Qui est Jules Michelet ?
Nom complet : Jules Michelet.
Naissance : 21 août 1798 (Paris, France).
Mort : 9 février 1874 (Hyères, France) à 75 ans.
Activités : historien, écrivain, archiviste et professeur.
Notoriété : auteur de l’Histoire de France et de l’Histoire de la Révolution française.
Où se trouve la tombe de Jules Michelet ?
La tombe de Jules Michelet se trouve dans la division 52 du cimetière du Père-Lachaise, chemin du Bastion, en première ligne.

Le monument funéraire de Jules Michelet au Père-Lachaise
Mort à Hyères en 1874, Jules Michelet y fut d’abord inhumé. Sa dépouille fut transférée au Père-Lachaise le 18 mai 1876, lors de funérailles qui attirèrent une foule considérable. Élevé grâce à une souscription internationale, le monument fut inauguré le 13 juillet 1882. L’architecte Jean-Louis Pascal conçut l’édicule de marbre et Antonin Mercié réalisa le groupe sculpté.
Michelet apparaît étendu sur un sarcophage, une plume encore tenue dans la main droite. Au-dessus de lui, une figure féminine personnifiant l’Histoire désigne l’inscription « L’Histoire est une résurrection ». La stèle encadrée de colonnes corinthiennes porte aussi un extrait de son testament. Le tombeau, protégé au titre des monuments historiques, associe ainsi le repos de l’écrivain à sa conception d’une histoire capable de rendre vie aux générations disparues.


Biographie de Jules Michelet
Une enfance dans l’atelier familial
Jules Michelet naît à Paris le 21 août 1798, dans une famille d’artisans imprimeurs. Son enfance se déroule dans un milieu modeste, marqué par les difficultés économiques de l’Empire. Il grandit parmi les caractères, les presses et les livres de l’atelier paternel. Élève appliqué, il poursuit ses études au lycée Charlemagne, où sa réussite lui permet d’envisager une carrière intellectuelle. Reçu agrégé des lettres en 1821, il commence à enseigner peu après.

De l’enseignement aux Archives
Michelet enseigne d’abord dans des collèges parisiens, puis à l’École normale. Sa découverte de Giambattista Vico joue un rôle majeur dans la formation de sa pensée : il traduit et adapte la Science nouvelle, dont il retient l’idée que les peuples sont les véritables acteurs de leur histoire. La révolution de Juillet 1830 accélère sa carrière. Il devient chef de la section historique des Archives royales, futures Archives nationales, où l’accès aux documents nourrit directement son travail.
En 1831 paraît l’Introduction à l’histoire universelle. Deux ans plus tard, il entreprend son immense Histoire de France. L’historien ne se contente pas de présenter les règnes et les batailles : il cherche à restituer les croyances, le travail, les souffrances et les aspirations collectives. Son écriture, très personnelle et imagée, rapproche l’enquête savante de la littérature.

La chaire du Collège de France
Élu en 1838 à l’Académie des sciences morales et politiques, Michelet obtient la même année une chaire d’histoire et de morale au Collège de France. Ses cours deviennent des événements publics. Aux côtés d’Edgar Quinet, il critique l’influence politique des jésuites et défend une conception républicaine de l’éducation. Le pouvoir suspend ses cours en 1848, puis lui retire sa chaire après le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte.
En 1852, son refus de prêter serment au nouveau régime lui coûte également son poste aux Archives. Cette rupture institutionnelle l’éloigne des grands établissements, mais lui laisse davantage de temps pour écrire. Installé quelque temps à Nantes puis en Italie, il poursuit une œuvre commencée depuis deux décennies.

Écrire la France et la Révolution
Son Histoire de France, publiée de 1833 à 1867, constitue l’axe central de sa vie d’écrivain. Michelet y propose une histoire nationale animée par le mouvement des peuples. Il contribue aussi à populariser l’usage du mot « Renaissance » pour désigner une période historique autonome. Dans l’Histoire de la Révolution française, parue entre 1847 et 1853, il fait de 1789 l’irruption du peuple sur la scène politique. Son récit demeure engagé : l’historien assume son attachement à la République et à la liberté.

Nature, peuple et condition féminine
À partir des années 1850, son champ d’écriture s’élargit. L’Oiseau, L’Insecte, La Mer et La Montagne mêlent observation de la nature, méditation et poésie. Le Peuple décrit les classes populaires comme une force historique. Dans La Femme, L’Amour et La Sorcière, il aborde les rapports entre les sexes, la religion, le corps et les persécutions. Ces textes portent les valeurs et les limites de leur époque, mais témoignent de sa volonté de faire entrer dans l’histoire des êtres longtemps laissés à sa marge.

Athénaïs Michelet et les dernières années
Veuf de Pauline Rousseau depuis 1839, Michelet épouse en 1849 Athénaïs Mialaret, de vingt-huit ans sa cadette. Elle devient sa collaboratrice, sa lectrice et, après sa mort, l’éditrice d’une partie de ses papiers. Le couple partage un intérêt pour l’histoire naturelle et le travail littéraire. Michelet poursuit jusqu’au bout la révision de ses livres et la rédaction de son journal.
Affaibli, il séjourne dans le Midi et meurt à Hyères le 9 février 1874. Après son transfert à Paris en 1876, sa tombe devient un lieu de commémoration républicaine. Son œuvre continue d’être discutée pour sa manière d’unir archives, imagination littéraire et engagement civique. Elle a profondément marqué l’écriture de l’histoire au XIXe siècle.
Œuvres principales
- Introduction à l’histoire universelle (1831).
- Histoire de France (1833-1867).
- Le Peuple (1846).
- Histoire de la Révolution française (1847-1853).
- Les Femmes de la Révolution (1854).
- L’Oiseau (1856), L’Insecte (1857), La Mer (1861) et La Montagne (1868).
- L’Amour (1858) et La Femme (1859).
- La Sorcière (1862).
Distinctions et fonctions
- Agrégé des lettres (1821).
- Professeur à l’École normale à partir de 1827.
- Chef de la section historique des Archives nationales (1831-1852).
- Titulaire de la chaire d’histoire et de morale au Collège de France (1838-1851).
- Membre de l’Académie des sciences morales et politiques, élu en 1838.
- Chevalier de la Légion d’honneur.