Qui est Cino Del Duca ?
Date de naissance : 25 juillet 1899 (Montedinove, Marches, Italie).
Date du décès : 24 mai 1967 (Milan, Italie), à 67 ans.
Activité principale : Éditeur de presse, producteur de cinéma et philanthrope.
Nom de naissance : Pacifico Del Duca.
Où se trouve la tombe de Cino Del Duca ?
Cino Del Duca repose au cimetière du Père-Lachaise, division 53, avec son épouse Simone Del Duca.

Le monument funéraire de Cino Del Duca au Père-Lachaise
Dans la division 53, le tombeau de Cino et Simone Del Duca compte parmi les monuments contemporains les plus remarquables du Père-Lachaise. Il a été conçu par le sculpteur italien Francesco Messina. La composition associe une architecture de pierre claire et une figure sculptée qui donne à la sépulture une présence à la fois solennelle et intimiste. L’inscription réunit les deux époux : « Cino 1899-1967 » et « Simone 1912-2004 ».
Cette tombe correspond à l’importance prise par le couple dans la vie culturelle française du XXe siècle. Après la disparition de Cino Del Duca, Simone poursuivit son œuvre de mécénat et créa la fondation qui porte leurs noms.


Biographie de Cino Del Duca
Des Marches italiennes à Paris
Né Pacifico Del Duca dans une famille modeste de Montedinove, dans les Marches italiennes, Cino Del Duca appartient à cette génération d’entrepreneurs qui font de la presse populaire un immense marché culturel. Il arrive en France en 1923. Paris devient bientôt le centre de son activité : il y découvre un public nouveau, des techniques de diffusion de masse et la puissance des récits illustrés.
Son parcours est d’abord celui d’un éditeur attentif aux goûts de ses lecteurs. Il ne cherche pas à imposer une presse réservée à quelques-uns : il construit au contraire des journaux, des magazines et des collections accessibles, reposant sur le feuilleton, le roman sentimental, le dessin, l’information pratique et les vedettes du cinéma. Cette intuition, jointe à une très grande énergie commerciale, lui permet de bâtir un groupe de presse franco-italien.

Les Éditions mondiales et la presse populaire
Les Éditions mondiales deviennent le principal instrument de cette réussite. Le groupe publie notamment des titres qui marquent durablement la presse de loisir et de divertissement, parmi lesquels Nous Deux, Télé Poche et le quotidien Paris-Jour. L’ambition de Del Duca est à la fois industrielle et éditoriale : produire beaucoup, diffuser largement, tout en donnant à ses lecteurs le sentiment que le journal s’adresse directement à leur vie quotidienne.
La bande dessinée et le roman illustré occupent aussi une place importante dans cette aventure. En publiant des récits populaires et des magazines à très grand tirage, Cino Del Duca participe à l’installation, en France, d’une culture de masse moderne. Ses entreprises font travailler rédacteurs, dessinateurs, imprimeurs et distributeurs ; elles contribuent à faire de la presse un objet familier dans les foyers de l’après-guerre.
Simone Del Duca, compagne et héritière de l’œuvre
En 1947, il épouse Simone Nirouet. Elle l’accompagne dans le développement de ses activités, puis joue un rôle décisif après sa mort. Leur couple est au cœur de l’histoire de la fondation Del Duca : Cino apporte l’expérience de l’éditeur et du producteur ; Simone transforme la fortune acquise en un mécénat durable consacré aux arts, aux lettres et aux sciences.
Le cinéma : du succès populaire au cinéma d’auteur
À partir des années 1950, Del Duca se tourne vers la production cinématographique. Sa société contribue à financer des films de premier plan, parmi lesquels Touchez pas au grisbi de Jacques Becker, L’Avventura de Michelangelo Antonioni et Accattone de Pier Paolo Pasolini. Ce catalogue montre que son activité ne se limite pas au divertissement de masse : il accepte aussi de soutenir des cinéastes dont les œuvres, exigeantes et novatrices, marquent l’histoire du cinéma européen.
Une postérité philanthropique
Cino Del Duca meurt à Milan le 24 mai 1967. Deux ans plus tard, Simone crée le Prix mondial Cino Del Duca, puis, en 1975, la Fondation Simone et Cino Del Duca. Placée sous l’égide de l’Institut de France, celle-ci soutient depuis lors la recherche scientifique, la culture, la littérature et des actions de solidarité. Le prix mondial porte son nom auprès d’écrivains et de penseurs dont l’œuvre témoigne d’un humanisme vivant.
Le souvenir de Cino Del Duca dépasse donc celui d’un patron de presse. Il fut l’un des artisans d’une presse populaire ambitieuse, un producteur ouvert au cinéma d’auteur et, par la volonté de Simone Del Duca, l’origine d’un mécénat qui continue de faire vivre les arts et les sciences.
Principaux titres et productions
- Nous Deux, magazine populaire.
- Télé Poche, hebdomadaire de programmes.
- Paris-Jour, quotidien.
- Touchez pas au grisbi (Jacques Becker, 1954).
- L’Avventura (Michelangelo Antonioni, 1960).
- Accattone (Pier Paolo Pasolini, 1961).
Distinctions et postérité
- Fondateur et dirigeant des Éditions mondiales, devenues l’un des grands groupes de presse français.
- Prix mondial Cino Del Duca, créé en 1969 à sa mémoire.
- Fondation Simone et Cino Del Duca, créée en 1975 et abritée par l’Institut de France.