Qui est Félix Faure ?
Nom complet : François Félix Faure.
Naissance : 30 janvier 1841 (Paris, France).
Mort : 16 février 1899 (Paris, France) à 58 ans.
Activité : négociant, homme d’État et président de la République française.
Notoriété : président de la République de 1895 à 1899, acteur du rapprochement franco-russe et chef de l’État pendant l’affaire Dreyfus.
Où se trouve la tombe de Félix Faure ?
La tombe de Félix Faure se trouve dans la division 4 du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Félix Faure au Père-Lachaise
Après les funérailles nationales du 23 février 1899, Félix Faure est d’abord déposé dans un caveau provisoire. Une concession plus visible lui est ensuite attribuée dans la division 4. Le tombeau définitif, achevé en 1901, est l’œuvre de René de Saint-Marceaux, sculpteur renommé de la Troisième République. Construit comme un puissant massif de pierre, le monument est dominé par un grand bas-relief en bronze qui donne à la sépulture sa force expressive.
Le président y apparaît couché, enveloppé dans les plis d’un drapeau. Cette représentation funéraire associe la figure du défunt à la fonction présidentielle et au service de l’État. L’attitude n’a rien d’un portrait mondain : le corps allongé, les étoffes lourdes et la matière sombre du bronze composent une image solennelle. L’inscription rappelle sobrement son nom, ses dates et sa qualité de président de la République. Le monument demeure l’une des sépultures politiques les plus reconnaissables de cette partie du cimetière.
%20-%202024-08-18%20-%201.jpg?width=700)

Biographie de Félix Faure
Une jeunesse parisienne tournée vers le commerce
François Félix Faure naît à Paris le 30 janvier 1841. Son père, Jean-Marie Faure, dirige une fabrique de meubles, tandis que sa mère, Rose-Adélaïde Cuissard, meurt alors qu’il est encore enfant. Il reçoit une instruction pratique, notamment à l’école Pompée d’Ivry-sur-Seine, établissement privé attentif aux langues et aux réalités du commerce. Un séjour en Angleterre en 1858 complète cette formation et familiarise le jeune homme avec la puissance maritime et industrielle britannique.
Félix Faure choisit ensuite la voie des affaires plutôt que les études supérieures. Après une expérience dans une maison de peausserie, il s’établit au Havre, grand port en pleine expansion. Il y fonde en 1865 un négoce de cuirs et de peaux qui prospère. La même année, il épouse Berthe Belluot, fille d’un avocat d’Amboise. Le couple aura deux filles, Lucie et Antoinette. Cette réussite économique, acquise dans un milieu portuaire ouvert sur le monde, donne à Faure des compétences concrètes en matière de commerce, de navigation et d’organisation.

Le notable républicain du Havre
Son ascension sociale s’accompagne rapidement d’un engagement civique. Consul de Grèce au Havre à partir de 1869, Faure entre dans la vie municipale au moment où le Second Empire s’effondre. Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, il participe à l’organisation de la défense locale et commande un bataillon de mobiles de la Seine-Inférieure. Adjoint au maire du Havre, il s’occupe particulièrement des questions militaires et du ravitaillement. Son républicanisme modéré lui vaut d’être révoqué en 1873 par le gouvernement conservateur du duc de Broglie.
Cette sanction renforce sa position dans les milieux républicains locaux. Faure devient membre, puis président de la chambre de commerce du Havre, et siège au tribunal de commerce. Il se construit une réputation d’administrateur méthodique, plus à l’aise avec les dossiers qu’avec les grands affrontements doctrinaux. En août 1881, il est élu député de la Seine-Inférieure. Réélu en 1885, 1889 et 1893, il appartient au courant des républicains modérés, soucieux de stabilité institutionnelle et de développement économique.

