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TISSANDIER Gaston

Qui est Gaston Tissandier ?

Nom complet : Gaston Tissandier.
Naissance : 20 novembre 1843 (Paris, France).
Mort : 30 août 1899 (Paris, France) à 55 ans.
Activité : chimiste, météorologue, aérostier, écrivain et vulgarisateur scientifique.
Notoriété : fondateur de la revue La Nature, survivant de la catastrophe du ballon Zénith et pionnier du dirigeable électrique.

Où se trouve la tombe de Gaston Tissandier ?

La tombe de Gaston Tissandier se trouve dans la division 27 du cimetière du Père-Lachaise. Cette sépulture familiale accueille également son frère Albert Tissandier, architecte, dessinateur et aérostier.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 27
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise ; la sépulture se situe dans la division 27.

Le monument funéraire de Gaston Tissandier au Père-Lachaise

Tombe familiale de Gaston et Albert Tissandier au Père-Lachaise
Tombe familiale de Gaston et Albert Tissandier, ornée d’un ballon sculpté, division 27. Wikimedia Commons, licence libre indiquée sur la page du fichier.

La sépulture de la famille Tissandier, située dans la 27e division du Père-Lachaise, est formée d’une grande dalle de pierre légèrement inclinée, couverte d’inscriptions consacrées aux différents membres de la famille. Son élément le plus remarquable est un ballon sculpté en relief au centre de la pierre, évocation directe de la passion pour l’aérostation qui marqua plusieurs générations des Tissandier.

Gaston Tissandier y repose notamment aux côtés de son frère Albert Tissandier, architecte, dessinateur et lui-même aéronaute. Les deux frères participèrent ensemble aux débuts de la navigation aérienne et expérimentèrent dans les années 1880 un dirigeable mû par un moteur électrique, ce qui donne au ballon gravé sur leur tombe une signification particulièrement forte.

Biographie de Gaston Tissandier

Gaston Tissandier naît à Paris le 20 novembre 1843. Il grandit dans une famille cultivée, aux côtés de son frère aîné Albert, futur architecte et dessinateur. Après des études au lycée Bonaparte, l’actuel lycée Condorcet, il se forme à la chimie au Conservatoire des arts et métiers. Auprès du chimiste Pierre-Paul Dehérain, il acquiert une pratique expérimentale qui restera au centre de son travail. Il dirige ensuite un laboratoire d’analyses industrielles et enseigne à l’Association polytechnique.

Portrait photographique de Gaston Tissandier
Gaston Tissandier photographié par Alphonse Liébert. Bibliothèque nationale de France / Wikimedia Commons, domaine public.

La science pratiquée dans les airs

La météorologie conduit bientôt le jeune chimiste vers l’aérostation. Le ballon permet alors d’observer l’atmosphère, de mesurer la température et l’humidité, mais aussi de tester les mouvements des masses d’air. Le 16 août 1868, Tissandier effectue sa première ascension avec l’aéronaute Claude-Jules Duruof, au départ de Calais. Emporté au-dessus de la mer, le ballon retrouve la terre grâce à un courant aérien de direction opposée rencontré en altitude. Cette expérience spectaculaire confirme sa vocation.

Il multiplie dès lors les vols, souvent conçus comme de véritables missions scientifiques. Les instruments embarqués servent à recueillir des données tandis que ses récits rendent l’aventure compréhensible au public. Tissandier ne sépare jamais complètement l’expérimentation de sa transmission : chaque ascension peut devenir une observation, un article, une conférence ou une illustration.

Gaston Tissandier debout dans la nacelle d’un ballon
Gaston Tissandier debout dans une nacelle de ballon. Bibliothèque du Congrès / Wikimedia Commons, domaine public.

Les ballons du siège de Paris

La guerre franco-prussienne de 1870 donne à l’aérostation une fonction nouvelle. Paris assiégé doit maintenir une liaison avec la province. Le 30 septembre, Gaston Tissandier quitte la capitale à bord du ballon Le Céleste et atterrit près de Dreux. Il apporte ensuite son expérience au service des ballons-poste, utilisés pour transporter dépêches, courrier et voyageurs au-dessus des lignes ennemies. Il rejoint l’armée de la Loire et participe à l’organisation de ce moyen de communication inédit.

Cette période nourrit plusieurs de ses publications. Il rassemble témoignages, données techniques et souvenirs personnels afin de documenter une aventure collective où se rencontrent science, nécessité militaire et improvisation. Son intérêt pour les archives aéronautiques s’affirme également : avec Albert, il constitue progressivement une importante collection de livres, gravures, affiches et documents consacrés à l’histoire du vol.

La catastrophe du Zénith

Le 15 avril 1875, Gaston Tissandier s’élève dans le ballon Zénith avec Joseph Crocé-Spinelli et Théodore Sivel. Leur objectif est d’étudier la haute atmosphère et les effets de l’altitude. Le ballon dépasse 8 000 mètres. Malgré l’oxygène embarqué, les trois hommes perdent progressivement leurs forces sous l’effet de l’hypoxie. Crocé-Spinelli et Sivel meurent dans la nacelle ; Tissandier reprend connaissance lors de la descente et survit, mais son audition reste durablement atteinte.

