Qui est Charles Monselet ?
Nom complet : Charles Monselet.
Naissance : 30 avril 1825 (Nantes, France).
Mort : 19 mai 1888 (Paris, France) à 63 ans.
Activité : écrivain, journaliste, romancier, poète, auteur dramatique et chroniqueur gastronomique.
Notoriété : homme de lettres prolifique du XIXe siècle, surnommé « le roi des gastronomes », fondateur de la revue Le Gourmet et auteur de La Cuisinière poétique.
Où se trouve la tombe de Charles Monselet ?
La tombe de Charles Monselet se trouve dans la division 66 du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Charles Monselet au Père-Lachaise
Le monument est une stèle de pierre ornée d’un médaillon en bronze représentant Charles Monselet de profil. L’inscription principale rappelle son identité, sa qualité de « littérateur », ses dates et son titre de chevalier de la Légion d’honneur. La sépulture est partagée avec Adolphe Candé, artiste dramatique mort en 1931, époux de sa fille Louise Monselet.
Le médaillon donne au tombeau le caractère d’un monument commémoratif consacré à l’homme de lettres. La tombe, située en troisième ligne de la division 66, est protégée avec l’ensemble patrimonial du cimetière.


Biographie de Charles Monselet
Charles Monselet naît à Nantes le 30 avril 1825. Son père travaille dans l’imprimerie et la typographie, univers où les mots sont à la fois matière, métier et commerce. L’enfance du futur écrivain se déroule en partie à Bordeaux. Il y reçoit une formation pratique de compositeur typographe, puis devient correcteur au Courrier de la Gironde. Cette fréquentation quotidienne des journaux lui apprend la concision, le rythme et l’art de saisir un sujet susceptible d’intéresser immédiatement le lecteur.

Les débuts d’un journaliste
Il commence par les faits divers et les entrefilets avant de signer des articles plus développés. Dès 1846, il collabore à L’Artiste. Revenu à Nantes en 1852, il poursuit ses premières armes littéraires, mais Paris l’attire bientôt. La capitale concentre les éditeurs, les théâtres, les journaux et les cafés où se rencontre la bohème des lettres. Monselet s’y installe durablement et travaille pour de nombreux titres, parmi lesquels La Patrie, Le Monde illustré, Le Figaro et plus tard L’Époque.
Sa plume convient parfaitement à la presse du Second Empire. Elle est vive, descriptive, volontiers ironique, attentive aux figures pittoresques comme aux gloires consacrées. Il fréquente Théophile Gautier, Charles Baudelaire, Barbey d’Aurevilly, Alfred Delvau et Albert Glatigny. Cette sociabilité nourrit ses chroniques, ses portraits et ses souvenirs. Monselet observe Paris comme un immense théâtre où écrivains, comédiens, journalistes, restaurateurs et aventuriers jouent leur rôle.

Romancier, historien des lettres et homme de théâtre
Son œuvre est d’une abondance remarquable. Il publie des romans populaires, des nouvelles, des poèmes, des vaudevilles et des livrets. Les Chemises rouges, vaste ensemble paru entre 1850 et 1857, appartient à cette veine narrative. D’autres titres, comme François Soleil, La Fin de l’orgie ou Chanvallon, histoire d’un souffleur de la Comédie-Française, témoignent de son goût pour les coulisses sociales et théâtrales.
Monselet s’intéresse également aux écrivains oubliés ou négligés du XVIIIe siècle. Dans Rétif de la Bretonne, sa vie et ses amours, publié en 1854, il participe à la redécouverte d’un auteur alors peu lu. Les Oubliés et les Dédaignés, Les Originaux du siècle dernier et Galanteries du XVIIIe siècle mêlent érudition, anecdote et art du portrait. Il ne cherche pas à écrire une histoire littéraire universitaire : il ressuscite des tempéraments et des milieux pour les lecteurs de son temps.

