Qui est Octave de Béhague ?
Date de naissance : 26 novembre 1826 (Paris, France).
Date du décès : 1er mars 1879 (Paris) à 52 ans.
Activité principale : Collectionneur et grand bibliophile.
Nom complet : Octave, comte de Béhague.
Où est la tombe d’Octave de Béhague ?
Division 38, avenue des Acacias, première ligne.

Le monument funéraire d’Octave de Béhague au Père-Lachaise
Octave de Béhague repose dans une sépulture familiale de la division 38, sur l’avenue des Acacias. Le monument porte les noms de la famille Bailliot et de Béhague. Il rassemble notamment le collectionneur, son grand-père Claude Bailliot, député puis pair de France, et plusieurs proches. L’inscription rappelle aussi la mort, en 1867, de Claire-Marie-Jeanne de Béhague, première fille d’Octave et de Laure de Haber, disparue quelques jours après sa naissance.
Biographie d’Octave de Béhague
Octave de Béhague naît à Paris le 26 novembre 1826 dans une famille où se rencontrent fortune, vie politique et goût des arts. Il est le fils d’Amédée de Béhague et de Victoire-Félicie Bailliot. Son grand-père maternel, Claude Bailliot, a été député puis pair de France. Cette origine lui donne les moyens de collectionner ; elle ne suffit pourtant pas à expliquer la passion qui fait de lui l’un des bibliophiles français les plus importants de son temps.
Dans le Paris du Second Empire, le livre ancien est bien davantage qu’un objet de lecture. Les amateurs recherchent les éditions rares, les reliures, les provenances et les estampes ; ils composent des bibliothèques conçues comme des ensembles d’art. Octave de Béhague s’inscrit pleinement dans cette culture. Membre de la Société des bibliophiles français, il réunit une collection de livres réputée considérable, à laquelle s’ajoutent près de trois mille estampes. Son regard porte donc à la fois sur le texte, l’objet imprimé et l’image.
Le cadre qu’il donne à cette collection est lui-même très révélateur. En 1868, à côté de l’hôtel construit par sa mère avenue Bosquet, il fait édifier un petit hôtel particulier par l’architecte Gabriel-Hippolyte Destailleur. L’édifice reçoit d’importantes boiseries du XVIIIe siècle remontées pour former un décor à la mesure des livres et des œuvres d’art conservés. La bibliothèque ovale, notamment, devient le cœur de cet intérieur conçu pour exposer, classer et consulter des pièces rares.

Wikimedia Commons.
L’hôtel de Béhague, aujourd’hui ambassade de Roumanie à Paris.
Cette demeure n’a pas seulement été un écrin mondain. Elle révèle le sérieux de son projet de collectionneur : rassembler des œuvres dans un environnement capable de leur rendre justice. Après la mort prématurée d’Octave de Béhague, la bibliothèque est dispersée en vente publique dès 1877. Les catalogues de livres rares qui lui sont consacrés permettent toutefois de mesurer le prestige acquis par l’ensemble. La disparition de la collection comme unité n’empêche pas la survie de son souvenir dans l’histoire de la bibliophilie française.

Jules-Edmond-Charles Lachaise et Eugène-Pierre Gourdet / Metropolitan Museum of Art, domaine public, via Wikimedia Commons.
Projet de décor pour l’hôtel de Béhague.
La vie familiale d’Octave de Béhague est liée à celle de Laure de Haber, fille du banquier Samuel de Haber, qu’il épouse en 1866. Le couple a trois filles : Claire, morte nourrisson, puis Berthe et Martine. Cette dernière, Martine de Béhague, deviendra à son tour une collectionneuse et mécène majeure de la Belle Époque. Elle reprend et transforme une partie de l’hôtel familial après la disparition de son père ; le bâtiment, remanié par Walter-André Destailleur, est aujourd’hui connu comme l’hôtel de Béhague, siège de l’ambassade de Roumanie.
Octave de Béhague meurt à Paris, dans le 7e arrondissement, le 1er mars 1879. Il n’a que cinquante-deux ans. Sa trajectoire est courte, mais son rôle est précis : il appartient à ces collectionneurs qui ont fait de la bibliothèque un lieu de création et de transmission, et qui ont préparé, par leurs choix, le terrain des grandes collections privées de la fin du XIXe siècle.
Collections et réalisations
- Une bibliothèque de livres rares et curieux, dispersée en vente publique après sa mort.
- Une collection d’environ trois mille estampes.
- La bibliothèque ovale de son petit hôtel avenue Bosquet, aménagée pour recevoir ses collections.
- Membre de la Société des bibliophiles français.
Repères
- 1826 : naissance à Paris.
- 1866 : mariage avec Laure de Haber.
- 1868 : construction du petit hôtel de Béhague par Gabriel-Hippolyte Destailleur.
- 1879 : mort à Paris et inhumation au Père-Lachaise.