Qui est Pierre Haïk ?
Nom complet : Pierre Haïk.
Naissance : 9 août 1950 (Tlemcen, Algérie).
Mort : 19 février 2023 (Garches, France) à 72 ans.
Activité principale : avocat pénaliste français.
Notoriété : grande figure du barreau de Paris, défenseur dans de nombreuses affaires criminelles et politico-financières médiatisées.
Où se trouve la tombe de Pierre Haïk ?
La tombe de Pierre Haïk se trouve dans la division 86 du cimetière du Père-Lachaise. Ses obsèques ont été célébrées au cimetière le 24 février 2023, quelques jours après sa mort.

Le monument funéraire de Pierre Haïk au Père-Lachaise
La sépulture est une tombe contemporaine sobre, aménagée au niveau du sol et recouverte d’une dalle de pierre claire. Une plaque sombre porte le nom de Pierre Haïk ainsi que ses années de naissance et de décès. Des galets, des fleurs et de petits objets déposés par les proches et les visiteurs donnent à l’ensemble un caractère intime, très différent des grands monuments historiques qui entourent cette partie du cimetière.
La tombe témoigne d’une inhumation récente et d’une mémoire encore vivante. Les hommages déposés rappellent l’attachement de sa famille, de ses confrères et de ceux qui ont connu cet avocat dont la présence et la voix ont marqué les prétoires parisiens pendant près de quarante ans.

Biographie de Pierre Haïk
Pierre Haïk naît le 9 août 1950 à Tlemcen, dans l’Algérie alors française. Issu d’une famille juive séfarade, il passe son enfance dans cette ville de l’Ouest algérien. En 1962, au moment de l’indépendance, il quitte l’Algérie avec les siens et arrive en France métropolitaine à l’âge de douze ans. Cette rupture précoce, le déracinement et la connaissance intime de plusieurs cultures contribueront à façonner une personnalité très attentive aux parcours individuels et aux marges de la société.
Des lettres au droit
Après ses études secondaires, Pierre Haïk s’oriente d’abord vers les lettres, puis vers le droit. Il finance une partie de sa formation en travaillant comme instituteur auprès d’enfants en difficulté. Cette expérience d’enseignement, éloignée des itinéraires les plus classiques du barreau d’affaires, accompagne son intérêt pour les questions sociales, l’enfermement et les mécanismes d’exclusion.
Dans les années 1970, il s’engage auprès du Groupe d’information sur les prisons, créé autour de Michel Foucault, Daniel Defert et de plusieurs intellectuels et militants. Le mouvement veut faire entendre directement la parole des détenus et rendre visibles leurs conditions de vie. Haïk assiste également aux séminaires du psychanalyste Jacques Lacan. Ces fréquentations nourrissent sa réflexion sur la parole, l’autorité et la manière dont une institution produit ses propres récits.

L’apprentissage du métier de pénaliste
Pierre Haïk prête serment au barreau de Paris le 6 février 1980. Il choisit immédiatement la défense pénale. Ses premières années se déroulent dans les parloirs, les commissariats et les salles d’audience, au contact de dossiers de vols à main armée, de stupéfiants et de grand banditisme. Il apprend un métier où la préparation technique doit résister à l’urgence, à la pression médiatique et à la violence des faits jugés.
Il travaille notamment avec Thierry Herzog. Leur association dans plusieurs affaires de stupéfiants leur vaut, dans le milieu judiciaire, le surnom des « 3 H » : Haïk, Herzog et héroïne. Dans les années 1990, Hervé Temime les rejoint sur plusieurs dossiers importants ; l’expression désigne alors aussi le trio formé par ces trois pénalistes. Haïk acquiert une réputation d’avocat combatif, capable de reprendre un dossier dans ses moindres détails puis d’improviser à l’audience sans perdre le fil de sa démonstration.

