Qui est Roger de Beauvoir ?
Date de naissance : 28 novembre 1807 (Paris, France).
Date du décès : 27 août 1866 (Paris) à 58 ans.
Activité principale : Romancier, poète, dramaturge et journaliste.
Nom de naissance : Eugène-Augustin-Nicolas Roger.
Où est la tombe de Roger de Beauvoir ?
Division 32, chemin de la Guérite, première ligne.

Le monument funéraire de Roger de Beauvoir au Père-Lachaise
La sépulture de Roger de Beauvoir se trouve dans la division 32, sur le chemin de la Guérite. Elle réunit l’écrivain et sa fille Eugénie, morte en 1861 à l’âge de quinze ans. Le monument porte notamment un poème commençant par les mots « À ma fille » : cette inscription, plus personnelle qu’un simple relevé d’état civil, donne à la tombe son caractère le plus frappant.

Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Tombe de Roger de Beauvoir au Père-Lachaise.

Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Détail de la sépulture de Roger de Beauvoir.
Biographie de Roger de Beauvoir
Roger de Beauvoir, de son vrai nom Eugène-Augustin-Nicolas Roger, appartient à cette génération romantique qui fit de Paris un immense atelier de littérature, de théâtre et de journalisme. Né le 28 novembre 1807, il adopte très tôt le nom de plume sous lequel il se fera connaître. Le choix dit déjà quelque chose de son personnage : dans ses romans comme dans sa présence publique, Roger de Beauvoir cultive l’allure, l’esprit et le goût d’un passé réinventé. Il devient l’un des écrivains les plus visibles de son temps, non parce qu’il s’enferme dans une seule forme, mais parce qu’il passe avec aisance du roman à la chronique, de la poésie au théâtre.

Petit et Trinquart / Bibliothèque nationale de France, domaine public, via Wikimedia Commons.
Roger de Beauvoir.
Sa jeunesse se déroule sous la Restauration, au moment où la littérature romantique conquiert les journaux, les scènes et les librairies. Il entre dans ce monde par le goût du récit historique et de l’aventure. Ses premiers livres s’appuient volontiers sur les époques anciennes, les intrigues de cour, les duels, les masques et les figures de panache. Cette veine ne consiste pas seulement à décorer le passé : elle donne à ses récits une cadence vive, proche de la conversation et du feuilleton, qui répond aux attentes d’un nouveau public de lecteurs.
L’Écolier de Cluny, publié au début des années 1830, compte parmi les ouvrages qui installent son nom. Le livre témoigne de son intérêt pour le Moyen Âge et pour les ressorts du roman populaire romantique : aventures, secrets et scènes fortement dessinées. Le succès de cette manière le conduit à poursuivre une œuvre abondante, diffusée par le livre mais aussi par la presse, alors l’un des grands lieux de fabrication de la célébrité littéraire.

Achille Devéria / National Gallery of Art, CC0, via Wikimedia Commons.
Jeanne de Bourgogne, lithographie publiée pour L’Écolier de Cluny de Roger de Beauvoir, 1832.
Roger de Beauvoir est aussi une figure de sociabilité littéraire. Les témoignages de son époque le montrent dans les cercles où se croisent écrivains, journalistes et acteurs. Son élégance, son goût pour la chronique et son tempérament de dandy lui valent le surnom de « Musset brun ». Cette formule, souvent reprise, ne doit pas masquer la singularité d’un auteur qui construit une œuvre considérable et sait adapter son écriture aux formes les plus accessibles de son temps.

Nadar / Bibliothèque nationale de France, domaine public, via Wikimedia Commons.
Caricature de Roger de Beauvoir pour le Panthéon Nadar.
Le théâtre offre à Roger de Beauvoir un autre terrain d’expression. Il écrit ou adapte des pièces où le dialogue, l’action et la musique tiennent une place importante. Sa collaboration avec Mélesville pour Le Chevalier de Saint-Georges, comédie mêlée de chant, illustre ce passage du récit à la scène. L’œuvre fait revivre Joseph Bologne, chevalier de Saint-Georges, personnage dont la carrière de musicien, d’escrimeur et d’homme du monde fournit au dramaturge une matière idéale.

Mélesville et Roger de Beauvoir, domaine public, via Wikimedia Commons.
Page de titre de Le Chevalier de Saint-Georges.
Son nom est également attaché au roman Le Chevalier de Saint-Georges, publié en 1840. Roger de Beauvoir y exploite un de ses talents les plus sûrs : choisir une figure réelle, restituer l’énergie d’une époque et faire avancer le récit avec la mobilité d’un spectacle. Cette capacité à mêler la documentation historique, l’invention romanesque et le sens de la scène explique qu’il ait pu toucher un public large sans renoncer entièrement à ses ambitions littéraires.

Ambre Troizat, domaine public, via Wikimedia Commons.
Couverture restaurée de Le Chevalier de Saint-Georges, 1840.
Sa vie privée rejoint un temps le monde du théâtre. Il épouse l’actrice Léocadie Doze en 1844. Leur union donne naissance à trois enfants ; elle se termine par une séparation judiciaire en 1850. La disparition de Léocadie Doze en 1859 et celle de leur fille Eugénie, deux ans plus tard, sont des épreuves dont la pierre tombale du Père-Lachaise garde le souvenir. Cette présence d’Eugénie dans la sépulture rend le monument particulièrement émouvant.

Musée Carnavalet / Paris Musées, domaine public, via Wikimedia Commons.
Charles Monselet avec Roger de Beauvoir.
Dans les dernières années de sa vie, Roger de Beauvoir continue à publier, mais le rythme de la vie littéraire a changé. L’écrivain, qui avait incarné une partie de la bohème élégante du romantisme, connaît une situation matérielle plus difficile. Il meurt à Paris le 27 août 1866. Son œuvre demeure celle d’un écrivain très représentatif du XIXe siècle : un homme de lettres à la fois romancier, dramaturge et journaliste, attentif au goût du public comme aux légendes de l’histoire.
Œuvres principales
- L’Écolier de Cluny (1832)
- La Cape et l’Épée
- Le Chevalier de Saint-Georges (1840)
- Les Œufs de Pâques (1856)
- Duels et duellistes
- Le Café Procope
- Les Soupeurs de mon temps
Repères
- 1807 : naissance à Paris.
- 1832 : publication de L’Écolier de Cluny.
- 1840 : publication de Le Chevalier de Saint-Georges.
- 1844 : mariage avec l’actrice Léocadie Doze.
- 1866 : mort à Paris et inhumation au Père-Lachaise.