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COROT Jean-Baptiste Camille

Qui est Camille Corot ?

Date de naissance : 16 juillet 1796 (Paris, France).
Date du décès : 22 février 1875 (Paris, France), à 78 ans.
Activité principale : Peintre paysagiste, portraitiste et graveur.
Nom de naissance : Jean-Baptiste Camille Corot.

Où se trouve la tombe de Camille Corot ?

Camille Corot repose au cimetière du Père-Lachaise, dans la division 24, ligne 6, côté chemin Laplace.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise : repérez la division 24.

Le monument funéraire de Camille Corot au Père-Lachaise

Camille Corot repose dans une tombe familiale de la division 24, du côté du chemin Laplace. Le monument est dominé par un buste du peintre, installé sur un socle de pierre. La plinthe porte simplement le nom « COROT » ; une inscription sous le buste rappelle son identité et ses dates, avec une erreur ancienne sur l’année de décès : « J. B. C. COROT / 1796-1873 ». Le buste est signé du sculpteur Michel Léonard Béguine et daté de 1899 ; le cartouche du fondeur Eugène Gruet jeune est également visible. Cette sépulture sobre, voisine de celles de plusieurs peintres du XIXe siècle, rappelle la place majeure de Corot dans l’histoire du paysage français.

Tombe de Camille Corot au Père-Lachaise
La sépulture de Camille Corot, dans la division 24 du Père-Lachaise. Photo : Wikimedia Commons, licence libre.
Buste de Camille Corot sur son monument funéraire
Le buste de Camille Corot sur son monument funéraire. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Biographie de Camille Corot

Camille Corot est l’un des grands peintres français du XIXe siècle. Son nom évoque les étangs de Ville-d’Avray, les lisières de forêt, les brumes argentées et les figures méditatives qui peuplent ses dernières toiles. Mais réduire Corot à un peintre de paysages doux serait oublier l’ampleur de son parcours. Il fut à la fois un observateur très précis de la nature, un voyageur passionné par l’Italie, un portraitiste attentif, un expérimentateur du cliché-verre et une référence décisive pour les artistes qui allaient inventer la peinture moderne. Entre le paysage classique et les recherches des impressionnistes, il occupe une place de passeur.

De son vivant, il est déjà admiré par les jeunes peintres autant que par les institutions. Sa production est abondante, mais surtout traversée par une fidélité profonde : regarder le monde sans le soumettre à une formule. Ses études faites en plein air, rapides et lumineuses, gardent la fraîcheur d’une perception directe ; ses tableaux de Salon, plus construits, transforment ce regard en compositions poétiques. Cette alliance entre l’observation et la mémoire explique la singularité durable de son œuvre.

Autoportrait de Camille Corot
Autoportrait de Camille Corot. Wikimedia Commons, domaine public.

Une famille parisienne et un choix tardif pour la peinture

Jean-Baptiste Camille Corot naît à Paris le 16 juillet 1796. Son père, Jacques-Louis Corot, est marchand de draps ; sa mère, Marie-Françoise Oberson, tient un commerce de modes. La famille appartient à une bourgeoisie aisée et travailleuse, bien éloignée de la bohème artistique que l’on associe parfois au XIXe siècle. Camille reçoit une éducation sérieuse, notamment au collège de Rouen, puis entre dans le commerce. De 1815 à 1822, il est apprenti chez des marchands de tissus. Cette expérience ne le comble pas : il dessine, observe et veut peindre.

Ses parents ne s’opposent pas indéfiniment à cette vocation. À vingt-six ans, grâce à une rente qui lui assure une indépendance rare pour un débutant, Corot peut se consacrer entièrement à l’art. Ce choix tardif est important : il ne sera jamais l’élève docile d’un atelier unique. Il suit les conseils d’Achille-Etna Michallon puis de Jean-Victor Bertin, deux peintres de paysage attachés à la tradition classique. Il fréquente aussi l’Académie Suisse. Mais sa véritable formation se fait dehors, carnet et boîte de couleurs à la main, devant les arbres, les rochers, les bâtisses et les cours d’eau.

