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GOUVION-SAINT-CYR Laurent de

Qui est Laurent de Gouvion-Saint-Cyr ?

Nom complet : Laurent Gouvion, marquis de Gouvion-Saint-Cyr.
Naissance : 13 avril 1764 (Toul, France).
Mort : 17 mars 1830 (Hyères, France) à 65 ans.
Activités : militaire et homme politique français.
Notoriété : maréchal d’Empire, pair de France et ministre de la Guerre, auteur de la loi militaire de 1818.

Où se trouve la tombe de Laurent de Gouvion-Saint-Cyr ?

La tombe de Laurent de Gouvion-Saint-Cyr se trouve dans la division 37 du cimetière du Père-Lachaise, avenue des Acacias.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 37
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Laurent de Gouvion-Saint-Cyr au Père-Lachaise

Le monument funéraire est dominé par une statue en marbre blanc de Laurent de Gouvion-Saint-Cyr, sculptée par Pierre-Jean David d’Angers en 1833. Haute d’un peu plus de deux mètres, elle représente le maréchal debout, en uniforme, dans une attitude calme et solennelle. L’œuvre porte la signature « P.-J. David d’Angers, 1833 ».

La figure repose sur un imposant piédestal de pierre portant l’inscription « Le maréchal Gouvion St Cyr ». Le marbre clair, détaché sur la végétation de la division 37, rend le monument particulièrement visible.

Vue générale de la tombe de Laurent de Gouvion-Saint-Cyr
Monument de Gouvion-Saint-Cyr dans la division 37. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Statue de Gouvion-Saint-Cyr par David d’Angers
Statue en marbre de Gouvion-Saint-Cyr par David d’Angers, 1833. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie de Laurent de Gouvion-Saint-Cyr

Laurent Gouvion naît à Toul le 13 avril 1764 dans une famille modeste. Son père exerce le métier de tanneur. Abandonné très tôt par sa mère, le jeune homme reçoit une éducation irrégulière et manifeste d’abord des dispositions pour le dessin. Il envisage une carrière artistique, voyage en Italie et tente de se former à la peinture avant de revenir en France. Rien ne le destine alors à devenir l’un des grands chefs militaires de son temps.

Portrait en uniforme de Laurent de Gouvion-Saint-Cyr
Laurent de Gouvion-Saint-Cyr en uniforme de maréchal. Wikimedia Commons, domaine public.

De la peinture à l’armée révolutionnaire

La Révolution française bouleverse son parcours. En septembre 1792, alors que la patrie est déclarée en danger, il s’engage dans un bataillon de volontaires. Son instruction, son aptitude à lire le terrain et son sang-froid le distinguent rapidement. Élu capitaine, il rejoint l’armée du Rhin et participe aux combats contre les puissances coalisées.

L’avancement est spectaculaire, mais caractéristique des possibilités ouvertes par les armées révolutionnaires aux hommes de talent. En juin 1794, moins de deux ans après son engagement, il est nommé général de division. Il sert sous Jourdan puis Moreau, organise des mouvements difficiles et acquiert une réputation de tacticien méthodique. Ses soldats voient en lui un commandant froid, réservé et rigoureux, davantage porté vers la préparation que vers les démonstrations d’enthousiasme.

Les campagnes du Rhin

À l’armée du Rhin-et-Moselle, Gouvion-Saint-Cyr se fait remarquer pendant les opérations de 1796. Il commande l’aile gauche de Moreau, franchit le Rhin et mène une retraite ordonnée lorsque la situation stratégique se retourne. Son art consiste moins à rechercher le choc frontal qu’à combiner les marches, les positions et les mouvements de plusieurs divisions. Cette intelligence du terrain lui vaut une place durable parmi les meilleurs généraux de la République.

Il sert ensuite en Italie, où ses rapports avec les autorités politiques et avec certains collègues sont parfois difficiles. Indépendant, peu soucieux de flatter ses supérieurs, il n’hésite pas à signaler les abus commis dans les territoires occupés. Cette droiture contribue à sa réputation, mais ralentit parfois une carrière qui aurait pu être encore plus rapide.

Du Consulat à l’Empire

Après le coup d’État de Brumaire, il demeure au service de la France sans devenir un proche de Bonaparte. Il commande des troupes au Portugal puis en Italie et exerce des fonctions diplomatiques à Madrid. En 1804, Napoléon le nomme colonel général des cuirassiers. Il n’est pourtant pas compris dans la première promotion des maréchaux de l’Empire, omission souvent expliquée par sa distance à l’égard de la cour et par son caractère indépendant.

Il commande le camp de Boulogne en 1806, puis est envoyé en Catalogne. À partir de 1808, il remporte plusieurs succès contre les armées espagnoles, notamment à Cardedeu et Molins de Rei. Ses opérations dégagent Barcelone et rétablissent temporairement les communications françaises. Mais ses relations avec le commandement restent tendues et il quitte finalement son poste sans autorisation formelle, ce qui lui vaut une période de disgrâce.

Bataille de Cardedeu remportée par Gouvion-Saint-Cyr en 1808
Représentation de la bataille de Cardedeu, 16 décembre 1808. Wikimedia Commons, domaine public.

