Qui est Gaud-Amable Hugon ?
Nom complet : Gaud-Amable Hugon.
Naissance : 31 janvier 1783 (Granville, France).
Mort : 1er décembre 1862 (Paris, France) à 79 ans.
Activité : Officier de marine, administrateur colonial et homme politique.
Notoriété : Vice-amiral, combattant de Navarin, membre du Conseil d’amirauté et sénateur du Second Empire.
Où se trouve la tombe de Gaud-Amable Hugon ?
La tombe de Gaud-Amable Hugon se trouve dans la division 58 du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Gaud-Amable Hugon au Père-Lachaise
La sépulture est formée d’un sarcophage de pierre posé sur un soubassement. Sa face principale porte les armoiries du baron Hugon, sculptées en relief, ainsi qu’une longue inscription qui résume sa carrière. On y lit ses titres de vice-amiral, baron et sénateur, puis ses principales décorations françaises et étrangères. Le monument est protégé au titre des monuments historiques.
L’épitaphe rappelle aussi un début de vie exceptionnellement précoce : « parti mousse en 1794 ». Elle retrace ainsi, en quelques lignes, l’ascension d’un enfant de Granville devenu l’un des officiers généraux les plus expérimentés de la marine française du XIXe siècle.


Biographie de Gaud-Amable Hugon
Gaud-Amable Hugon naît à Granville le 31 janvier 1783, dans une ville portuaire profondément tournée vers la pêche, le commerce et la course. Il appartient à une famille de marins et d’armateurs. Orphelin de père très jeune, il choisit lui-même la mer alors qu’il est encore enfant. En 1795, à douze ans, il s’engage sur les bâtiments de l’État comme mousse et matelot. La Révolution a profondément réorganisé la marine française et le jeune Granvillais entre dans une institution soumise à la guerre presque permanente contre la Grande-Bretagne.
Un apprentissage précoce de la mer et de la guerre
Hugon se forme à bord, par la pratique, au rythme des manœuvres, des traversées et des combats. Il gravit progressivement les premiers échelons de la hiérarchie. Devenu enseigne de vaisseau, il est capturé par les Britanniques. Sa détention ne dure que quatre mois : il parvient à s’évader et reprend du service. Cette expérience révèle déjà le sang-froid et l’endurance que ses contemporains lui reconnaîtront tout au long de sa carrière.
Les guerres de la Révolution et de l’Empire lui donnent une connaissance directe de la navigation militaire. Il est promu lieutenant de vaisseau en 1810. La chute de Napoléon ne met pas fin à son parcours : la Restauration conserve cet officier expérimenté dans les cadres de la Marine. En 1819, il devient capitaine de frégate, après près d’un quart de siècle passé au service de l’État.

Gouverneur de Gorée et du Sénégal
En 1823, Hugon reçoit le commandement de l’île de Gorée, établissement stratégique situé au large de la presqu’île du Cap-Vert. Il exerce ensuite les fonctions de gouverneur par intérim du Sénégal de septembre 1824 à novembre 1825. Cette affectation combine responsabilités navales et administration coloniale. Elle le place au cœur des intérêts français sur la côte occidentale de l’Afrique, dans une période où la France cherche à consolider ses établissements après les bouleversements des guerres napoléoniennes.
Promu capitaine de vaisseau le 22 mai 1825, il revient vers les grands commandements maritimes. Sa carrière prend bientôt une dimension méditerranéenne décisive.

La bataille de Navarin
En 1827, Hugon demande à participer à l’expédition navale envoyée en Méditerranée orientale pendant la guerre d’indépendance grecque. Il commande la frégate Armide au sein de l’escadre française. Le 20 octobre, les flottes française, britannique et russe affrontent la flotte ottomano-égyptienne dans la baie de Navarin. L’Armide mène un combat particulièrement intense : le navire détruit plusieurs bâtiments adverses et contribue à la victoire alliée.
Navarin, dernière grande bataille livrée exclusivement par des navires à voile, fait de Hugon un officier reconnu au-delà de la France. Son action lui vaut des distinctions grecques et étrangères. En 1827, il reçoit aussi le titre de baron. Le marin parti mousse est désormais un chef d’escadre dont l’expérience est recherchée dans les opérations les plus sensibles.

