Qui est François Étienne Kellermann ?
Nom complet : François Étienne Kellermann.
Naissance : 4 août 1770 (Metz, France).
Mort : 2 juin 1835 (Paris, France) à 64 ans.
Activité : général de cavalerie, lieutenant-général et pair de France.
Notoriété : général du Premier Empire, célèbre pour sa charge de cavalerie à la bataille de Marengo ; deuxième duc de Valmy.
Où se trouve la tombe de François Étienne Kellermann ?
François Étienne Kellermann repose dans le caveau familial Kellermann, situé dans la division 30 du cimetière du Père-Lachaise, en première ligne. La sépulture porte le numéro de concession perpétuelle 666.

Le monument funéraire de François Étienne Kellermann au Père-Lachaise
Le général repose dans une imposante sépulture familiale conçue par l’architecte Lucien-Tirté Van Cleemputte. Le monument, élevé au XIXe siècle, présente une composition de pierre structurée en trois panneaux. Les inscriptions rappellent plusieurs générations de la famille et associent étroitement la mémoire du fils à celle de son père, François Christophe Kellermann, maréchal d’Empire et vainqueur de Valmy.
Le panneau consacré à François Étienne le désigne comme duc de Valmy, pair de France et lieutenant-général des armées du roi. Le caveau accueille également Marie-Anne Barbé, épouse du maréchal, Marguerite-Cécile de Kellermann, le diplomate François Christophe Edmond de Kellermann et d’autres membres de la famille. Déplacée entre 1836 et 1852, la sépulture a été restaurée dans les années 1990 dans le cadre des interventions de la Ville de Paris sur l’architecture funéraire.


Biographie de François Étienne Kellermann
François Étienne Kellermann naît à Metz le 4 août 1770. Il est le fils de François Christophe Kellermann, futur maréchal d’Empire et héros de Valmy, et de Marie-Anne Barbé, sœur de François de Barbé-Marbois. Grandir dans une famille liée à l’armée et à l’administration royale l’oriente très tôt vers le métier des armes, mais son parcours ne se réduit pas à l’ombre de son père. Cavalier audacieux, plusieurs fois blessé et souvent placé au cœur de combats difficiles, il construit sa propre réputation durant les guerres de la Révolution et de l’Empire.

Une formation entre Paris et l’Amérique
Il étudie au collège des Quatre-Nations à Paris. Encore jeune, il reçoit un brevet de sous-lieutenant de remplacement au régiment de hussards Colonel-Général. En 1791, il accompagne le chevalier de Ternant, ambassadeur de France auprès des États-Unis. Ce séjour américain, qui se prolonge jusqu’en 1793, lui donne une expérience singulière au moment où la monarchie française disparaît et où l’Europe entre en guerre contre la République.
De retour en France, il rejoint son père comme aide de camp à l’armée des Alpes. Il participe au siège de Lyon, puis partage la disgrâce paternelle lorsque le général Kellermann est emprisonné pendant la Terreur. Le jeune officier est lui-même inquiété. Après la chute de Robespierre, la famille retrouve progressivement sa liberté et François Étienne peut reprendre du service.

Les campagnes d’Italie
Sa carrière prend véritablement son essor à l’armée d’Italie. Il sert sous les ordres de Masséna et se distingue au cours des opérations de 1796 et 1797. Au passage du Tagliamento, il mène une charge vigoureuse qui contribue au succès français. Promu général de brigade en 1797, il appartient à cette génération d’officiers dont l’avancement repose autant sur l’expérience du feu que sur l’ancienneté.
Il participe ensuite aux combats menés en Italie contre les forces austro-russes. Sa manière de commander est déjà reconnaissable : observation rapide du terrain, goût de l’initiative et emploi concentré de la cavalerie. Cette hardiesse lui vaut des succès, mais l’expose aussi fréquemment aux blessures et aux critiques lorsqu’une opération échoue.

