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CAMBACÉRÈS Jean-Jacques-Régis

Jurisconsulte, homme d’État et artisan majeur du Code civil, Jean-Jacques-Régis de Cambacérès fut l’un des plus proches collaborateurs de Napoléon Bonaparte. Second consul puis archichancelier de l’Empire, il consacra sa carrière à donner à la France des institutions et des lois durables.

Qui est Jean-Jacques-Régis de Cambacérès ?

Date de naissance : 18 octobre 1753, à Montpellier.
Date du décès : 8 mars 1824, à Paris, à 70 ans.
Activités principales : juriste, homme d’État, Second consul et archichancelier de l’Empire.
Œuvre majeure : participation décisive à la préparation et à l’adoption du Code civil des Français (1804).

Portrait de Jean-Jacques-Régis de Cambacérès
Portrait de Jean-Jacques-Régis de Cambacérès, archichancelier de l’Empire. Henri-Frédéric Schopin, domaine public, via Wikimedia Commons.

Né dans une famille de magistrats de la noblesse de robe, Cambacérès reçoit à Montpellier une solide formation juridique. Il entre très tôt dans les institutions judiciaires de sa ville. Sa méthode, son goût du compromis et sa maîtrise du droit en feront l’un des hommes les plus utiles aux gouvernements successifs de la Révolution et de l’Empire.

Député de l’Hérault à la Convention nationale en 1792, il se distingue moins par l’éclat des tribunes que par son expertise des lois. Lors du procès de Louis XVI, il se prononce pour la culpabilité mais refuse la peine capitale immédiate, proposant que le jugement soit soumis au peuple. Cette position mesurée lui permet de traverser les années les plus dangereuses de la Révolution.

Où est la tombe de Cambacérès ?

Jean-Jacques-Régis de Cambacérès repose au cimetière du Père-Lachaise, dans la division 39. Sa chapelle funéraire se trouve sur le chemin de Camille-Jordan. Inscrite au titre des monuments historiques, elle demeure l’un des monuments les plus remarquables de cette partie du cimetière.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise : division 39.

Le monument funéraire de Cambacérès au Père-Lachaise

Le tombeau est une chapelle funéraire conçue par l’architecte Jean-Baptiste-Louis Plantar. Sa composition monumentale, inspirée de l’architecture antique, reflète le rang de l’archichancelier de l’Empire. La façade, dominée par un portique et un fronton, associe la rigueur néoclassique à la solennité attendue d’une sépulture de grand dignitaire.

Chapelle funéraire de Cambacérès au Père-Lachaise
Chapelle funéraire de Cambacérès, division 39. Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Vue de la tombe de Cambacérès
Vue du tombeau de Cambacérès. Marc Baronnet, GFDL, via Wikimedia Commons.

La sépulture conserve la mémoire de Cambacérès mais aussi l’image d’un temps où le Père-Lachaise devient un musée à ciel ouvert de l’art funéraire du XIXe siècle. Elle a été représentée très tôt dans des recueils de monuments du cimetière, preuve de l’attention qu’elle suscitait déjà chez les visiteurs.

Biographie de Jean-Jacques-Régis de Cambacérès

Sous le Directoire, Cambacérès participe aux travaux du Conseil des Cinq-Cents et s’affirme comme l’un des juristes les plus compétents de son temps. Après le coup d’État du 18 Brumaire, Bonaparte le choisit comme Second consul, fonction qu’il occupe de 1799 à 1804. Il devient alors l’un des piliers du nouveau régime, chargé notamment de l’organisation intérieure et de la préparation des grands textes législatifs.

Portrait de Cambacérès conservé au Conseil d’État
Portrait de Cambacérès conservé au Conseil d’État, auteur inconnu, domaine public, via Wikimedia Commons.

L’œuvre décisive de Cambacérès est liée à la codification du droit. Dès la Révolution, il présente plusieurs projets de Code civil. Les circonstances politiques empêchent leur adoption, mais ces travaux préparent le texte qui sera finalement discuté sous le Consulat. Au Conseil d’État, dont il dirige les débats lorsque Napoléon est absent, il contribue à transformer un ensemble de coutumes et de lois disparates en un droit commun clair et applicable sur l’ensemble du territoire.

Promulgué en 1804, le Code civil des Français, rapidement appelé Code Napoléon, est l’œuvre d’une commission de juristes et du gouvernement consulaire. Cambacérès en est l’un des principaux architectes. Il ne faut pas lui en attribuer seul la paternité, mais sa connaissance technique, sa capacité de synthèse et son autorité au Conseil d’État furent essentielles à l’aboutissement du projet. Le Code organise notamment l’état des personnes, la propriété, les contrats et les règles de la vie familiale.

Lorsque Napoléon devient empereur en 1804, Cambacérès reçoit le titre d’archichancelier de l’Empire. Il préside le Sénat conservateur, intervient dans les grandes cérémonies et assure une part importante de la continuité administrative lorsque l’Empereur est en campagne. En 1808, il est fait duc de Parme. Sa position est considérable, mais son rôle reste principalement civil et juridique : il est le garant du travail gouvernemental plus que l’homme des batailles.

Sa réputation de prudence est parfois tournée en dérision par ses contemporains ; elle est aussi l’une des raisons de sa longévité politique. Cambacérès cherche la conciliation, préfère les solutions préparées aux gestes spectaculaires et sait conserver une marge d’indépendance dans l’entourage de Napoléon. Ses dîners parisiens, très réputés, contribuent à sa légende, mais ne doivent pas éclipser son activité de législateur et d’administrateur.

Après la première abdication de Napoléon en 1814, il se retire. Il reprend brièvement les fonctions de ministre de la Justice pendant les Cent-Jours. La Seconde Restauration l’exile en 1816 en raison de son vote à la Convention, mais il retrouve ses droits civiques en 1818 et revient à Paris. Il y meurt le 8 mars 1824, à l’âge de soixante-dix ans.

Sa postérité dépasse largement l’Empire. Le Code civil, régulièrement modifié depuis, reste l’un des fondements du droit français et a influencé de nombreux systèmes juridiques en Europe et dans le monde. Au Père-Lachaise, sa chapelle rappelle ainsi non seulement un grand dignitaire napoléonien, mais l’un des artisans de la France juridique contemporaine.

Repères

  • 1753 : naissance à Montpellier.
  • 1792 : élu député de l’Hérault à la Convention nationale.
  • 1799 : nommé Second consul.
  • 1804 : promulgation du Code civil ; nommé archichancelier de l’Empire.
  • 1808 : créé duc de Parme.
  • 1824 : décès à Paris et inhumation au Père-Lachaise.