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FABIEN Colonel

Qui est le colonel Fabien ?

Nom : Pierre Félix Georges, dit « colonel Fabien ».
Naissance : 21 janvier 1919, (Paris 19e, France).
Décès : 27 décembre 1944, Habsheim (Haut-Rhin), mort pour la France à 25 ans.
Activités : ouvrier métallurgiste, militant communiste, résistant, chef FFI et FTP.

Où est la tombe du colonel Fabien ?

La tombe collective du colonel Fabien se trouve dans la division 97 du cimetière du Père-Lachaise, dans le carré communiste. Elle réunit Pierre Georges, dit « colonel Fabien », et plusieurs de ses compagnons de la Brigade Fabien morts à la fin de 1944.

Plan des divisions du Père-Lachaise

Le monument funéraire du colonel Fabien au Père-Lachaise

Le colonel Fabien repose en division 97, dans le grand ensemble mémoriel communiste du Père-Lachaise. Sa tombe est collective : elle associe Pierre Georges à plusieurs officiers de la Brigade Fabien morts dans les derniers combats de 1944 et au début de 1945, notamment Marcel Pimpaud, dit le lieutenant-colonel Dax, le capitaine Lebon et le capitaine Pierre Katz.

Le monument porte leurs noms et rappelle le passage de la guérilla de la Résistance à la guerre régulière menée après la Libération. Fabien, Dax, Lebon et Katz sont inhumés au Père-Lachaise le 3 janvier 1945, accompagnés d’un immense cortège.

Tombe du colonel Fabien et de ses compagnons en division 97
Tombe du colonel Fabien et de ses compagnons, division 97. Photo : William Jexpire / Wikimedia Commons, licence indiquée sur la page source.
Monument à la Brigade Fabien au Père-Lachaise
Monument à la Brigade Fabien, division 97. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie du colonel Fabien

Pierre Georges naît le 21 janvier 1919 à Paris, dans une famille ouvrière engagée. Son père, Félix Georges, ouvrier boulanger, milite à la CGTU puis au Parti communiste. Sa mère, Blanche Gaillourdet, meurt de la tuberculose en 1928. Il grandit dans le XIXe arrondissement et devient ouvrier métallurgiste. Très jeune, il adhère aux Jeunesses communistes.

Portrait du colonel Fabien publié dans La Défense en 1945
Portrait du colonel Fabien publié dans La Défense en 1945. Domaine public, via Wikimedia Commons.

Espagne et clandestinité

En 1936, alors que la guerre civile éclate en Espagne, Pierre Georges s’engage dans les Brigades internationales pour défendre la République contre les forces franquistes. Cette expérience militaire et politique est déterminante. De retour en France, il poursuit son activité militante. Après le pacte germano-soviétique et l’interdiction du Parti communiste, il est arrêté en novembre 1939 pour menées dites « anti-françaises ». Il s’évade lors d’un transfert en train et entre dans la clandestinité.

Affiche de solidarité avec l’Espagne républicaine en 1937
Affiche de solidarité avec l’Espagne républicaine, 1937. Bibliothèque nationale de France, CC0, via Wikimedia Commons.

Au début de l’Occupation, il utilise plusieurs noms de guerre, notamment « Fredo », puis « Fabien ». Envoyé en Corse au début de 1941 sous une fausse identité, il contribue à y organiser les premiers réseaux de Résistance communiste. Rappelé à Paris, il participe à la mise en place des groupes armés qui deviendront les Francs-tireurs et partisans (FTP).

L’attentat de Barbès

Le 21 août 1941, Pierre Georges abat l’aspirant de marine allemand Alfons Moser à la station de métro Barbès-Rochechouart. Cet acte est souvent présenté comme le premier attentat mortel commis à Paris contre un officier allemand depuis le début de l’Occupation. Il marque une rupture dans l’histoire de la Résistance armée et entraîne une répression accrue : arrestations, prises d’otages et exécutions. Son père est arrêté en juin 1942, désigné comme otage en raison des activités de son fils, puis fusillé au Mont-Valérien.

Affiche allemande annonçant la répression après l’attentat de Barbès en août 1941
Affiche des autorités allemandes annonçant la répression après l’attentat de Barbès, 22 août 1941. Bibliothèque nationale de France, domaine public, via Wikimedia Commons.

Fabien devient dès lors une cible majeure de la police française et de la Gestapo. Il poursuit pourtant les opérations clandestines, l’organisation de groupes combattants et les sabotages. Son pseudonyme devient un symbole, au point de dépasser la personne de Pierre Georges dans la mémoire de la Résistance communiste.

La Libération de Paris

À l’approche de l’insurrection d’août 1944, Fabien reçoit la responsabilité du sud de la Seine et dirige un groupe de choc, le détachement de la garde. Ses hommes interviennent dans les combats de la Libération de Paris. Le 25 août, il participe avec ses FFI à l’attaque du palais du Luxembourg, encore tenu par une garnison allemande. Ces combats s’inscrivent dans les derniers jours de l’occupation de la capitale, parallèlement à l’arrivée de la 2e division blindée du général Leclerc.

Résistants durant l’insurrection de Paris en août 1944
Résistants durant l’insurrection de Paris en août 1944. Comité de Libération du Cinéma Français, domaine public, via Wikimedia Commons.

La Brigade Fabien et la mort en Alsace

Après la Libération, des volontaires venus des FFI et des FTP forment autour de lui une unité qui prend son nom : la Brigade Fabien, 1er régiment de Paris. Elle passe progressivement de la guérilla aux opérations militaires classiques. Rattachée aux forces françaises combattant dans l’Est, elle devient le Groupement tactique de Lorraine.

Le 27 décembre 1944, à Habsheim, Pierre Georges présente à son état-major le fonctionnement d’une mine supposée désamorcée. L’engin explose. Le colonel Fabien, le lieutenant-colonel Dax, le capitaine Lebon et Gilberte Lavaire, dite Nicole, sont tués ; le capitaine Katz meurt peu après de ses blessures. Pierre Georges a vingt-cinq ans. Les circonstances précises de l’explosion ont suscité des interrogations, mais sa mort au front est reconnue comme une mort pour la France.

Une mémoire durable

Dès 1945, son nom est donné à la place du Colonel-Fabien, à Paris. Son image demeure centrale dans la mémoire de la Résistance communiste et dans les hommages publics rendus aux FTP. Sa trajectoire, très brève, va du militantisme ouvrier aux Brigades internationales, puis à la Résistance armée et aux combats de la Libération.

Plaque de la place du Colonel-Fabien à Paris
Plaque de la place du Colonel-Fabien à Paris. Photo : Chabe01, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Repères

  • Engagement dans les Brigades internationales en Espagne (1936).
  • Organisation de la Résistance communiste en Corse (1941).
  • Attentat de Barbès contre l’aspirant Moser (21 août 1941).
  • Chef des FTP et des unités de choc FFI à la Libération de Paris.
  • Commandant de la Brigade Fabien, devenue 1er régiment de Paris.

Distinctions et hommages

  • Mort pour la France.
  • Place du Colonel-Fabien à Paris, dénommée en son honneur depuis 1945.
  • Monument à la Brigade Fabien au Père-Lachaise, division 97.