Sivel, Crocé-Spinelli et Tissandier dans le ballon Zénith en 1875
Sivel, Crocé-Spinelli et Tissandier à bord du Zénith, illustration publiée dans La Nature en 1875. Wikimedia Commons, domaine public.

Le drame marque l’opinion et devient un épisode majeur de l’histoire de l’aérostation scientifique. Tissandier publie un récit précis des événements, fondé sur ses souvenirs et les instruments retrouvés. Loin d’abandonner les recherches aéronautiques, il poursuit son travail, tout en rappelant les risques physiologiques de la très haute altitude. Ses deux compagnons sont enterrés non loin de la famille Tissandier au Père-Lachaise.

La Nature, une revue pour comprendre le progrès

En 1873, Tissandier fonde La Nature, revue hebdomadaire consacrée aux sciences et à leurs applications. Le projet répond à une conviction : les découvertes ne doivent pas rester enfermées dans les laboratoires et les académies. Articles accessibles, gravures détaillées, expériences reproductibles et nouvelles venues de l’étranger permettent au lecteur de suivre les transformations techniques de son époque.

Portrait de Gaston Tissandier dans la revue La Nature
Gaston Tissandier présenté dans la revue scientifique La Nature. Wikimedia Commons, domaine public.

La revue rencontre un large public. Gaston en assure la direction et fait appel à Albert pour de nombreuses illustrations. Il écrit aussi des ouvrages de vulgarisation destinés aux adultes comme aux jeunes lecteurs. Ses Récréations scientifiques proposent des expériences et jeux fondés sur des phénomènes physiques ou chimiques. L’Académie française distingue cet ouvrage par un prix Montyon. Son approche associe le plaisir de la manipulation à l’exactitude de l’explication.

Le dirigeable électrique des frères Tissandier

Au début des années 1880, Gaston et Albert cherchent à rendre l’aérostat dirigeable. Ils construisent un appareil fuselé entraîné par une hélice et un moteur électrique Siemens alimenté par des piles. Le 8 octobre 1883, leur dirigeable effectue un premier vol à Auteuil. Sa vitesse reste faible et le vent limite encore sa maîtrise, mais l’expérience démontre qu’une propulsion électrique peut déplacer un aérostat.

Dirigeable électrique conçu par Gaston et Albert Tissandier
Le dirigeable électrique des frères Gaston et Albert Tissandier, expérimenté en 1883. Wikimedia Commons, domaine public.

Un nouvel essai en 1884 améliore les possibilités de manœuvre. Ces travaux se situent entre les ballons traditionnels et les dirigeables motorisés du XXe siècle. Ils illustrent la méthode des frères Tissandier : observer, dessiner, construire, essayer, puis publier les résultats. Leurs recherches contribuent à diffuser l’idée que le vol dirigé dépendra de moteurs légers et d’une meilleure connaissance de l’aérodynamique.

Écrivain, collectionneur et témoin d’un siècle inventif

Gaston Tissandier publie de nombreux livres sur l’aérostation, la photographie, les inventions et l’histoire des techniques. Histoire de mes ascensions, Les Aérostats, La Navigation aérienne et Histoire des ballons et des aéronautes célèbres mêlent documentation, expérience personnelle et volonté pédagogique. Il s’intéresse aussi à la photographie, dont il expose les procédés et les progrès.

Sa collection aéronautique, enrichie avec Albert, rassemble près d’un millier de pièces aujourd’hui conservées à la Bibliothèque du Congrès à Washington. Elle couvre l’histoire des ballons depuis le XVIIIe siècle et préserve affiches, portraits, récits de vols et projets techniques. Gaston Tissandier meurt à Paris le 30 août 1899, à cinquante-cinq ans. Son fils Paul poursuivra l’aventure familiale en devenant aviateur et pilote des frères Wright.

Œuvres et réalisations principales

  • Fondation de la revue scientifique La Nature en 1873.
  • Histoire de mes ascensions, 1877.
  • Les Merveilles de la photographie, 1874.
  • Récréations scientifiques, 1880-1881.
  • La Navigation aérienne, 1885.
  • Histoire des ballons et des aéronautes célèbres, 1887.
  • Expérimentation, avec Albert Tissandier, d’un dirigeable à propulsion électrique en 1883 et 1884.

Distinctions et fonctions

  • Chevalier de la Légion d’honneur.
  • Prix Montyon de l’Académie française pour Récréations scientifiques.
  • Fondateur et directeur de La Nature.
  • Aérostier pendant le siège de Paris et auprès de l’armée de la Loire en 1870-1871.
  • Auteur de plus de quarante ascensions consacrées notamment à l’observation scientifique.