La rencontre avec Jacqueline Laffont
En 1984, Thierry Herzog lui présente une jeune avocate, Jacqueline Laffont, qui devient sa collaboratrice. Une relation personnelle et professionnelle se noue rapidement. Ils se marient et forment un couple particulièrement uni, partageant la préparation des dossiers, les choix de stratégie et les audiences. Leur manière de travailler repose sur une complémentarité souvent décrite par leurs confrères : Pierre Haïk incarne l’énergie, l’instinct et l’oralité ; Jacqueline Laffont construit les dossiers, organise les arguments et maîtrise la procédure avec une grande précision.
Cette association devient l’un des traits caractéristiques de sa carrière. Derrière le nom de Pierre Haïk, de plus en plus visible dans la presse, se trouve fréquemment un travail mené à deux. Le couple élève également une famille recomposée de quatre enfants. En 2017, Pierre Haïk, Jacqueline Laffont et Laurent Artuphel fondent le cabinet Haïk & Associés, prolongeant sous une nouvelle forme une collaboration commencée plus de trente ans auparavant.
Du grand banditisme aux affaires d’État
Un tournant intervient en 1994 lorsque Michel Roussin, ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac devenu ministre de la Coopération, lui confie sa défense. Haïk passe alors des dossiers de droit commun aux grandes procédures politico-financières. Le même engagement demeure, mais les enquêtes sont désormais plus longues, les pièces plus nombreuses et les enjeux politiques considérables.
Il défend ensuite Alfred Sirven dans l’affaire Elf, l’ancien ministre de l’Intérieur Charles Pasqua, Jean-Marie Messier, Arcadi Gaydamak dans l’affaire dite de l’Angolagate, Patrice de Maistre dans le volet financier de l’affaire Bettencourt, ainsi que Serge Dassault. Il intervient également pour Louis Schweitzer dans le dossier du sang contaminé. À l’étranger ou dans des dossiers internationaux, il plaide notamment aux côtés d’autres grands pénalistes. Cette clientèle médiatique ne lui fait pas renier son apprentissage initial : pour lui, la défense doit être exercée avec la même intensité quels que soient la position sociale du prévenu et le regard porté sur lui.

Une voix et une méthode au prétoire
Pierre Haïk est réputé pour une parole vive, physique et directe. Sa robe semble parfois suivre le mouvement d’une plaidoirie menée comme un combat. Cette apparente spontanéité repose cependant sur une connaissance précise des procédures et sur une préparation collective. Il sait isoler une contradiction, déplacer le regard porté sur un accusé et rappeler que le doute demeure au cœur du procès pénal.
Il ne conçoit pas l’avocat comme un auxiliaire discret de la justice, mais comme un contradicteur indispensable. Sa pratique se développe à une époque où les procès quittent progressivement la seule chronique judiciaire pour occuper l’espace médiatique. Haïk accepte cette exposition tout en maintenant que la salle d’audience, et non le commentaire extérieur, doit rester le lieu décisif. Il forme et influence plusieurs générations de jeunes avocats, sensibles à son exigence autant qu’à sa fidélité envers ses clients.
Nicolas Sarkozy et les derniers grands dossiers
En 2014, Nicolas Sarkozy choisit Pierre Haïk pour assurer sa défense dans plusieurs procédures, notamment l’affaire dite des écoutes ou affaire Bismuth. L’ancien président est soupçonné d’avoir cherché, par l’intermédiaire de Thierry Herzog, à obtenir des informations confidentielles auprès du magistrat Gilbert Azibert. Haïk prépare le dossier avec Jacqueline Laffont, mais la maladie l’empêchera finalement de participer au procès qui s’ouvre en 2020.
Le cabinet intervient aussi pour Alexandre Benalla. À cette période, le nom de Pierre Haïk demeure associé à une conception très offensive de la défense pénale. Ses confrères soulignent toutefois que son goût du combat ne se séparait pas d’une attention constante aux personnes. Sa connaissance de l’arabe, sa culture littéraire, sa passion pour la chanteuse Oum Kalsoum et ses liens d’amitié, notamment avec Enrico Macias, dessinent un homme dont la vie ne se limitait pas aux palais de justice.

La maladie et le retrait
Atteint de la maladie d’Alzheimer, Pierre Haïk réduit progressivement son activité. Il se retire définitivement du barreau en 2019. Jacqueline Laffont reprend seule la conduite des dossiers préparés ensemble, en particulier la défense de Nicolas Sarkozy lors du procès des écoutes. Cette disparition graduelle de la vie publique contraste avec la place que l’avocat avait occupée pendant près de quatre décennies dans les chroniques judiciaires.
Pierre Haïk meurt le 19 février 2023 à Garches, à l’âge de 72 ans. L’annonce suscite de nombreux hommages dans le monde judiciaire. Le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, la bâtonnière de Paris, le Conseil national des barreaux et l’Association des avocats pénalistes saluent son talent, sa combativité et son attachement aux droits de la défense. Ses obsèques ont lieu le 24 février au Père-Lachaise, où il est inhumé dans la division 86.
Affaires et clients marquants
- Michel Roussin, à partir de 1994.
- Alfred Sirven dans l’affaire Elf.
- Charles Pasqua dans plusieurs procédures politico-financières.
- Arcadi Gaydamak dans l’affaire de l’Angolagate.
- Patrice de Maistre dans l’affaire Bettencourt.
- Serge Dassault.
- Nicolas Sarkozy, notamment dans l’affaire des écoutes.
- Alexandre Benalla.
Distinctions et fonctions
- Avocat au barreau de Paris de 1980 à 2019.
- Cofondateur du cabinet Haïk & Associés en 2017.
- Officier de la Légion d’honneur.
- Figure reconnue de la défense pénale et formateur de plusieurs générations d’avocats.