La charge de Marengo
Le 14 juin 1800, à Marengo, Kellermann commande une brigade de cavalerie lourde dans l’armée de réserve du Premier consul Bonaparte. La bataille semble perdue lorsque les Autrichiens, persuadés de leur victoire, poursuivent leur avance. L’arrivée de la division Desaix permet aux Français de reprendre l’offensive. Au moment décisif, Kellermann lance ses cavaliers contre le flanc des troupes autrichiennes.
La charge désorganise les grenadiers ennemis, favorise la capture de nombreux soldats et transforme le mouvement de retraite français en victoire. Le rôle exact des différentes unités a longtemps alimenté les récits concurrents, mais l’intervention de Kellermann demeure l’un des épisodes les plus célèbres de la bataille. Elle lui apporte une renommée durable et confirme son talent de chef de cavalerie.
Bonaparte le promeut général de division en juillet 1800. Les rapports entre les deux hommes ne sont toutefois jamais exempts de tension. Kellermann estime que sa contribution à Marengo n’est pas suffisamment reconnue, tandis que le Premier consul supporte mal les revendications trop insistantes. Le général poursuit néanmoins sa carrière au service du nouveau régime.
De l’Europe centrale à la péninsule Ibérique
Sous l’Empire, Kellermann reçoit différents commandements de cavalerie et d’inspection. Il participe à la campagne de 1805 et combat à Austerlitz, où la cavalerie française joue un rôle essentiel dans la maîtrise du champ de bataille. Il sert ensuite au Portugal et en Espagne, théâtre d’une guerre très différente des campagnes rapides d’Europe centrale.
Dans la péninsule Ibérique, il commande des troupes dans le nord de l’Espagne et doit associer opérations militaires, maintien des communications et administration de territoires hostiles. Il combat notamment dans les Asturies et en Vieille-Castille. Les résistances locales, les difficultés d’approvisionnement et la guérilla rendent chaque déplacement incertain. Cette période révèle les limites d’une armée impériale conçue pour les grandes batailles lorsqu’elle se trouve engagée dans une guerre d’occupation prolongée.
Les revers de la fin de l’Empire
Kellermann continue de servir pendant les dernières campagnes napoléoniennes. Il participe aux opérations de 1813 en Allemagne et se trouve engagé dans la bataille de Leipzig. Comme beaucoup de généraux de sa génération, il voit alors l’armée française reculer sous la pression d’une coalition devenue supérieure en nombre. Il conserve néanmoins des commandements importants et reste considéré comme un officier expérimenté.
Lors de la première Restauration, il se rallie au nouveau pouvoir et reçoit le titre de lieutenant-général. Le retour de Napoléon en mars 1815 le replace pourtant au service de l’Empereur. Pendant les Cent-Jours, il commande le 3e corps de cavalerie de l’armée du Nord et est nommé pair de France.

Quatre-Bras et Waterloo
Le 16 juin 1815, à Quatre-Bras, le maréchal Ney lui ordonne d’attaquer avec une force de cavalerie limitée. Kellermann juge l’opération extrêmement dangereuse, mais obéit. Ses cuirassiers enfoncent plusieurs unités adverses avant d’être contraints de se replier. Le général voit son cheval tué et échappe difficilement à la capture.
Deux jours plus tard, à Waterloo, son corps de cavalerie est engagé dans les charges massives dirigées contre le centre allié. Kellermann tente de modérer l’ardeur de Ney, estimant que la cavalerie est lancée sans soutien suffisant de l’infanterie et de l’artillerie. Il est blessé au cours de la bataille. Les assauts répétés épuisent les régiments sans rompre les carrés britanniques, et la défaite met fin au règne de Napoléon.

Pair de France et duc de Valmy
Après Waterloo, Kellermann se retire avec l’armée derrière la Loire. Avec les généraux Gérard et Haxo, il participe aux négociations relatives à la soumission et au licenciement de cette armée. La seconde Restauration l’éloigne temporairement des fonctions actives, mais il hérite en 1820, à la mort de son père, du titre de duc de Valmy et de la pairie.
Admis à siéger à la Chambre des pairs à titre héréditaire, il intervient désormais dans la vie politique sans renier son passé militaire. Après la révolution de Juillet 1830, il prête serment à Louis-Philippe. Son parcours traverse ainsi cinq régimes : la monarchie, la Révolution, le Consulat, l’Empire et les Restaurations.
Les dernières années
François Étienne Kellermann meurt à Paris le 2 juin 1835, à l’âge de 64 ans, après avoir souffert d’une affection du foie. Il est inhumé au Père-Lachaise auprès de son père. Son fils, François Christophe Edmond de Kellermann, diplomate et député, lui succède comme troisième duc de Valmy.
Le nom « F. Kellermann » figure sur le pilier sud de l’arc de triomphe de l’Étoile. Dans le caveau de la division 30, les inscriptions réunissent les deux carrières qui ont marqué la famille : celle du père, associé à la victoire révolutionnaire de Valmy, et celle du fils, cavalier de Marengo et de Waterloo.
Principales campagnes et batailles
- Campagnes de l’armée des Alpes et siège de Lyon, 1793.
- Campagnes d’Italie, 1796-1800.
- Bataille de Marengo, 14 juin 1800.
- Bataille d’Austerlitz, 2 décembre 1805.
- Campagnes du Portugal et d’Espagne.
- Campagne d’Allemagne et bataille de Leipzig, 1813.
- Batailles de Quatre-Bras et de Waterloo, juin 1815.
Distinctions et fonctions
- Général de brigade, 1797.
- Général de division, 1800.
- Grand officier de la Légion d’honneur.
- Comte de l’Empire.
- Lieutenant-général des armées du roi.
- Deuxième duc de Valmy, 1820.
- Pair de France sous les Cent-Jours, puis pair héréditaire à partir de 1820.
- Nom gravé sur l’arc de triomphe de l’Étoile.