L’expédition d’Alger et le commandement en Méditerranée
En 1830, la France prépare une vaste expédition contre Alger. Hugon reçoit la direction et l’escorte du convoi de transports, composé de plusieurs centaines de bâtiments chargés d’acheminer les troupes, les chevaux, l’artillerie et les approvisionnements. Cette mission exige une organisation précise : il faut maintenir la cohésion d’une flotte disparate, assurer sa protection et coordonner l’arrivée des forces sur les côtes algériennes.
Nommé contre-amiral le 1er mars 1831, Hugon prend la tête de l’escadre de Toulon. En 1832, il mène des opérations contre la piraterie dans l’archipel grec. Au cours des années suivantes, il est régulièrement envoyé dans les zones où s’affrontent les intérêts des puissances européennes. Lors des crises de la question d’Orient, en 1836 puis en 1840, il agit dans les eaux de Constantinople afin de défendre la position française face aux influences britannique et russe.

Vice-amiral et organisateur de la marine à vapeur
Le 31 décembre 1840, Gaud-Amable Hugon est élevé au grade de vice-amiral. Il rejoint le Conseil d’amirauté, qu’il préside à plusieurs reprises. Il quitte progressivement les commandements opérationnels pour participer à l’organisation générale de la Marine. Cette période correspond à une transformation technique majeure : la propulsion à vapeur commence à modifier la construction des navires, la stratégie, la formation des équipages et la logistique des escadres.
Hugon prend une part importante à la formation de cette nouvelle marine. Son expérience des bâtiments à voile, des transports de masse et des opérations lointaines lui permet d’accompagner la transition sans réduire la modernisation à la seule mécanique. Il faut également adapter les hommes, les ports, les règlements et les méthodes de commandement. Sa carrière relie ainsi deux époques, depuis les ponts des voiliers révolutionnaires jusqu’aux premières grandes escadres à vapeur.
Du Conseil d’amirauté au Sénat
Grand-croix de la Légion d’honneur le 3 mai 1851, Hugon est bientôt placé dans le cadre de réserve. Louis-Napoléon Bonaparte le nomme sénateur le 26 janvier 1852. Il siège au Sénat du Second Empire jusqu’à sa mort. Sa nomination récompense à la fois une longue carrière militaire et le rôle qu’il a joué dans l’administration navale. Au Palais du Luxembourg, il appartient à cette génération de hauts officiers appelée à apporter son expertise aux institutions impériales.
Gaud-Amable Hugon reste célibataire. Il meurt à son domicile parisien de la rue Saint-Honoré le 1er décembre 1862, à 79 ans. Inhumé au Père-Lachaise, il laisse le souvenir d’un marin formé dès l’enfance, devenu gouverneur, combattant de Navarin, organisateur de la flotte et sénateur. Le prince de Joinville, qu’il avait contribué à former, salua plus tard son instinct exceptionnel de la mer et sa capacité à prévoir le temps avant même les instruments.

Principales réalisations
- Commandement de l’île de Gorée et gouvernement par intérim du Sénégal, de 1824 à 1825.
- Commandement de la frégate Armide lors de la bataille de Navarin en 1827.
- Direction et escorte des navires de transport de l’expédition d’Alger en 1830.
- Opérations contre la piraterie dans l’archipel grec en 1832.
- Missions navales liées à la question d’Orient, notamment en 1840.
- Participation, au Conseil d’amirauté, à l’organisation de la marine française à vapeur.
Distinctions et fonctions
- Vice-amiral, nommé le 31 décembre 1840.
- Membre et président à plusieurs reprises du Conseil d’amirauté.
- Sénateur du Second Empire de 1852 à 1862.
- Grand-croix de la Légion d’honneur en 1851.
- Chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis.
- Grand-croix de l’ordre du Sauveur de Grèce.
- Chevalier de l’ordre de Sainte-Anne de Russie.
- Chevalier de l’ordre du Bain.