Qui est Antoine Blondin ?
Date de naissance : 11 avril 1922 (17e arrondissement de Paris, France).
Date du décès : 6 juin 1991 (6e arrondissement de Paris) à 69 ans.
Activité principale : Écrivain, romancier et journaliste sportif.
Nom de naissance : Antoine Jean-Pierre Abel Blondin.
Pseudonyme : Tenorio.
Où est la tombe d’Antoine Blondin ?
La tombe d’Antoine Blondin se trouve au cimetière du Père-Lachaise, division 74.

Le monument funéraire d’Antoine Blondin au Père-Lachaise
Antoine Blondin repose dans le caveau de la famille Vierne-Romanet, dans la division 74. La sépulture est constituée d’une dalle de granit clair, légèrement inclinée, portant l’inscription « Famille VIERNE-ROMANET ». Une petite plaque noire rappelle le nom d’Antoine Blondin et ses dates, 1922-1991. Une croix noire et un vase sont posés sur la dalle. Le monument, volontairement simple, ne comporte ni buste ni sculpture.

Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Vue d’ensemble de la sépulture d’Antoine Blondin.

Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
La dalle du caveau Vierne-Romanet, où repose Antoine Blondin.
Biographie d’Antoine Blondin
Antoine Blondin naît à Paris le 11 avril 1922. Il est le fils de la poétesse Germaine Blondin et de Pierre Blondin, correcteur d’imprimerie. Son enfance se déroule dans un milieu où les mots, les livres et les journaux occupent une place naturelle. Élève brillant, il passe par les lycées Louis-le-Grand et Corneille, à Rouen, puis obtient une licence de lettres à la Sorbonne. Très tôt, il se distingue par une écriture rapide, une mémoire exceptionnelle et un goût pour la formule qui ne le quitteront jamais.
La guerre interrompt ce parcours. Pendant l’Occupation, Blondin est requis pour le Service du travail obligatoire et envoyé en Allemagne. Cette expérience nourrit son premier roman, L’Europe buissonnière, publié en 1949. Le livre ne reprend pas les codes du récit de guerre héroïque : il regarde l’errance, l’amitié et la débrouille avec une liberté de ton qui frappe aussitôt Marcel Aymé et Roger Nimier. Le prix des Deux Magots vient confirmer l’entrée d’un écrivain singulier dans la vie littéraire parisienne.
Dans les années 1950, il publie Les Enfants du bon Dieu, puis L’Humeur vagabonde. Blondin est alors rangé, avec Roger Nimier, Jacques Laurent et Michel Déon, parmi les « Hussards ». Cette étiquette désigne moins une école organisée qu’un ensemble d’amitiés et de goûts littéraires : le refus du sérieux pesant, l’attachement à la phrase, l’ironie et une méfiance envers les mots d’ordre. Blondin a lui-même contesté l’existence d’un véritable mouvement. Ce qui l’unit à ces écrivains est surtout une complicité et le lien avec la revue et maison d’édition La Table ronde.
Sa carrière de journaliste est aussi importante que ses romans. Il écrit dans une presse très diverse, de Rivarol et Aspects de la France à Arts, Le Figaro, Elle ou L’Humanité. Ses premiers engagements dans la presse située à droite et à l’extrême droite font partie de son parcours et ont durablement suscité le débat. Il y pratique la critique littéraire, l’article d’humeur et le portrait, sans se laisser enfermer dans une seule rubrique.
C’est cependant le sport qui lui offre son plus vaste public. Pour L’Équipe, il couvre vingt-sept Tours de France et sept Jeux olympiques. Il ne se contente pas de rapporter le résultat d’une étape : il transforme la course en récit, saisit les paysages, les surnoms, les gestes et les hasards du peloton. Ses chroniques contribuent à la légende littéraire du Tour de France. En 1972, l’Académie des sports lui attribue le prix Henri-Desgrange, distinction particulièrement appropriée à celui qui a donné au cyclisme certaines de ses pages les plus mémorables.
En 1959, il publie Un singe en hiver, son roman le plus célèbre. L’ouvrage met en scène deux hommes liés par le goût de l’évasion et de l’alcool, dans une petite ville normande. Henri Verneuil en tire un film devenu classique, avec Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo. Le livre reçoit le prix Interallié et résume bien une part de l’art de Blondin : une langue précise, une comédie parfois débridée, mais aussi la mélancolie de personnages qui cherchent à fuir leur propre vie.
Blondin ne cache pas sa relation difficile à l’alcool. Il en fait un élément de son personnage public et de ses livres, particulièrement dans Un singe en hiver et Monsieur Jadis ou l’École du soir. La vie de cafés et les nuits de Saint-Germain-des-Prés participent à sa réputation de fantaisiste, mais elles accompagnent également des périodes de fragilité. Il partage son temps entre Paris et le hameau de Salas, à Linards, en Haute-Vienne, où il trouve un éloignement salutaire du tumulte parisien.
Sa reconnaissance littéraire s’affirme à partir des années 1970 : prix Prince-Pierre-de-Monaco, prix Goncourt de la nouvelle, Grand prix de littérature de l’Académie française. Il continue d’écrire des romans, des nouvelles, des chroniques sportives et des textes sur Paris. L’Ironie du sport rassemble en 1988 une part de ses articles de L’Équipe. Sa prose, capable de passer du trait d’esprit à l’émotion sans appuyer l’effet, garde une place originale dans la littérature française de l’après-guerre.
Antoine Blondin meurt à Paris le 6 juin 1991, à soixante-neuf ans. Ses œuvres complètes paraissent la même année dans la collection « Bouquins ». Des recueils posthumes, notamment ses chroniques du Tour de France et ses articles, ont depuis permis de mesurer l’ampleur d’une œuvre qui ne se réduit ni au roman Un singe en hiver, ni à l’image du journaliste noctambule. Il reste l’un des écrivains qui ont le mieux fait entrer le sport, la ville et le mouvement de la vie quotidienne dans une prose de haute tenue.
Œuvres principales
- L’Europe buissonnière (1949).
- Les Enfants du bon Dieu (1952).
- L’Humeur vagabonde (1955).
- Un singe en hiver (1959).
- Monsieur Jadis ou l’École du soir (1970).
- Quat’saisons (1977).
- L’Ironie du sport, chroniques de L’Équipe (1988).
- Le Flâneur de la rive gauche (1988).
Distinctions et récompenses
- Prix des Deux Magots (1949), pour L’Europe buissonnière.
- Prix Interallié (1959), pour Un singe en hiver.
- Prix Henri-Desgrange de l’Académie des sports (1972).
- Prix Prince-Pierre-de-Monaco (1971).
- Prix Goncourt de la nouvelle (1976).
- Grand prix de littérature de l’Académie française (1979).
- Prix Mac Orlan et prix Kléber-Haedens (1981).
- Grand prix littéraire de la Ville de Paris (1982).
- Prix Pierre-de-Coubertin (1988).