe01, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie d’Ignace Hoff

Ignace Hoff naît le 20 juillet 1836 à Marmoutier, dans le Bas-Rhin. Sa mère, Marie Anne Dietrich, épouse Reinhard Hoff en 1843 ; celui-ci reconnaît l’enfant, qui portait jusque-là le nom de Dietrich. Le foyer vit modestement du travail du père, tisserand. Ignace quitte jeune sa région et exerce le métier d’ouvrier plâtrier. Selon les récits locaux, il entreprend dès l’adolescence un tour de France qui lui donne une expérience du voyage et du travail manuel avant son entrée dans l’armée.

Portrait photographique d’Ignace Hoff avant juin 1871
Ignace Hoff avant juin 1871. Gaston, Mathieu & Cie / Musée Carnavalet – Histoire de Paris, Wikimedia Commons, CC0.

Du métier de plâtrier à l’infanterie

Appelé par le recrutement, Hoff est incorporé en 1856 dans l’infanterie. Il choisit ensuite la carrière militaire en se réengageant pour sept ans en 1863. Il devient caporal en 1867, puis sergent en 1869. Lorsque la guerre contre la Prusse éclate en juillet 1870, il sert au 25e régiment de ligne à Belle-Île-en-Mer. Affecté au 7e régiment de marche, futur 107e régiment d’infanterie, il rejoint le 13e corps d’armée du général Vinoy et se replie avec lui vers Paris.

L’encerclement de la capitale transforme profondément sa vie. Cantonné dans le secteur de Vincennes, Hoff se porte volontaire pour des reconnaissances et des coups de main contre les avant-postes allemands. Il connaît la langue de l’adversaire et sait se déplacer discrètement avec de petits groupes. La mort au combat de l’un de ses frères renforce sa détermination. Il croit également, à tort, que son père a été exécuté par les Prussiens ; Reinhard Hoff ne mourra en réalité qu’en 1876.

Ignace Hoff en uniforme photographié par Ferdinand Mulnier
Le Sergent Hoff en uniforme. Photographie de Ferdinand Mulnier, domaine public, Wikimedia Commons.

Un héros du siège de Paris

Ses embuscades nocturnes et ses opérations près de Nogent-sur-Marne sont bientôt relatées dans les journaux. L’une d’elles contribue à déloger les forces allemandes de l’île des Loups. Les comptes de soldats ennemis tués varient fortement selon les publications : la presse assiégée amplifie ses exploits et fabrique autour de lui une légende patriotique. Derrière ces récits parfois invérifiables demeure un sous-officier effectivement cité pour son audace et son efficacité aux avant-postes.

Le général d’Exéa le nomme chevalier de la Légion d’honneur le 6 novembre 1870. Le 19 novembre, le général Trochu, gouverneur de Paris, le met à l’ordre du jour du 107e régiment. Sa connaissance de l’allemand et sa réputation conduisent aussi le ministre de la Guerre, Adolphe Le Flô, à le choisir pour une mission destinée à porter une dépêche au maréchal Bazaine dans Metz assiégée. Dans une capitale affamée et démoralisée, l’homme du peuple devenu soldat offre à la population une figure immédiate de résistance.

Portrait en pied du Sergent Hoff en uniforme militaire
Portrait en pied d’Ignace Hoff en uniforme. Rijksmuseum, domaine public, Wikimedia Commons.

Captivité, soupçons et retour à Paris

Lors de la bataille de Champigny, à la fin de novembre 1870, Hoff est fait prisonnier. Sachant que sa réputation pourrait lui valoir des représailles, il abandonne ses papiers et ses galons et se présente sous le nom de Wolff. Il est conduit dans un camp près de Cologne et parvient pendant plusieurs mois à dissimuler son identité. Son silence nourrit à Paris une tout autre histoire : certains journaux affirment que le héros disparu était en réalité un espion allemand nommé Hentzel.

Libéré après la paix, il revient en France le 10 mai 1871. Il se rend auprès des rédactions qui l’ont accusé et obtient des excuses ainsi que des rectifications, rétablissant publiquement son nom. Incorporé dans l’armée de Versailles, il participe ensuite aux opérations contre la Commune de Paris et est blessé au bras gauche lors de l’attaque d’une barricade rue de Lisbonne. Cet épisode appartient à une période de guerre civile dont la mémoire demeure distincte de sa popularité acquise pendant le siège.

Gardien des monuments parisiens

Après onze blessures et de longues années sous l’uniforme, Hoff quitte le service actif. Une proposition de grade d’officier dans l’armée des Indes britanniques lui aurait été faite, mais il la refuse. Il entre au service de la Ville de Paris : gardien du square des Arts-et-Métiers, puis de la colonne Vendôme, il devient enfin gardien-chef de l’Arc de triomphe. En 1885, lors des funérailles nationales de Victor Hugo, il veille le catafalque installé sous l’Arc, retrouvant pour quelques heures une place dans un grand rituel patriotique.

Ignace Hoff épouse Agathe Boron le 8 mars 1873. Leur fils Ignace-Henri, né en 1866, s’oriente vers la diplomatie et devient notamment vice-consul de France à Glasgow. Le sergent vit au 34 rue de Montenotte, dans le 17e arrondissement. Il y meurt le 29 mai 1902, la veille de sa retraite. Ses obsèques sont célébrées avec les honneurs militaires et son inhumation au Père-Lachaise donne bientôt lieu à une souscription nationale.

Monument au Sergent Hoff à Bry-sur-Marne
Monument consacré au Sergent Hoff à Bry-sur-Marne. Photo : Chabe01, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

La renommée du Sergent Hoff s’estompe au XXe siècle, mais plusieurs lieux conservent son nom. Un monument sculpté par Jean Magrou est élevé à Bry-sur-Marne, théâtre de ses opérations de 1870. Des rues lui sont dédiées à Paris, Bry-sur-Marne, Le Perreux-sur-Marne et Marmoutier. Sa tombe demeure toutefois le témoignage le plus spectaculaire de la manière dont la Troisième République transforma un sous-officier alsacien en symbole national.

Rue du Sergent-Hoff dans le 17e arrondissement de Paris
La rue du Sergent-Hoff dans le 17e arrondissement de Paris. Photo : Chabe01, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Principales actions et réalisations

  • Coups de main contre les avant-postes allemands pendant le siège de Paris (1870).
  • Opération menée contre les positions allemandes de l’île des Loups, à Nogent-sur-Marne.
  • Mission de liaison confiée par le ministre de la Guerre Adolphe Le Flô.
  • Participation à la bataille de Champigny et captivité sous le pseudonyme de Wolff.
  • Gardien du square des Arts-et-Métiers, de la colonne Vendôme puis gardien-chef de l’Arc de triomphe.

Distinctions et fonctions

  • Sergent d’infanterie à partir de 1869.
  • Chevalier de la Légion d’honneur, le 6 novembre 1870.
  • Cité à l’ordre du jour du 107e régiment d’infanterie, le 19 novembre 1870.
  • Obsèques célébrées avec les honneurs militaires en 1902.
  • Concession perpétuelle gratuite au Père-Lachaise, accordée par arrêté préfectoral du 20 août 1902.