Qui est Adolphe Itasse ?
Nom complet : Charles Augustin Adolphe Itasse.
Naissance : 18 février 1829 (Lourmarin, France).
Mort : 13 mars 1893 (Hyères, France) à 64 ans.
Activité : sculpteur français.
Notoriété : auteur de bustes, de sculptures allégoriques et de décors monumentaux pour de grands édifices parisiens.
Où se trouve la tombe d’Adolphe Itasse ?
La tombe d’Adolphe Itasse se trouve dans la division 31 du cimetière du Père-Lachaise, à Paris. Elle est située avenue des Acacias, dans la deuxième ligne de la division.

Le monument funéraire d’Adolphe Itasse au Père-Lachaise
Le monument familial est l’œuvre de Jeanne Itasse, fille et élève du sculpteur. Un buste en bronze représente Adolphe Itasse au sommet d’une haute stèle de pierre. À sa base, un petit génie ailé en bronze se dresse sur la pointe des pieds pour offrir au défunt une branche de laurier. Autour de l’angelot sont disposés les attributs du métier et du souvenir : un maillet de sculpteur, des rameaux et une couronne de cyprès.
Une banderole porte l’hommage « Vénéré père, regretté maître », formule qui unit la filiation familiale à la transmission artistique. Le bronze fut fondu par Maurice Denonvilliers. La stèle donne 1830 comme année de naissance, mais les recherches dans l’état civil établissent qu’Adolphe Itasse est né en 1829. La sépulture accueille aussi son épouse Marie-Félicité Arnaud, sa fille Jeanne Itasse-Broquet et le sculpteur Gaston Broquet, époux de celle-ci.


Biographie d’Adolphe Itasse
Adolphe Itasse naît à Lourmarin, dans le Vaucluse, le 18 février 1829. Son père est limonadier. Rien ne destine donc immédiatement le jeune Provençal à une carrière dans la sculpture officielle parisienne. Son aptitude au modelage et au dessin lui permet cependant de gagner la capitale et d’entrer à l’École des beaux-arts de Paris.
La formation aux Beaux-Arts
Itasse se forme dans les ateliers de Jean-Hilaire Belloc et de Georges Jacquot. Belloc, peintre d’histoire, professeur et directeur de l’École impériale de dessin, joue un rôle particulièrement important dans son apprentissage. L’enseignement académique associe alors l’étude de l’anatomie, le dessin d’après l’antique, le modelage et la connaissance des grands modèles de la Renaissance.
Le jeune sculpteur apprend à travailler plusieurs registres : le portrait, la figure idéale, le groupe narratif et la décoration monumentale. Cette polyvalence sera essentielle dans une carrière où les commandes publiques côtoient les bustes privés et les œuvres destinées au Salon. En décembre 1861, il épouse à Pertuis Marie-Félicité Arnaud, qui avait été son élève. Le couple aura cinq enfants.
Les débuts au Salon et l’art du portrait
Adolphe Itasse expose régulièrement au Salon à partir de 1864. Cette année-là, il réalise le buste de son ami Hector Horeau. L’inscription portée sur le socle témoigne de leur proximité. L’œuvre, aujourd’hui conservée au musée Carnavalet, montre sa capacité à individualiser un visage tout en respectant la dignité attendue du portrait officiel.
Vers 1868, il modèle également un buste de son maître Jean-Hilaire Belloc. Un exemplaire en marbre est conservé au musée des Beaux-Arts de Nantes. Un autre, en bronze, décorait la tombe de Belloc au Père-Lachaise avant d’être volé en novembre 2006. Exposé au Salon de 1868 puis à l’Exposition universelle de 1878, ce portrait exprimait directement la reconnaissance de l’élève envers son professeur.

