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DELAMARRE Théodore-Casimir

Qui est Théodore-Casimir Delamarre ?

Date de naissance : 16 janvier 1797 (Dancourt, Seine-Maritime, France).
Date du décès : 18 février 1870 (Boulogne-sur-Seine, aujourd’hui Boulogne-Billancourt), à 73 ans.
Activité principale : Banquier, patron de presse et homme politique.
Autre nom : Théodore-Casimir Delamarre de Monchaux.

Où se trouve la tombe de Théodore-Casimir Delamarre ?

Théodore-Casimir Delamarre repose au cimetière du Père-Lachaise, division 60.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Théodore-Casimir Delamarre au Père-Lachaise

La sépulture Delamarre, dans la division 60, est un monument familial de grande dimension, organisé autour d’un haut tombeau de pierre. Les inscriptions rappellent la place de cette famille de banquiers, de propriétaires et d’artistes dans la société parisienne du XIXe siècle. Elle accueille notamment le souvenir de Théodore-Casimir Delamarre et celui de ses descendants.

Par son aspect monumental, le tombeau reflète la réussite sociale de son propriétaire : régent de la Banque de France, patron de journal et député sous le Second Empire. Il est l’un des repères de la division 60.

Tombe Delamarre, division 60 du Père-Lachaise
Tombe Delamarre, division 60 du Père-Lachaise. Photo : Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Détail de la sépulture Delamarre au Père-Lachaise
Détail de la sépulture Delamarre. Photo : Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Biographie de Théodore-Casimir Delamarre

Des débuts sous la Restauration à la banque

Né à Dancourt en 1797, Théodore-Casimir Delamarre est le fils d’un magistrat. Il débute sous la Restauration comme garde du corps de Louis XVIII, de 1818 à 1822. Cette première expérience le place au contact des élites monarchiques, mais c’est dans la finance qu’il bâtit sa fortune et sa réputation.

Associé à une importante maison parisienne, il devient l’un des dirigeants de la banque Delamarre, Martin-Didier et Cie. Cette activité le conduit au Conseil d’escompte de la Banque de France, où il siège de 1830 à 1834, avant d’être régent de 1834 à 1846. Ces fonctions le placent au cœur du crédit, de l’escompte et des relations entre les grandes maisons de banque et l’économie française.

Transports parisiens et spéculations urbaines

Delamarre s’intéresse aussi aux affaires urbaines. À partir de 1835, il participe à la concentration de plusieurs entreprises de voitures de place parisiennes. Ces sociétés fusionnent en 1838 au sein de la Société des voitures de place de Paris. Avant les grands réseaux modernes, ce secteur des transports était déjà un enjeu majeur : il associait concessions, capitaux, circulation dans la capitale et services rendus aux habitants.

Il possède par ailleurs des intérêts immobiliers à Boulogne. Il devient propriétaire du parc des Princes, quartier alors transformé dans le cadre de l’urbanisation de l’ouest parisien sous le Second Empire. Il y meurt en 1870, quelques mois avant la chute du régime auquel il avait apporté son soutien.

La Patrie : un banquier à la tête d’un quotidien

Son nom est également attaché à la presse. Il acquiert en 1844 le quotidien La Patrie, auquel il consacre une part importante de sa fortune. Sous sa direction, le journal connaît une forte progression et devient l’un des titres conservateurs importants de la capitale. Delamarre s’implique personnellement dans la rédaction, dirige la ligne du journal et accueille des journalistes de talent.

Il possède aussi La Commune et L’Esprit public. Au moment du coup d’État du 2 décembre 1851, La Patrie fait partie des rares journaux dont la propriété n’est pas atteinte. Cette continuité permet à Delamarre de soutenir le rétablissement de l’Empire, puis de faire de son quotidien un organe favorable à la majorité dynastique.

Député de la Somme et homme du Second Empire

Élu député de la Somme au Corps législatif en 1852, Théodore-Casimir Delamarre siège avec la majorité favorable à Napoléon III. Il ne retrouve pas son mandat lors des élections de 1857 et se consacre alors davantage à ses affaires et à La Patrie. Cette double identité de financier et de directeur de journal illustre un mode d’influence très caractéristique du XIXe siècle, où le crédit, la propriété de presse et la politique se renforcent mutuellement.

Vie familiale, spiritisme et intérêts intellectuels

Il épouse sa cousine Madeleine-Héloïse Martin, fille du banquier Didier Martin. Plusieurs de leurs descendants portent le nom Delamarre de Monchaux ; parmi eux figurent des peintres, des naturalistes et des entrepreneurs. Son fils Théodore Didier Delamarre est artiste peintre, ce qui inscrit aussi la famille dans les milieux artistiques de son temps.

Delamarre est connu pour son intérêt très marqué pour le spiritisme et le magnétisme, notamment dans ses relations avec Allan Kardec. Les récits contemporains rapportent qu’il accordait une place singulière aux séances de tables tournantes dans sa vie privée comme dans la conduite de ses affaires. Cet aspect étonnant de sa personnalité contraste avec l’image plus classique du régent de banque et du patron de presse.

Carte de l'Europe orientale publiée par Casimir Delamarre en 1868
Carte linguistique, ethnographique et politique de l’Europe orientale publiée par Casimir Delamarre en 1868. Domaine public, via Wikimedia Commons.

Fonctions et repères

  • Membre du Conseil d’escompte de la Banque de France, 1830-1834.
  • Régent de la Banque de France, 1834-1846.
  • Directeur et propriétaire du quotidien La Patrie.
  • Député de la Somme au Corps législatif, 1852-1857.
  • Président du cercle du Jockey Club ; comte romain.