De la Chambre des députés au ministère de la Marine
À la Chambre, Félix Faure intervient surtout sur les transports, les douanes, les colonies, le budget et les affaires maritimes. Dès novembre 1881, Gambetta le nomme sous-secrétaire d’État au Commerce et aux Colonies. Il exerce ensuite à plusieurs reprises les fonctions de sous-secrétaire d’État à la Marine, sous Jules Ferry puis Pierre Tirard. Ces passages au gouvernement confortent sa spécialisation : le négociant havrais connaît les ports et le commerce extérieur, tandis que l’élu maîtrise progressivement l’administration navale.
En 1890, ses collègues lui confient la présidence de la commission du budget, poste influent où il défend de nombreux rapports. En mai 1894, Charles Dupuy le choisit comme ministre de la Marine. La France traverse alors une période de tensions politiques, marquée par l’assassinat du président Sadi Carnot et les premiers développements de l’affaire Dreyfus. Faure n’est pas encore l’une des personnalités les plus célèbres du régime, mais son expérience, ses réseaux parlementaires et son image de républicain modéré en font un candidat de compromis.
L’élection à la présidence et la diplomatie franco-russe
Le 17 janvier 1895, après la démission de Jean Casimir-Perier, les députés et sénateurs réunis à Versailles élisent Félix Faure président de la République. Au second tour, il obtient 430 voix contre 361 à Henri Brisson, après le retrait de Waldeck-Rousseau. La Constitution de la Troisième République limite l’action personnelle du chef de l’État, mais Faure entend donner du prestige à la fonction. Sa prestance, son goût du cérémonial et les réceptions de l’Élysée contribuent à façonner l’image d’une présidence visible.
Son mandat est surtout associé à une intense activité diplomatique. En octobre 1896, il accueille à Paris le tsar Nicolas II et l’impératrice Alexandra. Le voyage impérial confirme publiquement l’alliance franco-russe, essentielle pour une France encore isolée face à l’Allemagne. En août 1897, Faure se rend à son tour en Russie et rencontre Nicolas II à Kronstadt. Les cérémonies navales, les échanges de décorations et les manifestations populaires donnent à cette alliance une dimension spectaculaire. Le président effectue aussi de nombreux déplacements en France, particulièrement dans les ports et les villes liées à la marine.
.jpg?width=700)
L’affaire Dreyfus au cœur du mandat
La présidence de Félix Faure coïncide avec l’aggravation de l’affaire Dreyfus. Condamné en 1894, le capitaine Alfred Dreyfus est déporté en Guyane, tandis que de nouveaux éléments mettent en cause le commandant Esterhazy. Le chef de l’État reste attaché à la décision de la justice militaire et se montre hostile à la révision du procès. Cette attitude correspond à celle d’une grande partie des responsables gouvernementaux, soucieux de défendre l’armée, mais elle place Faure du côté des adversaires des dreyfusards au moment où l’affaire divise profondément le pays.
Le 13 janvier 1898, Émile Zola publie dans L’Aurore sa lettre ouverte « J’accuse…! », directement adressée au président de la République. Le texte dénonce les erreurs judiciaires, l’antisémitisme et les responsabilités militaires. Faure ne répond pas publiquement à Zola, qui est poursuivi et condamné. La crise s’amplifie pourtant au fil des révélations. Dans le même temps, l’incident de Fachoda, en 1898, oppose la France et le Royaume-Uni en Afrique. Le retrait français évite la guerre, mais souligne les limites de la politique coloniale et diplomatique du moment.

Une mort soudaine à l’Élysée
Le 16 février 1899, Félix Faure meurt soudainement au palais de l’Élysée, victime d’une attaque cérébrale selon la version officielle. Il avait reçu dans l’après-midi Marguerite Steinheil, avec laquelle il entretenait une relation. Les circonstances intimes du décès alimentent immédiatement rumeurs, plaisanteries et récits contradictoires. Elles ont souvent éclipsé le parcours du négociant devenu président. Les mots cruels attribués à Georges Clemenceau participent durablement à cette mémoire satirique, même si leur formulation exacte varie selon les témoignages.
La disparition du chef de l’État ouvre une vacance politique en pleine affaire Dreyfus. Émile Loubet est élu président deux jours plus tard. Les funérailles nationales de Félix Faure ont lieu le 23 février. Alors que le cortège revient du Père-Lachaise, Paul Déroulède tente d’entraîner le général Roget et ses troupes vers l’Élysée : cette tentative de coup de force échoue. Félix Faure est inhumé au Père-Lachaise, avant l’aménagement de sa concession définitive. Son mandat reste associé au faste présidentiel, à l’alliance franco-russe et aux déchirements politiques de la fin du XIXe siècle.

Principales fonctions et réalisations
- Négociant en cuirs et peaux au Havre à partir de 1865.
- Adjoint au maire du Havre de 1870 à 1873.
- Député de la Seine-Inférieure de 1881 à 1895.
- Sous-secrétaire d’État au Commerce et aux Colonies en 1881-1882.
- Sous-secrétaire d’État à la Marine en 1883-1885 et en 1888.
- Président de la commission du budget de la Chambre à partir de 1890.
- Ministre de la Marine en 1894-1895.
- Président de la République française du 17 janvier 1895 au 16 février 1899.
- Consolidation publique de l’alliance franco-russe par les rencontres de 1896 et 1897.
Distinctions et fonctions honorifiques
- Grand maître de la Légion d’honneur en qualité de président de la République.
- Grand-croix de la Légion d’honneur.
- Chevalier de l’ordre espagnol de la Toison d’or.
- Consul de Grèce au Havre à partir de 1869.
- Président de la chambre de commerce du Havre.