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EYMAR DU BIGNOSC Ange Marie d’

Qui est Ange Marie d’Eymar du Bignosc ?

Nom complet : Ange Marie d’Eymar du Bignosc.
Date et lieu de naissance : 8 septembre 1747, Forcalquier, Provence.
Date et lieu de décès : 11 janvier 1803, Genève, département du Léman.
Activités : homme politique, député, diplomate, haut fonctionnaire.
Fonctions principales : député de la noblesse aux États généraux et à l’Assemblée constituante ; ambassadeur de France à Turin ; préfet du Léman.

Où est la tombe d’Eymar du Bignosc ?

La tombe se situe en division 17.

Plan des divisions du Père-Lachaise

Le monument funéraire d’Ange Marie d’Eymar du Bignosc au Père-Lachaise

Le monument se situe en division 17, chemin de La Bédoyère, sixième ligne. Il s’agit d’un carditaphe : la dépouille d’Anne-Catherine-Rosalie Decourt, veuve d’Ange Marie d’Eymar, y repose avec le cœur de son époux, mort à Genève quinze ans plus tôt.

La longue inscription funéraire insiste sur l’union du couple et les titres publics d’Eymar : « membre de l’Assemblée constituante, ambassadeur de France à Turin, préfet du département du Léman ». Elle exprime aussi, dans la langue sensible de l’époque, le souvenir d’un époux « qui fait la gloire de sa femme et lui dut le bonheur de sa vie ».

Sépulture d’Ange Marie d’Eymar du Bignosc en division 17 du Père-Lachaise
La sépulture d’Ange Marie d’Eymar du Bignosc, division 17. Photo : Wikimedia Commons, licence indiquée sur la page source.

Biographie d’Ange Marie d’Eymar du Bignosc

Ange Marie d’Eymar du Bignosc naît le 8 septembre 1747 à Forcalquier, en Provence. Issu de la noblesse locale, il reçoit une formation qui le porte vers les lettres et la réflexion politique. Avant la Révolution, il se fait surtout connaître par son goût de la littérature et son admiration pour les philosophes des Lumières. Il entretient notamment le souvenir d’une proximité de jeunesse avec Jean-Jacques Rousseau, auquel il demeurera attaché.

Un noble favorable aux réformes

Au début de 1789, la crise financière et politique de la monarchie pousse le royaume à convoquer les États généraux. D’Eymar publie alors plusieurs textes dans lesquels il met en cause l’intransigeance des ordres privilégiés et le risque qu’elle fait courir à l’État. Cette position le distingue d’une partie de la noblesse : il ne renonce pas à son rang, mais considère que les institutions doivent évoluer.

Élu député de la noblesse de la sénéchaussée de Forcalquier, il rejoint Versailles au printemps 1789. Il compte parmi les premiers députés nobles qui se rallient au Tiers état, geste décisif dans la constitution de l’Assemblée nationale. Durant l’Assemblée constituante, il siège de 1789 à 1791. En décembre 1790, il demande que des honneurs importants soient rendus à Rousseau, dont les idées continuent de nourrir son imaginaire politique.

La mission auprès de l’armée des Alpes

La période révolutionnaire le conduit ensuite vers des responsabilités administratives et diplomatiques. Nommé commissaire de la République chargé de la surveillance de l’armée des Alpes, il est placé au cœur d’une zone stratégique, à la frontière des États italiens. Dans l’été 1793, alors qu’il réside à Gênes, il s’oppose à Barras et Fréron, qui accusent le général Gaspard Brunet de trahison. L’épisode illustre les tensions politiques et militaires d’une République en guerre, où les rivalités entre représentants et généraux prennent souvent une dimension tragique.

Ambassadeur à Turin

Sous le Directoire, d’Eymar est nommé ambassadeur de France à Turin. Il participe aux préliminaires de paix de Villafranca avec le Piémont, dans le contexte des premières victoires de Bonaparte lors de la campagne d’Italie de 1796-1797. Cette fonction réclame une connaissance précise des équilibres italiens : le Piémont-Sardaigne doit composer avec la pression militaire française et avec la recomposition rapide de la péninsule.

Il demeure en Italie jusqu’en 1800. Ses écrits et ses relations témoignent d’une sensibilité durable aux arts, à la littérature et aux idées de son siècle. Il consacre notamment une notice à Déodat de Dolomieu, naturaliste et géologue qu’il avait côtoyé, et publie en 1802 un recueil de poésies, Les Amusements de ma solitude. Il laisse également des anecdotes consacrées au violoniste Giovanni Battista Viotti, rencontré à Turin.

Préfet du Léman à Genève

En 1800, le gouvernement le nomme préfet du département du Léman, dont Genève est le chef-lieu. La ville fait alors partie de la France, de 1798 à 1813. D’Eymar y exerce jusqu’à sa mort, le 11 janvier 1803. Son administration s’inscrit dans la mise en place de l’État préfectoral, fondé sous le Consulat pour relayer l’autorité centrale dans les départements.

À Genève, il fait élever une statue de Voltaire, autre signe de son attachement à la culture des Lumières. Franc-maçon, il appartient également à la loge genevoise La Fraternité, fondée en 1798 et rattachée au Grand Orient de France. Son parcours relie ainsi la Provence des États généraux, les enjeux de la Révolution dans les Alpes et l’Italie, puis la Genève française du Consulat.

Une mémoire partagée entre Genève et Paris

Mort à Genève à cinquante-cinq ans, Ange Marie d’Eymar est séparé de son épouse, Anne-Catherine-Rosalie Decourt. Lors de la mort de celle-ci, en 1818, son cœur est placé auprès d’elle dans la sépulture familiale du Père-Lachaise. Le monument de la division 17 ne raconte donc pas seulement une carrière publique : il conserve un geste funéraire intime, destiné à réunir symboliquement les époux après quinze années de séparation.

Signature d’Ange Marie d’Eymar du Bignosc
Signature d’Ange Marie d’Eymar du Bignosc. Source : Wikimedia Commons, licence indiquée sur la page source.

Œuvres principales

  • Les Amusements de ma solitude, poésies, 1802.
  • Notice historique sur la vie et les écrits de Dolomieu.
  • Anecdotes consacrées au violoniste Giovanni Battista Viotti.

Fonctions et mandats

  • Député de la noblesse de la sénéchaussée de Forcalquier aux États généraux de 1789.
  • Membre de l’Assemblée constituante (1789-1791).
  • Commissaire de la République auprès de l’armée des Alpes.
  • Ambassadeur de France à Turin sous le Directoire.
  • Préfet du département du Léman (1800-1803).