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DUKAS Paul

Qui est Paul Dukas ?

Date de naissance : 1er octobre 1865 (Paris, France).
Date du décès : 17 mai 1935 (Paris, France), à 69 ans.
Activité principale : compositeur, critique musical et professeur de composition.
Œuvres majeures : L’Apprenti sorcier, Ariane et Barbe-Bleue, La Péri, la Symphonie en ut.

Où se trouve l’urne de Paul Dukas ?

Paul Dukas n’a pas de tombe en pleine terre. Ses cendres reposent au columbarium du Père-Lachaise, division 87, case 4938, sur la façade extérieure.

Plan noir et blanc des divisions du cimetière du Père-Lachaise
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise.

La case funéraire de Paul Dukas au columbarium du Père-Lachaise

La case 4938 porte simplement l’inscription « Paul Dukas 1865-1935 ». Elle est intégrée à l’architecture du columbarium, conçu par Jean-Camille Formigé, dont les galeries de niches composent l’un des ensembles funéraires les plus singuliers du Père-Lachaise. La sobriété de cette plaque est à l’image d’un compositeur qui détruisit une grande part de ses manuscrits et ne conserva qu’un catalogue très resserré.

Case 4938 de Paul Dukas au columbarium
Case 4938 de Paul Dukas au columbarium. Photo : Didier Descouens, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Urne de Paul Dukas au columbarium du Père-Lachaise
Urne de Paul Dukas au columbarium du Père-Lachaise. Photo via Wikimedia Commons.

Biographie de Paul Dukas

Paul Dukas est l’un des compositeurs français les plus admirés et les plus insaisissables de son temps. Son nom reste indissociable de L’Apprenti sorcier, devenu universel, mais son œuvre complète révèle un musicien d’une exigence exceptionnelle, critique redouté, pédagogue aimé et créateur dont le perfectionnisme conduisit à détruire nombre de partitions. Cette rareté n’a jamais diminué son influence : elle a renforcé l’idée d’un artiste qui ne consentait à publier qu’une musique pleinement accomplie.

Portrait photographique de Paul Dukas
Portrait de Paul Dukas. Source : Bibliothèque nationale de France, domaine public, via Wikimedia Commons.

Une formation parisienne et des amitiés décisives

Né à Paris le 1er octobre 1865 dans une famille juive aisée, Paul Dukas perd sa mère très tôt. Il se tourne tardivement vers la musique, mais travaille le piano et l’harmonie avec une rapidité remarquable. Au Conservatoire de Paris, il étudie avec Théodore Dubois et Ernest Guiraud. Il y côtoie Claude Debussy, dont il restera proche malgré des tempéraments et des langages différents. Les deux musiciens partagent une méfiance envers les recettes académiques et un goût aigu pour l’orchestre.

Portrait du compositeur Claude Debussy en 1908
Claude Debussy, ami de Paul Dukas, photographié par Otto Wegener en 1908. domaine public, via Wikimedia Commons.

Dukas tente à plusieurs reprises le prix de Rome sans l’obtenir. Cette déception ne l’éloigne pas de la composition. Elle contribue plutôt à le placer dans une position indépendante, attentif à Wagner, à Beethoven, à Berlioz et à la tradition française. Très tôt, il écrit aussi comme critique musical : ses articles sont précis, cultivés et parfois sévères, mais toujours guidés par le souci de comprendre la forme et l’orchestration.

L’Apprenti sorcier, une célébrité mondiale

Composé en 1897 d’après la ballade de Goethe, L’Apprenti sorcier donne à Dukas une notoriété immédiate. Le poème symphonique raconte avec une clarté presque théâtrale l’emballement des balais enchantés qu’un apprenti incapable de les arrêter voit envahir son atelier. La virtuosité de l’orchestration, le sens du crescendo et l’humour de la partition expliquent son succès durable. Bien avant que Walt Disney ne la popularise dans Fantasia, l’œuvre s’était imposée dans les programmes symphoniques.

Illustration de L’Apprenti sorcier par Ferdinand Barth en 1882
L’Apprenti sorcier, illustration de Ferdinand Barth pour les œuvres de Goethe, 1882. domaine public, via Wikimedia Commons.

Le succès ne le rend pas plus prolixe. Sa Symphonie en ut, écrite dans les années 1890, et l’ouverture de Polyeucte révèlent un musicien attaché à la rigueur de l’architecture classique, mais dont les couleurs harmoniques annoncent le XXe siècle. Dukas compose lentement, reprend beaucoup et supprime sans regret ce qui ne lui semble pas répondre à ses propres exigences.