L’Italie : apprendre à regarder la lumière

En 1825, Corot part pour l’Italie, comme tant de jeunes artistes qui viennent confronter leur regard aux paysages de Rome, de la campagne romaine, de Naples et de Venise. Il y demeure près de trois ans. Son séjour ne consiste pas à recopier seulement les monuments admirés par les voyageurs : il peint sur le motif, au plus près des heures du jour. Les vues de Rome, de la villa Farnèse, du Colisée ou des environs de Narni montrent une étonnante liberté. Les formes sont simplifiées, les ombres claires, les couleurs posées avec une franchise qui surprend encore.

Il revient en Italie en 1834 puis en 1843. Ces voyages nourrissent sa conception du paysage. Le modèle italien lui apprend l’équilibre des masses et le rôle de l’architecture ; le travail en plein air lui apprend la mobilité de la lumière. Dans ses tableaux plus achevés, il ne cherche pas une description topographique absolue. Il compose à partir des souvenirs, modifie une ligne d’horizon, déplace un arbre ou invente une figure si cela sert l’unité poétique de la scène. Cette liberté est l’une des clés de son art.

Avignon depuis l’ouest, peint par Camille Corot
Avignon depuis l’ouest, Camille Corot. National Gallery, Londres / Wikimedia Commons.

Du paysage historique au travail sur le motif

Corot expose au Salon pour la première fois en 1827. Il y présente des paysages qui répondent encore aux attentes du paysage historique : une nature ordonnée, parfois animée de personnages bibliques, antiques ou littéraires. La Cathédrale de Chartres, exposée en 1830, est l’une des œuvres qui le font reconnaître. Pourtant, à côté de ces grands tableaux destinés à la présentation publique, il accumule des études plus libres. Elles sont réalisées en Normandie, en Bourgogne, en Île-de-France, à Fontainebleau, à Arras ou dans les environs de Paris.

Le plein air est alors moins une doctrine qu’une méthode de vérité. Corot note le feuillage, les reflets de l’eau, les nuages et les changements du temps. Ses études ne sont pas conçues comme des œuvres mineures ; elles constituent le laboratoire de sa peinture. Les générations suivantes y verront une annonce de l’impressionnisme, car elles privilégient la sensation immédiate et refusent de noyer le motif sous une finition académique. Corot ne sera pas impressionniste : il ne partage ni leurs dates, ni leur organisation en groupe. Mais Monet, Pissarro, Berthe Morisot ou Degas regarderont avec attention ce qu’il a rendu possible.

Le Concert champêtre de Camille Corot
Le Concert champêtre, Camille Corot. Wikimedia Commons, domaine public.

Barbizon, Ville-d’Avray et le paysage de mémoire

Corot est souvent présenté comme l’un des fondateurs de l’école de Barbizon. L’expression ne désigne pas une école au sens strict, mais un ensemble d’artistes qui, autour de la forêt de Fontainebleau et du village de Barbizon, renouvellent la peinture de paysage. Théodore Rousseau, Charles-François Daubigny, Jean-François Millet et d’autres y cherchent un contact plus direct avec la nature. Corot partage avec eux le goût du travail sur le motif, tout en gardant une tonalité très personnelle, moins dramatique que celle de Rousseau, moins terrienne que celle de Millet.

Ville-d’Avray occupe une place particulière dans sa vie et dans son imaginaire. La maison familiale, les étangs, les saules et les chemins de cette commune des environs de Paris lui fournissent des motifs qu’il reprend pendant des décennies. Les toiles tardives ne sont pas des vues littérales : elles deviennent des paysages du souvenir. Les arbres s’y découpent en masses souples, les eaux reflètent une lumière diffuse, les figures féminines semblent appartenir autant au rêve qu’à un lieu réel. Souvenir de Mortefontaine, peint en 1864, condense cette manière : une scène silencieuse, une atmosphère suspendue et une nature qui n’est plus un décor mais une présence.

