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MARGARITIS Gilles

Qui est Gilles Margaritis ?

Nom complet : Jean Gilles Margaritis.
Naissance : 13 mars 1912 (Paris, France).
Mort : 7 novembre 1965 (Paris, France) à 53 ans.
Activités : acteur, metteur en scène, réalisateur et producteur de télévision.
Notoriété : créateur et producteur de La Piste aux étoiles, émission majeure consacrée au cirque à la télévision française.

Où se trouve la tombe de Gilles Margaritis ?

La tombe de Gilles Margaritis se trouve dans la division 02 du cimetière du Père-Lachaise. Il repose dans une chapelle funéraire familiale ancienne.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 02

Le monument funéraire de Gilles Margaritis au Père-Lachaise

La sépulture de Gilles Margaritis est une chapelle familiale en pierre située dans la partie ancienne de la division 02. Sa façade étroite est encadrée de pilastres et surmontée d’un fronton triangulaire. Une porte métallique ferme l’édicule, tandis que les inscriptions gravées rappellent les différents membres de la famille Margaritis qui y ont été réunis au fil du temps.

Tombe de Gilles Margaritis au Père-Lachaise
Vue générale de la chapelle funéraire de Gilles Margaritis, division 02. Photo : Wikimedia Commons, licence libre.
Chapelle funéraire de la famille Margaritis au Père-Lachaise
Façade de la chapelle de la famille Margaritis au Père-Lachaise. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie de Gilles Margaritis

Une jeunesse marquée par Roger Martin du Gard

Jean Gilles Margaritis naît à Paris le 13 mars 1912. Il perd son père, mort au front, alors qu’il est encore enfant. Son tuteur est l’écrivain Roger Martin du Gard, futur prix Nobel de littérature. Cette proximité avec un homme de lettres attentif au théâtre, aux formes du récit et à l’observation du monde contribue à placer très tôt le jeune Margaritis dans un environnement artistique exigeant.

Après ses études secondaires, il ne suit pas une carrière académique classique. Il se tourne vers le spectacle, domaine dans lequel il peut associer le jeu, la mise en scène, le rythme et le goût de l’invention. Sa trajectoire se construit au croisement du théâtre, du cinéma, du music-hall puis de la télévision naissante. Cette diversité restera sa marque : Margaritis ne sépare jamais complètement l’acteur du réalisateur ni le metteur en scène du producteur.

Le cinéma et le duo des Chesterfield

Gilles Margaritis apparaît au cinéma dès 1934. Robert Bresson lui confie le rôle d’un chauffeur dans le court métrage Les Affaires publiques. La même année, Jean Vigo l’emploie dans L’Atalante, où il joue un camelot. Ces participations, modestes par leur durée mais liées à deux cinéastes essentiels, montrent la rapidité avec laquelle il entre dans les milieux de l’avant-garde française. En 1942, il tient encore le rôle de Marga dans Opéra-Musette de René Lefèvre et Claude Renoir.

Parallèlement, il développe une forme de spectacle plus directement populaire. En 1936, il crée avec Roger Caccia un numéro musical excentrique présenté sous le nom des « Chesterfield ». Le duo mêle musique, gestes, décalage comique et précision scénique. Cette expérience du music-hall apprend à Margaritis à construire un numéro court, immédiatement lisible, mais capable de conserver une personnalité forte. Elle formera l’un des socles de son futur travail télévisuel.

Du théâtre à la réalisation

Margaritis entretient également un lien constant avec la scène. Il participe en 1934 à Rosalinde ou Comme il vous plaira, adaptation de Shakespeare mise en scène par Jacques Copeau. Après la guerre, il met en scène des spectacles qui réunissent plusieurs figures de l’humour français. En 1951, Autre chose ! rassemble notamment Pierre Dac, Francis Blanche et Roger Pierre. La même année, il dirige Trois faibles femmes, avec une musique de Bruno Coquatrix.

Il passe aussi derrière la caméra. Il réalise les courts métrages L’Homme en 1946 et Les Actualités burlesques en 1948. En 1953, il signe Les Quatre Mousquetaires, comédie construite autour du quatuor musical Les Quatre Barbus. Ces films prolongent sa recherche d’un spectacle visuel rythmé, dans lequel la musique et le comique physique jouent un rôle essentiel.

Portrait de Gilles Margaritis en 1945
Gilles Margaritis photographié par le Studio Harcourt en 1945. Studio Harcourt / Wikimedia Commons, domaine public.

Les débuts de la télévision française

Au tournant des années 1950, la télévision française offre à Margaritis un terrain presque neuf. Les programmes sont encore peu nombreux, les moyens techniques limités et une large part des émissions est réalisée en direct. Il y retrouve la tension du spectacle vivant, mais aussi la possibilité de choisir les cadres et d’organiser le regard du public. Dès 1950, il participe à Music-Hall Parade, puis conçoit Chester Folies, qui transpose à l’écran l’esprit du duo formé avec Roger Caccia.