Au théâtre, il cultive la comédie, le vaudeville et la parodie. Il se moque avec affection des grandes machines romantiques et des conventions du spectacle. Ses pièces tardives comprennent notamment Les Dindons de la farce, L’Amour médecin et Joli Gilles. Plusieurs de ses textes sont écrits avec des collaborateurs, selon les usages d’un théâtre parisien soumis à une production rapide.
Le « roi des gastronomes »
La réputation la plus durable de Monselet vient pourtant de la gastronomie. Il ne se présente pas comme un cuisinier, mais comme un écrivain de la table. Il raconte les repas, les produits, les restaurants et les plaisirs de la conversation avec une gourmandise littéraire. En 1857, il fonde Le Gourmet, journal consacré aux intérêts gastronomiques. L’expérience est brève, mais elle contribue à installer la chronique culinaire comme un genre journalistique.
La Cuisinière poétique, publiée en 1859 avec la participation de plusieurs écrivains, transforme recettes et souvenirs de table en matière littéraire. Monselet se place dans la lignée de Grimod de La Reynière et de Brillat-Savarin, mais son ton est plus léger, plus parisien et souvent humoristique. Il fait paraître ensuite plusieurs Almanachs des gourmands, puis Gastronomie, récits de table et les Lettres gourmandes, manuel de l’homme à table.

Son personnage public se confond peu à peu avec cette passion. Sa forte corpulence, sa bonne humeur et son appétit deviennent des sujets de caricature. Mais derrière l’image du gourmand se trouve une conception culturelle de la cuisine : un repas réunit la mémoire, le goût, la poésie et la sociabilité. Monselet évoque les tables célèbres et les spécialités régionales, tout en donnant une place aux émotions et aux souvenirs personnels.
Un chroniqueur de la vie parisienne
Monselet excelle aussi dans le pastiche. Il imite les styles de ses contemporains, détourne leurs procédés et révèle, par l’humour, les habitudes du monde littéraire. Ses recueils Figurines parisiennes, La Lorgnette littéraire ou Statues et statuettes contemporaines composent une galerie de son époque. Alexandre Dumas, Chateaubriand, Rossini, Mme Récamier et bien d’autres apparaissent sous une plume qui cherche le trait révélateur plutôt que le jugement définitif.

Il voyage également et publie des récits consacrés à la France, à l’Angleterre, à l’Italie, à la Belgique, à l’Allemagne, à l’Espagne et au Portugal. Son regard demeure celui d’un chroniqueur : il s’intéresse aux paysages, mais surtout aux habitudes, aux spectacles et aux tables. Cette curiosité fait de son œuvre une source vivante sur les sociabilités du XIXe siècle.
Les dernières années
Monselet continue à publier jusqu’à la fin de sa vie. Ses Poésies complètes paraissent en 1881. Il demeure une figure familière des journaux et des restaurants parisiens, entouré d’amis écrivains et artistes. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur, distinction rappelée sur sa tombe. Sa famille reste liée au monde des arts : son fils André devient journaliste, son fils Étienne peintre, tandis que ses filles Clotilde et Louise suivent également des carrières artistiques ou théâtrales.
Charles Monselet meurt à Paris le 19 mai 1888. La presse illustrée lui rend hommage quelques jours plus tard. Son œuvre littéraire, longtemps dispersée entre romans, chroniques et pièces de circonstance, conserve la saveur d’une époque où le journalisme se mêlait étroitement aux lettres. Ses écrits gastronomiques demeurent la partie la plus célèbre de son travail : ils ont contribué à faire du repas et du goût des sujets à part entière de la littérature française.
Œuvres principales
- Les Chemises rouges (1850-1857).
- Statues et statuettes contemporaines (1852).
- Rétif de la Bretonne, sa vie et ses amours (1854).
- Figurines parisiennes (1854).
- Les Oubliés et les Dédaignés (1857).
- La Cuisinière poétique (1859).
- Les Tréteaux (1859).
- Almanach des gourmands et ses suites (années 1860).
- Chanvallon, histoire d’un souffleur de la Comédie-Française (1872).
- Gastronomie, récits de table (1874).
- Lettres gourmandes, manuel de l’homme à table (1877).
- Poésies complètes (1881).
Distinctions et fonctions
- Chevalier de la Légion d’honneur.
- Fondateur et directeur de la revue gastronomique Le Gourmet.
- Collaborateur de nombreux journaux, notamment L’Artiste, La Patrie, Le Monde illustré, Le Figaro et L’Époque.
- Écrivain surnommé par ses contemporains « le roi des gastronomes ».
- Une rue de Nantes et une rue du 19e arrondissement de Paris portent son nom.