Des commandes pour le Louvre et Paris
La carrière d’Itasse se développe au moment où Paris connaît de vastes chantiers décoratifs. Pour le palais du Louvre, il exécute en 1868 Le Retour de la chasse, groupe en pierre placé sur l’attique du pavillon des États. L’œuvre s’inscrit dans un programme où l’architecture et la sculpture célèbrent les arts, le pouvoir et les activités humaines.
Il participe aussi au décor de l’Hôtel de Ville de Paris reconstruit après l’incendie de la Commune. Ses bas-reliefs L’Architecture et La Sculpture, achevés en 1879, puis La Vapeur et Le Gaz, réalisés en 1880, occupent les tympans du pavillon de gauche. Ils réunissent dans un même langage allégorique les beaux-arts, les techniques et les forces qui transforment la ville moderne.
La façade du palais Garnier reçoit plusieurs de ses portraits de musiciens. Itasse sculpte en pierre les bustes de compositeurs liés à l’histoire de l’opéra français et italien, parmi lesquels André Campra, François-André Danican Philidor, Giovanni Paisiello et Niccolò Piccinni. Ces commandes montrent la place acquise par l’artiste dans les grands programmes décoratifs officiels de la seconde moitié du XIXe siècle.
Figures allégoriques et scènes de genre
Itasse ne se limite pas au portrait monumental. Il produit des figures allégoriques, mythologiques et rurales destinées aux espaces publics ou à l’édition en bronze. L’Enfant à l’escargot, réalisé en marbre en 1865, appartient aujourd’hui à la Huntington Library en Californie. Une paysanne au retour des champs, présentée au Salon, connaît une version en bronze installée à Capacho Nuevo, au Venezuela.
Pour le palais du Trocadéro construit à l’occasion de l’Exposition universelle de 1878, il réalise Uranie, personnification de l’Astronomie. La statue est transférée en 1936 à La Roche-sur-Yon, où elle demeure visible square Bayard. Ses œuvres associent le vocabulaire académique à une narration claire, conçue pour être comprise à distance dans l’espace urbain.

La reconnaissance et la transmission familiale
Le Salon récompense Itasse d’une médaille de troisième classe en 1875. À l’Exposition universelle de Paris de 1889, il reçoit une médaille d’honneur. Dans les années 1880, il poursuit ses recherches avec des groupes comme Le Jour et la Nuit, présenté en marbre au Salon de 1886, et L’Amour vainqueur, composition inspirée de l’univers de William Bouguereau et diffusée en bronze.
Son atelier est aussi un lieu de transmission. Sa fille aînée, Marie Gabrielle Zoé Jeanne Itasse, devient son élève avant de mener sa propre carrière sous le nom de Jeanne Itasse-Broquet. Elle expose très jeune au Salon et s’impose dans un milieu encore difficile d’accès pour les femmes. Après la mort de son père, c’est elle qui conçoit les bronzes de sa sépulture, transformant le tombeau familial en hommage d’une sculptrice à son premier maître.

Adolphe Itasse meurt à Hyères le 13 mars 1893, à 64 ans. Ramené à Paris, il est inhumé dans la division 31 du Père-Lachaise. Son œuvre reste présente dans plusieurs monuments majeurs de la capitale, mais sa tombe offre l’image la plus personnelle de cette histoire : le buste du père, le geste de l’angelot et la dédicace de la fille y résument une vie consacrée à la sculpture et à son enseignement.
Œuvres principales
- Tombeau de la famille Morel de Verneuil, Pertuis (1857).
- Buste d’Hector Horeau (1864), musée Carnavalet.
- L’Enfant à l’escargot (1865), Huntington Library.
- Buste de Jean-Hilaire Belloc (vers 1868), musée des Beaux-Arts de Nantes.
- Le Retour de la chasse (1868), palais du Louvre.
- Uranie (1878), La Roche-sur-Yon.
- L’Architecture et La Sculpture (1879), Hôtel de Ville de Paris.
- La Vapeur et Le Gaz (1880), Hôtel de Ville de Paris.
- Le Jour et la Nuit (1886).
- L’Amour vainqueur (1888).
- Bustes de compositeurs pour la façade du palais Garnier.
Distinctions et fonctions
- Exposant régulier au Salon des artistes français à partir de 1864.
- Médaille de troisième classe au Salon de 1875.
- Médaille d’honneur à l’Exposition universelle de Paris de 1889.
- Maître et premier professeur de la sculptrice Jeanne Itasse-Broquet.