Catégories
Tombe

HAUSSMANN Georges Eugène

Qui est Georges Eugène Haussmann ?

Nom complet : Georges Eugène Haussmann.
Naissance : 27 mars 1809 (Paris, France).
Mort : 11 janvier 1891 (Paris, France) à 81 ans.
Activité principale : haut fonctionnaire et homme politique français.
Notoriété : préfet de la Seine de 1853 à 1870, il dirigea les grandes transformations de Paris voulues par Napoléon III.

Où se trouve la tombe de Georges Eugène Haussmann ?

La tombe du baron Haussmann se trouve dans la division 4 du cimetière du Père-Lachaise, au bord de l’avenue principale. Il repose dans la chapelle funéraire de sa famille, auprès de son épouse Louise Octavie de Laharpe et de plusieurs membres des familles Haussmann et de Laharpe.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 4
Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 4.

Le monument funéraire de Georges Eugène Haussmann au Père-Lachaise

La sépulture est une chapelle familiale en pierre, de plan rectangulaire et d’inspiration néogothique. Sa façade étroite est encadrée de pilastres et couronnée d’un fronton aigu. Une porte métallique ajourée ferme l’entrée, tandis que l’inscription « FAMILLE HAUSSMANN » identifie clairement le caveau. L’édifice se dresse au premier rang de la division 4 et appartient aux monuments funéraires protégés du Père-Lachaise.

Les inscriptions de façade rappellent Georges Eugène Haussmann, préfet de la Seine, né le 27 mars 1809 et mort le 11 janvier 1891, ainsi que son épouse Louise Octavie de Laharpe, morte quelques semaines avant lui. Le caveau accueille aussi Nicolas Haussmann, son grand-père, ancien député et membre de la Convention, ainsi que d’autres parents.

Vue générale de la chapelle funéraire de la famille Haussmann
Vue générale de la chapelle Haussmann dans la division 4. Photographie : Chabe01, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Inscriptions de la chapelle funéraire du baron Haussmann
Détail des inscriptions de la chapelle de la famille Haussmann. Photographie : Chabe01, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie de Georges Eugène Haussmann

Georges Eugène Haussmann naît à Paris le 27 mars 1809 dans une famille protestante d’origine alsacienne. Son grand-père Nicolas Haussmann a siégé à la Convention nationale puis au Conseil des Anciens ; son père, Nicolas-Valentin Haussmann, a été commissaire des guerres sous le Premier Empire. Cette tradition de service public inscrit très tôt le jeune Georges Eugène dans le monde de l’administration et de l’État.

Formation et débuts dans l’administration

Élève du collège Henri-IV, où il côtoie notamment Alfred de Musset et des princes de la maison d’Orléans, Haussmann étudie ensuite le droit. Reçu avocat, il travaille comme clerc de notaire lorsque la révolution de Juillet 1830 bouleverse le régime. Il abandonne rapidement le notariat pour une carrière préfectorale, plus conforme à son goût de l’action et du commandement.

En mai 1831, il devient secrétaire général de la préfecture de la Vienne. Il est ensuite sous-préfet d’Yssingeaux, puis de Nérac. Dans le Lot-et-Garonne, il s’intéresse déjà aux routes, aux ponts, aux canalisations et au dessèchement des marais. Ces postes provinciaux lui apprennent à négocier avec les élus, les propriétaires et les ingénieurs, mais aussi à imposer des décisions dans des délais courts.

Portrait du baron Georges Eugène Haussmann vers 1860
Portrait du baron Haussmann vers 1860. Bibliothèque nationale de France / Wikimedia Commons, domaine public.

Préfet du Var, de l’Yonne et de la Gironde

Après plusieurs affectations, Haussmann est nommé préfet du Var en janvier 1849. Partisan de l’ordre, il soutient le prince-président Louis-Napoléon Bonaparte et affronte les opposants républicains, parmi lesquels Émile Ollivier. Il devient préfet de l’Yonne en 1850, puis de la Gironde en 1851. À Bordeaux, il mène des opérations de voirie, améliore l’éclairage au gaz et l’adduction d’eau, donnant une première mesure de son aptitude aux grands travaux.

Le ministre de l’Intérieur Victor de Persigny le présente à Napoléon III, devenu empereur. Celui-ci veut moderniser Paris, ville surpeuplée dont les rues étroites, l’insalubrité et les difficultés de circulation paraissent incompatibles avec le statut de capitale impériale. Le 22 juin 1853, Haussmann est nommé préfet de la Seine. Il reçoit une mission politique et urbaine exceptionnelle : assainir, agrandir, embellir et rendre la capitale plus facile à administrer.

Le préfet de la transformation parisienne

Pendant dix-sept ans, Haussmann coordonne un chantier sans précédent. Il ne conçoit pas seul le nouveau Paris : Napoléon III fixe les grandes orientations, tandis que des ingénieurs et architectes comme Eugène Belgrand, Adolphe Alphand, Gabriel Davioud, Victor Baltard et Charles Garnier apportent leurs compétences. Le préfet donne cependant à l’ensemble sa cohérence administrative, trouve les financements, organise les expropriations et accélère les procédures.

Les percées relient les gares, les quartiers administratifs et les grands équipements. La rue de Rivoli est prolongée ; les boulevards de Sébastopol et Saint-Michel forment un axe nord-sud ; de nouvelles avenues ouvrent des perspectives monumentales. Environ 64 kilomètres de voies nouvelles sont créés. Des milliers d’immeubles disparaissent et d’autres sont construits selon des règles d’alignement et de hauteur qui produisent les façades de pierre, balcons filants et corniches aujourd’hui associés au paysage haussmannien.

