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DE CASTIGLIONE Virginia

Qui est Virginia de Castiglione ?

Date de naissance : 22 mars 1837 (Florence, Italie).
Date du décès : 28 novembre 1899 (Paris 1er, France) à 62 ans.
Activité principale : Aristocrate piémontaise, qualifiée « plus belle femme de son siècle », maitresse de l’empereur Napoléon III.
Nom de naissance : Virginia Elisabetta Luisa Carlotta Antonietta Teresa Maria Oldoini.

Où est la tombe de Virginia de Castiglione ?

La tombe est située dans la division 85

Père-Lachaise PLAN des divisions

Le monument funéraire de Virginia de Castiglione au Père-Lachaise

Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise à Paris, dans la division 85, 2e ligne, tombe 83. Sa tombe, longtemps oubliée, est redécouverte et restaurée en 1999, à l’occasion du centenaire de sa mort. Aujourd’hui, les visiteurs peuvent se recueillir devant cette sépulture sobre, témoignage de la vie fascinante de celle qui fut surnommée “La Divine Comtesse”.

Père-Lachaise - Division 85 - Castiglione 01

Biographie de Virginia de Castiglione

Virginia Elisabetta Luisa Carlotta Antonietta Teresa Maria Oldoini, plus connue sous le nom de comtesse de Castiglione, est née le 22 mars 1837 à Florence, en Italie. Fille du marquis Filippo Oldoini Rapallini et d’Isabella Lamporecchi, elle grandit dans une famille de la petite noblesse toscane. Dès son plus jeune âge, Virginia reçoit une éducation soignée, maîtrisant plusieurs langues et s’initiant aux arts, notamment la musique et la danse. Sa beauté exceptionnelle lui vaut le surnom de “La Perla d’Italia” (La Perle d’Italie) dans les cercles aristocratiques.

Pierson castiglione

Mariage et entrée dans la haute société

À l’âge de 16 ans, le 9 janvier 1854, Virginia épouse le comte Francesco Verasis di Castiglione, un noble piémontais de douze ans son aîné. De cette union naît un fils, Giorgio, le 10 novembre 1855. Le couple s’installe à Turin, où Virginia est introduite à la cour du roi Victor-Emmanuel II. Cependant, les différences de caractère entre les époux deviennent rapidement évidentes : tandis que Francesco est réservé et souvent absent en raison de ses obligations militaires, Virginia est vive, sociable et avide de mondanités. Cette divergence conduit à des tensions au sein du couple.

Contessa di Castiglione

Mission politique à Paris et liaison avec Napoléon III

En 1855, le comte de Cavour, cousin de Virginia et Premier ministre du royaume de Sardaigne, envisage d’utiliser les charmes de sa cousine pour influencer l’empereur français Napoléon III en faveur de la cause italienne. L’objectif est d’obtenir le soutien de la France contre l’Autriche afin de favoriser l’unification de l’Italie. Sous prétexte de rendre visite à des proches, Virginia se rend à Paris avec son mari et son fils à la fin de l’année 1855.

Rapidement introduite à la cour impériale, Virginia attire l’attention de Napoléon III par sa beauté et son charme. Elle devient sa maîtresse, une liaison qui suscite scandale et jalousie, notamment de l’impératrice Eugénie. Cette relation, bien que brève, aurait contribué à renforcer les liens entre la France et le Piémont, préparant le terrain pour l’alliance franco-piémontaise contre l’Autriche lors de la guerre de 1859. Toutefois, cette aventure entraîne la séparation de Virginia et de son mari, qui obtient la garde de leur fils.

Comtesse Virginia de Castiglione (1837-1899) A

Influence sociale et artistique

Après sa rupture avec Napoléon III, Virginia demeure à Paris, où elle continue de fréquenter les cercles aristocratiques et artistiques. Elle est réputée pour ses apparitions spectaculaires lors des bals et événements mondains, arborant des tenues extravagantes, dont la célèbre robe de la “Reine de Cœur”. Sa beauté et son sens du spectacle la rendent incontournable dans la haute société parisienne.

Parallèlement, Virginia s’intéresse à la photographie, un art naissant à l’époque. Dès 1856, elle collabore avec le photographe Pierre-Louis Pierson, réalisant plus de 700 portraits au cours de quatre décennies. Ces photographies, souvent mises en scène de manière théâtrale, reflètent sa fascination pour son propre image et son désir de capturer les moments marquants de sa vie. Certaines poses, jugées audacieuses pour l’époque, dévoilent ses jambes et ses pieds nus, témoignant de son avant-gardisme et de son goût pour la provocation.

Retour en Italie et engagements politiques

En 1857, Virginia retourne en Italie après la fin de sa liaison avec l’empereur. Quatre ans plus tard, en 1861, le Royaume d’Italie est proclamé, un événement auquel elle aurait contribué par son influence sur Napoléon III. Cette même année, elle revient en France et s’installe à Passy, continuant à jouer un rôle dans les cercles diplomatiques et politiques. En 1871, après la défaite de la France lors de la guerre franco-prussienne, Virginia est sollicitée pour rencontrer secrètement Otto von Bismarck. Elle le convainc que l’occupation de Paris par les troupes allemandes serait préjudiciable à ses intérêts, contribuant ainsi à épargner la capitale française d’une telle occupation.

Déclin et retrait de la vie publique

Virginia Oldoini 1893

Les années passant, Virginia se retire progressivement de la vie mondaine. Elle s’installe dans un appartement place Vendôme à Paris, qu’elle fait aménager avec des tentures noires, gardant les volets fermés et bannissant les miroirs pour ne pas affronter les signes de son vieillissement. Elle ne sort plus que la nuit, évitant le regard des autres et vivant dans une quasi-réclusion. Malgré sa solitude, elle reprend brièvement sa collaboration avec Pierson dans les années 1890, bien que les photographies de cette période reflètent une certaine instabilité mentale. Elle envisage d’exposer ses portraits lors de l’Exposition universelle de 1900, projet qui ne verra jamais le jour.

Virginia Oldoini s’éteint le 28 novembre 1899 à l’âge de 62 ans.