Jeune femme dans les bois par Camille Corot
Jeune femme dans les bois, Camille Corot. Wikimedia Commons, domaine public.

Portraits, figures et gravure

Le paysage n’épuise pas le talent de Corot. Il peint des portraits de proches et de modèles, souvent d’une simplicité frappante. La Femme à la perle, conservée au Louvre, montre combien il peut se rapprocher de la peinture de figure : une jeune femme assise, un regard calme, une harmonie de gris et de bruns. Ces portraits ne cherchent pas l’effet mondain. Corot y privilégie une présence intérieure, obtenue par des valeurs sourdes et une composition dépouillée.

Il réalise également des figures en costume, des baigneuses, des muses et des scènes inspirées de la littérature. Elles dialoguent avec la tradition classique, mais leur lenteur rêveuse appartient pleinement à son monde. Sa pratique du cliché-verre, procédé qui associe dessin sur une plaque de verre et tirage photographique, témoigne aussi de sa curiosité pour les techniques nouvelles. Le graveur et le peintre poursuivent une même recherche : obtenir, avec peu de moyens, une vibration de lumière et une profondeur d’atmosphère.

Portrait de femme par Camille Corot
Portrait de femme, Camille Corot. Wikimedia Commons, domaine public.

Reconnaissance, générosité et dernières années

La reconnaissance de Corot devient considérable dans les années 1840 et 1850. L’État lui achète des œuvres ; les médailles du Salon et la Légion d’honneur confirment sa place dans le monde officiel. Mais il reste proche de peintres plus jeunes et se montre généreux envers ceux qui traversent des difficultés. Ses contemporains rapportent son aide à des artistes comme Honoré Daumier, et son soutien à des familles pauvres après le siège de Paris. Ces gestes ont contribué à l’image affectueuse de « père Corot », surnom qui dit autant l’âge et la bienveillance que l’autorité artistique.

Dans ses dernières années, sa palette se resserre souvent autour des gris, des verts et des bruns argentés. Cette harmonie, longtemps imitée, a parfois été caricaturée sous le nom de « sauce Corot ». Elle est pourtant le résultat d’un travail très savant sur les valeurs : les formes n’y disparaissent pas dans le flou, elles s’unissent dans une même respiration lumineuse. Corot meurt le 22 février 1875. Sa disparition est ressentie comme celle d’un maître. Il laisse une œuvre immense, dont la popularité entraîne aussi de nombreuses attributions abusives et de faux, signe paradoxal de la demande exceptionnelle suscitée par son nom.

Son influence est profonde parce qu’elle ne s’exerce pas par un manifeste. Corot n’a pas imposé une théorie ; il a montré, toile après toile, qu’un paysage pouvait être à la fois observé, composé et rêvé. Ses études italiennes ont encouragé la liberté de la touche ; ses paysages de Ville-d’Avray ont donné une nouvelle place à l’atmosphère ; ses portraits ont rappelé que la discrétion peut être une force expressive. Sa tombe du Père-Lachaise conserve le souvenir de ce peintre dont le regard a transformé les arbres, l’eau et le ciel en matière de poésie.

Œuvres principales

  • La Cathédrale de Chartres (1830), musée du Louvre.
  • Vue de Volterra (1834), musée du Louvre.
  • Le Pont de Mantes (vers 1868-1870), musée du Louvre.
  • Souvenir de Mortefontaine (1864), musée du Louvre.
  • La Femme à la perle (vers 1868-1870), musée du Louvre.
  • Le Concert champêtre (vers 1857), musée Condé, Chantilly.

Distinctions et fonctions

  • Médaille de deuxième classe au Salon de 1833.
  • Médaille de première classe au Salon de 1848.
  • Chevalier de la Légion d’honneur en 1846.
  • Promu officier de la Légion d’honneur en 1867.
  • Figure majeure de l’école de Barbizon et référence essentielle pour les impressionnistes.