Napoléon III remettant à Haussmann le décret d’annexion des communes limitrophes
Napoléon III remettant à Haussmann le décret d’annexion des communes limitrophes, peinture d’Adolphe Yvon, 1865. Paris Musées / musée Carnavalet, CC0.

Eau, égouts, parcs et nouveaux arrondissements

La transformation ne se limite pas aux boulevards. Avec Eugène Belgrand, Haussmann développe l’alimentation en eau potable et un vaste réseau d’égouts. Les Halles de Baltard, les casernes, écoles, mairies, hôpitaux et marchés accompagnent l’expansion de la capitale. Sous la direction d’Adolphe Alphand, les bois de Boulogne et de Vincennes sont aménagés ; le parc Monceau est transformé et les parcs des Buttes-Chaumont et Montsouris sont créés. Des squares doivent apporter air et verdure dans chaque quartier.

En 1860, l’annexion de communes périphériques fait passer Paris de douze à vingt arrondissements et double presque sa superficie. Cette extension permet de planifier l’équipement des nouveaux quartiers, mais elle impose aussi une forte centralisation. Haussmann, qui exerce en pratique une fonction proche de celle d’un maire de Paris, contrôle une administration considérablement renforcée.

Plan de Paris divisé en vingt arrondissements en 1860
Plan de Paris divisé en vingt arrondissements en 1860, gravé par J.-N. Henriot. Bibliothèque nationale de France / Wikimedia Commons, domaine public.

Une modernisation contestée

Les travaux améliorent la circulation, l’approvisionnement en eau et l’hygiène, mais leur coût humain et urbain est considérable. Les expropriations déplacent des habitants et accélèrent la séparation sociale entre quartiers centraux et périphériques. La destruction de rues anciennes fait disparaître une partie du Paris médiéval. Les grandes voies facilitent aussi les déplacements militaires et rendent plus difficile la construction de barricades, même si cette dimension ne résume pas le projet.

Le financement suscite des critiques croissantes. Pour engager rapidement les opérations, la Ville recourt massivement à l’emprunt et à des mécanismes comptables contestés. Jules Ferry attaque cette politique en 1868 dans Les Comptes fantastiques d’Haussmann. Le préfet défend ses méthodes en affirmant que la croissance des recettes municipales permettra d’absorber la dette, mais l’opposition libérale fait de lui le symbole d’un pouvoir autoritaire et dépensier.

Parc des Buttes-Chaumont à son ouverture en 1867
Le parc des Buttes-Chaumont en 1867, dessin de Léon Leymonnerye. Paris Musées / musée Carnavalet, CC0.

Sénateur, révocation et vie politique

Napoléon III nomme Haussmann sénateur en 1857. Il reçoit la grand-croix de la Légion d’honneur en 1862. Son titre de baron, couramment employé de son vivant, repose sur une situation juridique discutée : un décret impérial autorise sa transmission, mais les formalités ne sont pas entièrement accomplies. Le nom de « baron Haussmann » s’impose néanmoins durablement dans l’usage public.

Au début de 1870, le gouvernement d’Émile Ollivier cherche à libéraliser l’Empire et à apaiser les critiques financières. Haussmann est révoqué de la préfecture de la Seine. La chute de Napoléon III quelques mois plus tard clôt l’époque à laquelle son action reste attachée, mais une partie des chantiers se poursuit sous la Troisième République, notamment l’avenue de l’Opéra.

Dernières années et Mémoires

Après sa révocation, Haussmann se retire quelque temps de la vie publique, puis devient député bonapartiste de la Corse de 1877 à 1881. Il demeure attentif aux débats sur Paris et défend son bilan. Dans ses dernières années, il rédige ses Mémoires, vaste récit publié à partir de 1890 dans lequel il expose sa carrière et justifie les choix accomplis à la préfecture de la Seine.

Louise Octavie de Laharpe, qu’il avait épousée en 1838, meurt le 24 décembre 1890. Georges Eugène Haussmann disparaît à Paris le 11 janvier 1891, à 81 ans. Il est inhumé dans la chapelle familiale du Père-Lachaise. Son nom est devenu un adjectif : « haussmannien » désigne encore une architecture, un type d’immeuble et, plus largement, une manière de transformer la ville par de grandes opérations coordonnées.

Boulevard Montmartre dans le Paris haussmannien peint par Camille Pissarro
Le boulevard Montmartre dans le Paris haussmannien, peint par Camille Pissarro en 1897. Wikimedia Commons, domaine public.

Principales réalisations

  • Percement et prolongement de grands axes : rue de Rivoli, boulevard de Sébastopol, boulevard Saint-Michel et nombreuses avenues.
  • Annexion des communes limitrophes et création des vingt arrondissements actuels en 1860.
  • Développement des réseaux d’eau potable et d’égouts avec Eugène Belgrand.
  • Aménagement des bois de Boulogne et de Vincennes, des Buttes-Chaumont, du parc Monceau, du parc Montsouris et de nombreux squares.
  • Construction ou réorganisation de marchés, mairies, écoles, casernes, hôpitaux et autres équipements publics.
  • Publication des Mémoires du baron Haussmann à partir de 1890.

Distinctions et fonctions

  • Préfet du Var, de l’Yonne et de la Gironde.
  • Préfet de la Seine de 1853 à 1870.
  • Sénateur du Second Empire de 1857 à 1870.
  • Grand-croix de la Légion d’honneur en 1862.
  • Député de la Corse de 1877 à 1881.
  • Membre de l’Académie des beaux-arts à partir de 1867.