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FLOURENS Pierre

Qui est Pierre Flourens ?

Nom complet : Marie Jean Pierre Flourens.
Naissance : 13 avril 1794 (Maureilhan, France).
Mort : 6 décembre 1867 (Montgeron, France) à 73 ans.
Activités : médecin, physiologiste, biologiste et professeur.
Notoriété : pionnier de la physiologie expérimentale du système nerveux.

Où se trouve la tombe de Pierre Flourens ?

La tombe de Pierre Flourens se trouve dans la 66e division du cimetière du Père-Lachaise, en bordure du chemin d’Ornano.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 66
Plan du cimetière du Père-Lachaise : la sépulture de Pierre Flourens se situe dans la division 66.

Le monument funéraire de Pierre Flourens au Père-Lachaise

Le monument familial réunit Pierre Flourens et plusieurs de ses proches. Son fils aîné Gustave Flourens, professeur, journaliste et figure de la Commune de Paris, y est notamment inhumé après sa mort en 1871. La sobriété de la sépulture contraste avec les monuments sculptés voisins de cette partie de la division 66.

Tombe de Pierre et Gustave Flourens au Père-Lachaise
Tombe de Pierre Flourens et de son fils Gustave, division 66. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie de Pierre Flourens

Marie Jean Pierre Flourens naît le 13 avril 1794 à Maureilhan, près de Béziers. Il étudie la médecine à Montpellier, où il suit notamment l’enseignement du botaniste Augustin-Pyramus de Candolle. Reçu docteur en médecine en 1813, à seulement dix-neuf ans, il préfère cependant la recherche à la pratique médicale. Dès l’année suivante, il gagne Paris avec des lettres de recommandation pour Lamarck, Étienne Geoffroy Saint-Hilaire et Antoine Portal.

Portrait photographique du physiologiste Pierre Flourens
Pierre Flourens photographié par André-Adolphe-Eugène Disdéri. Paris Musées / Wikimedia Commons, CC0.

De Montpellier aux laboratoires parisiens

À Paris, Flourens se rapproche de Georges Cuvier, dont l’appui devient déterminant. Il développe une méthode fondée sur l’expérimentation animale et l’observation des effets produits par des lésions précises du système nerveux. En 1821, l’Athénée de Paris lui confie un enseignement sur la théorie physiologique des sensations. Ses premières communications à l’Académie des sciences attirent rapidement l’attention.

Plaque commémorative de Pierre Flourens à Maureilhan
Plaque commémorative de Pierre Flourens dans son village natal de Maureilhan. Photo : Fagairolles 34 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

La naissance des neurosciences expérimentales

À partir de 1825, Flourens publie ses Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux dans les animaux vertébrés. Par ablation ou lésion de régions cérébrales chez des animaux, il distingue plusieurs fonctions : les hémisphères cérébraux interviennent dans la perception, le cervelet dans la coordination des mouvements et les canaux semi-circulaires de l’oreille interne dans l’équilibre. Il localise également dans le bulbe rachidien une zone indispensable à la respiration.

Cette démarche lui permet de combattre la phrénologie de Franz Joseph Gall. Flourens refuse l’idée que des facultés mentales complexes puissent être lues sur la forme du crâne. Son travail ne résout pas toutes les questions sur la localisation cérébrale, mais il impose l’expérience contrôlée comme moyen d’étudier les fonctions du cerveau.

Peinture représentant la médecine expérimentale des XVIIIe et XIXe siècles
La médecine expérimentale des XVIIIe et XIXe siècles représentée par Veloso Salgado en 1906. Wikimedia Commons, domaine public.

Académies, Muséum et Collège de France

Élu à l’Académie des sciences en 1828, Flourens devient secrétaire perpétuel après la mort de Cuvier. Il enseigne l’anatomie humaine puis la physiologie comparée au Muséum national d’histoire naturelle. En 1840, il entre à l’Académie française au fauteuil 29, lors d’une élection restée célèbre parce qu’il l’emporte face à Victor Hugo. Il est aussi membre étranger de la Royal Society et de plusieurs académies européennes.

Ses recherches dépassent le seul cerveau. Il étudie la croissance des os et des dents, la digestion, l’instinct animal et les effets de l’éther et du chloroforme sur le système nerveux. Ses expériences participent à la compréhension du mécanisme de l’anesthésie, alors en plein développement. En 1855, il obtient au Collège de France la chaire d’histoire naturelle des corps organisés.

Page de titre de l’ouvrage de Pierre Flourens sur la longévité humaine
De la longévité humaine et de la quantité de vie sur le globe, ouvrage de Pierre Flourens publié en 1855. Wikimedia Commons, domaine public.

Un savant engagé dans la vie publique

Flourens mène parallèlement une brève carrière politique. Député de l’Hérault de 1837 à 1839, il devient pair de France en 1846. Il s’intéresse aussi à l’histoire des sciences et consacre des ouvrages à Buffon, à la circulation du sang et à la longévité. Dans les années 1860, il critique la théorie de l’évolution exposée par Charles Darwin, position qui témoigne des résistances suscitées par le transformisme dans une partie du monde savant français.

Page de titre de l’examen critique de Darwin par Pierre Flourens
Examen du livre de M. Darwin sur l’origine des espèces de Pierre Flourens. Wikimedia Commons, domaine public.

Les dernières années

Marié à Aline Clément d’Aerzen, Pierre Flourens est le père de trois fils, dont Gustave Flourens et le futur ministre Émile Flourens. Victime d’une attaque en 1864, il se retire progressivement de la vie publique. Il meurt le 6 décembre 1867 dans sa maison de campagne de Chalandray, à Montgeron. Son inhumation au Père-Lachaise réunit dans le même monument une histoire scientifique et une histoire politique, celle de son fils Gustave, mort pendant les événements de la Commune.

Œuvres et travaux principaux

  • Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux (1825).
  • Travaux sur le cervelet, l’équilibre et le centre respiratoire.
  • Recherches sur les effets de l’éther et du chloroforme.
  • Recherches sur le développement des os et des dents (1842).
  • Histoire de la découverte de la circulation du sang (1854).
  • De la longévité humaine (1855).

Distinctions et fonctions

  • Membre de l’Académie des sciences à partir de 1828 et secrétaire perpétuel.
  • Membre étranger de la Royal Society à partir de 1835.
  • Député de l’Hérault de 1837 à 1839.
  • Membre de l’Académie française à partir de 1840.
  • Pair de France en 1846.
  • Professeur au Muséum national d’histoire naturelle et au Collège de France.
  • Grand officier de la Légion d’honneur en 1859.