Ariane, La Péri et l’art de l’orchestre

Son unique opéra achevé, Ariane et Barbe-Bleue, sur un livret de Maurice Maeterlinck, est créé à l’Opéra-Comique en 1907. Il s’agit moins d’une simple réécriture du conte que d’une œuvre où l’héroïne refuse la peur et tente de libérer les femmes enfermées par Barbe-Bleue. L’orchestre porte l’essentiel du drame, dans une écriture dense et lumineuse qui fut souvent comparée, avec prudence, à celle de Debussy.

Scènes d’Ariane et Barbe-Bleue lors de la création parisienne de 1907
Scènes des actes I et III d’Ariane et Barbe-Bleue, Paris, 10 mai 1907. Source : Bibliothèque nationale de France, domaine public, via Wikimedia Commons.

En 1912, Dukas compose le ballet La Péri pour Natalia Trouhanova. La fanfare qui précède la partition est devenue l’une des pages les plus jouées du répertoire français. Ces œuvres, très différentes, confirment son extraordinaire maîtrise instrumentale. Elles montrent aussi que Dukas ne se limite pas au symbole de l’apprenti : son langage peut être dramatique, sensuel, mystérieux ou éclatant, mais demeure toujours contrôlé.

Premières mesures de la Fanfare pour précéder La Péri de Paul Dukas
Premières mesures de la Fanfare pour précéder La Péri. Relevé : Flopinot2012, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.

Le professeur et le critique

Après la Première Guerre mondiale, Paul Dukas devient une figure majeure de l’enseignement musical français. Il est nommé professeur de composition au Conservatoire de Paris en 1928 et enseigne aussi à l’École normale de musique. Parmi ses élèves figurent Olivier Messiaen, Maurice Duruflé, Jean Langlais, Elsa Barraine et Joaquín Rodrigo. Ses élèves retiennent un professeur d’une haute exigence, attentif aux singularités de chacun et hostile aux imitations.

Son activité de critique complète cette transmission. Dukas analyse les œuvres de ses contemporains avec une indépendance qui lui vaut l’estime du monde musical. Il ne défend pas une école unique : ses écrits révèlent plutôt un esprit curieux, soucieux de la cohérence de chaque partition. Dans les dernières années de sa vie, il travaille encore à de nouveaux projets, mais laisse peu d’œuvres achevées.

Paul Dukas meurt le 17 mai 1935 à Paris. Conformément à une pratique fréquente au Père-Lachaise, ses cendres sont déposées au columbarium. La case 4938, façade extérieure, préserve la mémoire d’un compositeur dont la postérité tient autant à quelques chefs-d’œuvre parfaitement polis qu’à l’influence profonde exercée sur la musique française du XXe siècle.

Le prix du perfectionnisme

La légende de Dukas est indissociable de ses destructions de manuscrits. Il ne s’agit pas d’un geste d’hostilité envers le public, mais de la conséquence d’une exigence qui le poursuit toute sa vie. Des partitions de jeunesse, des projets d’opéra et des œuvres en chantier disparaissent ainsi. Cette rigueur explique le nombre réduit de pages officiellement conservées ; elle rend d’autant plus perceptible leur densité. Chaque œuvre publiée témoigne d’un travail long, où l’écriture, l’équilibre des formes et la couleur orchestrale ont été minutieusement pesés.

Son influence dépasse donc largement son catalogue. Par ses articles, par son enseignement et par l’exemple de ses partitions, Dukas devient un repère pour les compositeurs de l’entre-deux-guerres. Messiaen, qui fut son élève, conservera de lui le souvenir d’un maître attentif, exigeant et généreux. Dukas n’a jamais cherché à constituer une école à son nom : il défendait avant tout la nécessité pour chaque musicien de trouver sa propre nécessité intérieure.

Œuvres principales

  • 1890 : ouverture Polyeucte.
  • 1896 : Symphonie en ut.
  • 1897 : L’Apprenti sorcier.
  • 1907 : opéra Ariane et Barbe-Bleue.
  • 1912 : ballet La Péri et sa fanfare.
  • 1908-1913 : Variations, interlude et finale sur un thème de Rameau.

Distinctions et fonctions

  • 1910 : élu à l’Académie des beaux-arts.
  • 1928-1935 : professeur de composition au Conservatoire de Paris.
  • Années 1920-1930 : professeur de composition à l’École normale de musique de Paris.