Chester Folies fonctionne comme un laboratoire. Margaritis y expérimente les enchaînements rapides, les trucages simples, la parodie et la succession de numéros. La dernière émission, en 1954, contient notamment une parodie d’émission culinaire. Mais son ambition se déplace alors vers un univers qu’il connaît et admire : le cirque. Il veut montrer non seulement un numéro isolé, mais une piste entière, avec son orchestre, son public, ses entrées et ses changements d’atmosphère.

Programme de cirque français en 1950
Programme d’un grand cirque franco-belge en 1950, au moment où Gilles Margaritis prépare ses premières émissions de télévision. Bibliothèque nationale de France / Wikimedia Commons, domaine public.

La naissance de La Piste aux étoiles

La Piste aux étoiles est diffusée pour la première fois le 11 mars 1954 sur la RTF. Créée et produite par Gilles Margaritis, elle est principalement tournée au Cirque d’Hiver de Paris, mais aussi sous le chapiteau du cirque Pinder. Le dispositif conserve les codes du cirque traditionnel : monsieur Loyal présente les artistes, l’orchestre ponctue les entrées et la piste devient le centre d’un récit collectif. Michel Francini puis Roger Lanzac comptent parmi les présentateurs associés à l’émission.

Margaritis doit transformer une succession de numéros en programme de télévision. Il choisit les artistes, règle l’ordre de passage et veille aux transitions. Une émission peut accueillir plus de vingt numéros en environ soixante-quinze minutes. Acrobates, clowns, jongleurs, trapézistes, dompteurs et cavaliers sont filmés au plus près, tout en conservant la perception de la piste et des réactions du public. D’abord hebdomadaire, le rendez-vous devient mensuel à partir de 1958, sans perdre sa place dans les habitudes familiales.

Ancienne vue du Cirque d’Hiver de Paris
Le Cirque Napoléon, devenu Cirque d’Hiver, dans une gravure du XIXe siècle. Bibliothèque nationale de France / Wikimedia Commons, domaine public.

Une écriture adaptée au direct

Le succès de l’émission repose sur une préparation minutieuse. Les caméras de télévision sont lourdes et peu mobiles ; le direct interdit presque toute correction. Margaritis imagine donc une réalisation fondée sur l’anticipation : chaque déplacement, chaque point culminant et chaque changement d’agrès doivent être connus de l’équipe. Les gros plans rapprochent le téléspectateur de l’artiste, tandis que les vues larges maintiennent l’échelle spectaculaire de la piste. Le producteur adapte le langage du cirque sans le réduire à une simple suite d’images.

Parmi ses collaborateurs figure Pierre Tchernia, l’un des pionniers de la télévision française, qui réalise plusieurs émissions. Leur travail s’inscrit dans une période où les métiers de la télévision se définissent encore en pratiquant. Margaritis apporte son expérience du plateau et du music-hall ; les techniciens et réalisateurs élaborent avec lui une grammaire visuelle appelée à devenir familière à des millions de téléspectateurs.

Portrait de Pierre Tchernia en 1950
Pierre Tchernia en 1950, collaborateur de Gilles Margaritis à la réalisation de La Piste aux étoiles. Agence Circa / Wikimedia Commons, domaine public.

Le Cirque d’Hiver, écrin de l’émission

Le Cirque d’Hiver devient indissociable de l’identité visuelle de La Piste aux étoiles. Son architecture circulaire, ses gradins rapprochés et sa piste centrale conviennent particulièrement à la télévision. Margaritis exploite cette géométrie pour faire sentir simultanément la prouesse des artistes et l’émotion du public. L’émission contribue en retour à inscrire le bâtiment et l’imaginaire du cirque dans la mémoire audiovisuelle française de l’après-guerre.

Façade du Cirque d’Hiver de Paris
Le Cirque d’Hiver de Paris, principal lieu de tournage de La Piste aux étoiles. Photo : DXR / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Les dernières années et la continuité de l’émission

Gilles Margaritis poursuit la production de La Piste aux étoiles jusqu’à sa mort à Paris, le 7 novembre 1965, à l’âge de 53 ans. Sa disparition ne met pas fin au programme. Son épouse Hélène Margaritis en reprend la gestion et assure la continuité de l’œuvre. L’émission demeure à l’antenne, successivement sur la RTF, l’ORTF puis Antenne 2, jusqu’en 1978.

Cette longévité mesure l’importance de l’intuition initiale de Margaritis. Il a compris que la télévision pouvait transmettre l’énergie du spectacle vivant à condition de lui inventer une mise en scène propre. Avec La Piste aux étoiles, il a donné au cirque une visibilité nationale durable et participé à la formation du langage des grandes émissions de divertissement françaises.

Filmographie et principales émissions

Comme acteur : Les Affaires publiques (1934), L’Atalante (1934), Opéra-Musette (1942).
Comme réalisateur : L’Homme (1946), Les Actualités burlesques (1948), Les Quatre Mousquetaires (1953).
À la télévision : Music-Hall Parade (1950), Chester Folies (1950-1954), La Piste aux étoiles (à partir de 1954).

Fonctions et distinctions

Créateur et producteur de La Piste aux étoiles ; acteur, réalisateur de cinéma et metteur en scène ; pionnier du divertissement télévisé français ; chevalier de la Légion d’honneur.