La campagne de Russie et le bâton de maréchal

Rappelé en 1811, Gouvion-Saint-Cyr reçoit en 1812 le commandement du VIᵉ corps de la Grande Armée, composé principalement de troupes bavaroises. Pendant la campagne de Russie, il succède au maréchal Oudinot, blessé, et dirige les opérations autour de Polotsk. Sa victoire du 18 août 1812 protège le flanc nord de l’armée française. En récompense, Napoléon le nomme maréchal d’Empire le 27 août.

Lors du second combat de Polotsk en octobre, il est blessé mais maintient la cohésion de ses forces avant leur retraite. Le bâton de maréchal arrive tardivement dans sa carrière impériale : il reconnaît enfin une compétence militaire acquise depuis les premières campagnes de la République, sans effacer les réserves que Napoléon conserve envers un subordonné difficile à contrôler.

Dresde et la fin de l’Empire

En 1813, Gouvion-Saint-Cyr participe à la campagne d’Allemagne. Chargé de défendre Dresde après la victoire française d’août, il se trouve progressivement isolé lorsque Napoléon recule après Leipzig. Assiégée par des forces supérieures et privée de ravitaillement, la garnison capitule en novembre sous la garantie d’un retour en France. Les Alliés refusent cependant de respecter les conditions convenues et le maréchal est conduit en captivité.

Capitulation de Dresde par le maréchal Gouvion-Saint-Cyr en 1813
Capitulation de Dresde devant les forces alliées, novembre 1813. Illustration historique, Wikimedia Commons, domaine public.

Il ne rentre en France qu’en 1814. Louis XVIII le fait pair de France. Pendant les Cent-Jours, il ne rejoint pas Napoléon et reste à l’écart. Après Waterloo et la seconde Restauration, il devient brièvement ministre de la Guerre dans le gouvernement de Talleyrand. Il vote ensuite, lors du procès du maréchal Ney, en faveur de la déportation plutôt que de la mort.

Ministre de la Marine puis de la Guerre

Gouvion-Saint-Cyr est nommé ministre de la Marine et des Colonies en 1817, puis retrouve le ministère de la Guerre. La France doit alors reconstruire une armée désorganisée par la chute de l’Empire, les licenciements et les tensions politiques. L’ancien maréchal défend une institution nationale, soumise à des règles stables plutôt qu’aux privilèges de naissance.

La loi du 10 mars 1818, passée à la postérité sous le nom de loi Gouvion-Saint-Cyr, organise le recrutement par engagements volontaires complétés, lorsque les effectifs sont insuffisants, par tirage au sort. Elle fixe un service de six ans et établit des principes d’avancement qui limitent l’accès automatique des nobles aux grades d’officier. Malgré ses imperfections et la possibilité de se faire remplacer, la réforme réintroduit une base nationale et égalitaire dans l’armée de la Restauration.

Médaillon représentant Laurent de Gouvion-Saint-Cyr
Portrait en médaillon de Laurent de Gouvion-Saint-Cyr. The Metropolitan Museum of Art / Wikimedia Commons, domaine public.

Retraite et écriture

Il quitte le gouvernement à la fin de 1819 et se retire de la vie politique active, tout en conservant son siège à la Chambre des pairs. Il intervient rarement, mais défend sa réforme militaire lorsque celle-ci est contestée. Il se consacre aussi à la rédaction de mémoires sur ses campagnes, notamment en Allemagne et en Catalogne. Ces ouvrages offrent le regard précis, parfois sévère, d’un commandant attentif aux décisions stratégiques.

Affaibli par sa santé, il part passer l’hiver 1829-1830 à Hyères. Il y meurt d’une attaque d’apoplexie le 17 mars 1830, quelques semaines avant son soixante-sixième anniversaire. Inhumé au Père-Lachaise, il reçoit trois ans plus tard le monument de David d’Angers. Son nom est également inscrit sous l’Arc de triomphe.

Gouvion-Saint-Cyr occupe une place singulière parmi les maréchaux d’Empire. Républicain devenu serviteur de Napoléon puis ministre de Louis XVIII, il traverse les changements de régime sans appartenir pleinement à une cour. Sa carrière repose surtout sur ses qualités d’organisateur et de tacticien. Son action politique, avec la loi militaire de 1818, prolonge cette même volonté d’ordonner durablement les institutions.

Principales campagnes et réalisations

  • Campagnes de l’armée du Rhin et de l’armée du Rhin-et-Moselle (1794-1797).
  • Campagnes d’Italie sous la Révolution et le Consulat.
  • Victoire de Cardedeu et opérations de Catalogne (1808-1809).
  • Victoire de Polotsk pendant la campagne de Russie (18 août 1812).
  • Défense de Dresde pendant la campagne d’Allemagne (1813).
  • Loi du 10 mars 1818 sur le recrutement et l’organisation de l’armée.
  • Journal des opérations de l’armée de Catalogne en 1808 et 1809.
  • Mémoires sur les campagnes des armées du Rhin et de Rhin-et-Moselle.

Distinctions et fonctions

  • Maréchal d’Empire (27 août 1812).
  • Pair de France (1814).
  • Ministre de la Guerre en 1815 puis de 1817 à 1819.
  • Ministre de la Marine et des Colonies en 1817.
  • Grand-croix de la Légion d’honneur.
  • Chevalier grand-croix de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis.
  • Marquis de Gouvion-Saint-Cyr.
  • Nom inscrit sous l’Arc de triomphe de l’Étoile.