Qui est Paul Dubois ?
Date de naissance : 18 juillet 1829 (Nogent-sur-Seine, Aube, France).
Date du décès : 23 mai 1905 (Paris, France), à 75 ans.
Activité principale : sculpteur, peintre et administrateur des beaux-arts.
Œuvres emblématiques : Le Chanteur florentin, Saint Jean-Baptiste enfant, Jeanne d’Arc, le monument du général de Lamoricière.
Où se trouve la tombe de Paul Dubois ?
Paul Dubois repose dans la division 9 du cimetière du Père-Lachaise, près de l’avenue latérale du Sud et du chemin du Père-Éternel.

Le monument funéraire de Paul Dubois au Père-Lachaise
La sépulture de Paul Dubois est elle-même une œuvre de sculpteur. Le monument est orné d’une statue en bronze représentant sa mère, ainsi que de reliefs. Il donne au caveau une gravité retenue, conforme à l’art de Dubois : le sentiment y est présent, mais sans emphase ni pathos.
La figure féminine, traitée avec une grande simplicité, fait de cette tombe un hommage familial autant qu’un manifeste esthétique. Elle rappelle que Dubois, grand praticien du bronze et du marbre, savait inscrire la mémoire dans des formes lisibles, héritées de la Renaissance italienne et réinterprétées par la sculpture française du XIXe siècle.
.jpg?width=750)


Biographie de Paul Dubois
Paul Dubois fut l’une des figures les plus sûres de la sculpture française de la seconde moitié du XIXe siècle. Formé au dessin, à la peinture et au modelage, admirateur attentif de l’Italie de la Renaissance, il sut imposer une manière reconnaissable entre toutes : une élégance ferme, un sens du mouvement contenu et une émotion jamais forcée. Ses statues, ses monuments publics et ses responsabilités à l’École des beaux-arts ont donné à son nom une place durable dans l’histoire de l’art académique français.
De Nogent-sur-Seine aux Beaux-Arts
Né le 18 juillet 1829 à Nogent-sur-Seine, Paul Dubois appartient à une famille aisée. Son père, François-Antoine Dubois, est notaire royal, maire de la ville et conseiller général de l’Aube. Il est aussi le petit-neveu du sculpteur Jean-Baptiste Pigalle : ce lien familial ne décide pas à lui seul d’une vocation, mais il inscrit son goût artistique dans une histoire déjà présente. Après des études de droit, Dubois choisit l’art. Il entre à l’École des beaux-arts de Paris dans l’atelier d’Armand Toussaint, où l’enseignement du dessin et du modèle vivant lui donne les bases d’un métier exigeant.
.png?width=650)
Entre 1859 et 1863, il séjourne à Rome. Ce voyage, traditionnel dans la formation des artistes français, se révèle décisif. Dubois y étudie l’équilibre des statues de la Renaissance, l’intensité psychologique des figures de Donatello et de Michel-Ange, ainsi que la dignité des monuments funéraires italiens. Il ne cherchera jamais à imiter servilement ces maîtres, mais leur leçon le conduit à rompre avec les effets trop théâtraux. La critique verra bientôt en lui l’un des chefs de file des « néo-Florentins », artistes français qui renouvellent la tradition en puisant dans le Quattrocento.
Les premiers succès au Salon
Dubois débute au Salon de 1860 avec un buste et une figure d’enfant. L’année suivante, son Saint Jean-Baptiste enfant attire l’attention. Le sujet religieux est traité sans surcharge : le jeune saint, modelé avec précision, n’est ni une image pieuse figée ni une scène sentimentale. Le bronze, diffusé par la maison Barbedienne, permet à l’œuvre de circuler largement et d’installer sa réputation auprès des collectionneurs comme des institutions.

Le Chanteur florentin, présenté en 1865, confirme cette orientation. La statue ne raconte pas un épisode précis ; elle concentre un instant de musique dans une pose d’une extrême maîtrise. Le visage, les mains et la draperie traduisent une intériorité qui séduit le public. Dubois ne renonce pas au réalisme, mais il le transforme par une recherche d’harmonie. Il devient rapidement l’un des sculpteurs les plus appréciés de sa génération.
Les grands monuments et la reconnaissance officielle
La carrière de Dubois se développe ensuite dans le domaine monumental. Pour le cénotaphe du général de Lamoricière dans la cathédrale de Nantes, il réalise quatre grandes figures allégoriques : la Charité, la Foi, la Méditation et le Courage militaire. Conçues dans les années 1860, elles témoignent de son goût pour les figures assises ou méditatives, dont le volume calme n’exclut ni la puissance ni la présence morale. Le Courage militaire, inspiré des tombeaux médicéens de Michel-Ange, est l’une des réalisations les plus célèbres de cet ensemble.

Dubois réalise aussi une grande Jeanne d’Arc, inaugurée à Reims, et de nombreux bustes, portraits et sculptures décoratives. Sa production ne se limite pas au bronze : il peint également, dessine sans cesse et prépare ses œuvres par des études attentives. Cette pluralité nourrit sa sculpture. Les œuvres de maturité montrent un artiste qui n’oppose jamais la ligne au volume, ni le travail savant à la lisibilité publique.

Un artiste au service des institutions
La reconnaissance de Dubois est aussi institutionnelle. Il est conservateur du musée du Luxembourg, puis directeur de l’École nationale des beaux-arts. Ces fonctions lui donnent un rôle majeur dans la vie artistique française. Il participe à la formation des jeunes générations tout en défendant une conception exigeante du métier : la maîtrise technique ne doit pas étouffer l’invention, mais l’invention ne peut s’affranchir du travail.
Membre de l’Institut, exposé dans les grands Salons et présent dans de nombreuses commandes publiques, Dubois incarne alors un art reconnu par l’État comme par les amateurs. Cette réussite n’a rien d’une simple carrière administrative. Elle repose sur une œuvre déjà largement diffusée, notamment grâce aux éditions en bronze, et sur une personnalité dont les contemporains saluent la réserve, la rigueur et la fidélité à une idée élevée de la sculpture.

Dernières années et postérité
Paul Dubois meurt à Paris le 23 mai 1905. Sa disparition marque la fin d’une génération qui avait fait de la sculpture monumentale l’un des arts majeurs de la France du XIXe siècle. Son œuvre reste très présente dans les musées et dans l’espace public, à Nogent-sur-Seine, Reims, Nantes, Paris et dans plusieurs collections étrangères. Le musée Camille Claudel de Nogent-sur-Seine conserve notamment un ensemble important permettant de suivre son travail de sculpteur, de peintre et de dessinateur.
Son tombeau du Père-Lachaise est une conclusion particulièrement juste à cette trajectoire. En plaçant sur sa propre sépulture une figure maternelle de bronze, Dubois a uni l’intime et le monumental. Ce geste résume son art : donner à l’émotion une forme durable, maîtrisée et profondément humaine.
Œuvres principales
- 1861 : Saint Jean-Baptiste enfant.
- 1865 : Le Chanteur florentin.
- années 1860 : figures du cénotaphe du général de Lamoricière, cathédrale de Nantes : Charité, Foi, Méditation et Courage militaire.
- 1874 : Jeanne d’Arc, Reims.
- 1889 : buste de Pasteur.
- Tombeau familial au Père-Lachaise : statue en bronze de sa mère et reliefs.
Distinctions et fonctions
- 1867 : médaille d’honneur à l’Exposition universelle de Paris.
- À partir de 1876 : conservateur du musée du Luxembourg.
- 1881 : élu membre de l’Académie des beaux-arts.
- À partir de 1891 : directeur de l’École nationale des beaux-arts.