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HUGO Joseph Léopold Sigisbert

Qui est Joseph Léopold Sigisbert Hugo ?

Nom complet : Joseph Léopold Sigisbert Hugo.
Naissance : 15 novembre 1773 (Nancy, France).
Mort : 29 janvier 1828 (Paris, France) à 54 ans.
Activité principale : Officier de la Révolution et de l’Empire, général et auteur militaire.
Notoriété : Défenseur de Thionville et père de l’écrivain Victor Hugo.

Où se trouve la tombe de Joseph Léopold Sigisbert Hugo ?

Joseph Léopold Sigisbert Hugo repose au cimetière du Père-Lachaise, division 27, dans la sépulture familiale Hugo.

Plan du cimetière du Père-Lachaise et de ses divisions
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Joseph Léopold Sigisbert Hugo au Père-Lachaise

La tombe familiale est signalée par une haute colonne quadrangulaire de marbre blanc, souvent décrite comme un obélisque, dressée sur un soubassement de pierre et protégée par une grille. Le monument, inscrit au titre des monuments historiques, porte les noms de plusieurs membres de la famille Hugo. Y reposent notamment Sophie Trébuchet, épouse du général, leurs fils Eugène, ainsi que Charles et François-Victor Hugo et des descendants de l’écrivain. Victor Hugo, lui, repose au Panthéon.

Les inscriptions rappellent la carrière militaire du général et la défense de Thionville. Victor Hugo tenait particulièrement à la formule « Par lui Thionville resta française ». Une singularité mérite d’être signalée : la pierre indique 1775 comme année de naissance, tandis que les documents d’état civil et les notices de référence établissent sa naissance en 1773.

Tombe de Joseph Léopold Sigisbert Hugo au Père-Lachaise
La sépulture familiale Hugo dans la division 27 du Père-Lachaise. Wikimedia Commons.
Tombeau de la famille Hugo au Père-Lachaise par Steinlen
Le tombeau de la famille Hugo au Père-Lachaise, dessin de Théophile Alexandre Steinlen. Wikimedia Commons, domaine public.

Biographie de Joseph Léopold Sigisbert Hugo

Joseph Léopold Sigisbert Hugo naît à Nancy dans une famille modeste liée au métier des armes. Très jeune, il choisit la carrière militaire et entre dans l’armée au début de la Révolution française. Il sert à l’armée du Rhin, participe aux opérations autour de Mayence et connaît rapidement les dangers de la guerre. Ses premières campagnes le conduisent ensuite dans l’Ouest, au moment des affrontements de Vendée et de Bretagne.

Le mariage avec Sophie Trébuchet

En 1796, alors qu’il est en garnison à Châteaubriant, il rencontre Sophie Trébuchet. Ils se marient le 15 novembre 1797. Trois fils naissent de cette union : Abel en 1798, Eugène en 1800 et Victor en 1802. La vie familiale demeure cependant constamment bouleversée par les campagnes, les affectations lointaines et les longues séparations. La personnalité du soldat, ses absences et les désaccords du couple marquent profondément l’enfance des trois garçons.

Maison de l’Ange à Châteaubriant liée à la rencontre de Léopold Hugo et Sophie Trébuchet
La maison de l’Ange à Châteaubriant, où Léopold Hugo rencontra Sophie Trébuchet. Wikimedia Commons.

Des campagnes d’Italie au royaume de Naples

Léopold Hugo poursuit sa carrière sous le Consulat puis l’Empire. Après avoir servi en Italie, il rejoint Joseph Bonaparte dans le royaume de Naples. En 1806, il se distingue dans la lutte contre les bandes armées et contribue à la capture du chef insurgé Michele Pezza, plus connu sous le nom de Fra Diavolo. Cette action renforce sa réputation d’officier énergique, capable de conduire des opérations difficiles dans des territoires où la guerre régulière se mêle à la guérilla.

Portrait du général Joseph Léopold Sigisbert Hugo
Portrait du général Joseph Léopold Sigisbert Hugo. Wikimedia Commons, domaine public.

La guerre d’Espagne

Lorsque Joseph Bonaparte devient roi d’Espagne, Léopold Hugo le suit dans la péninsule. Promu colonel en 1808, il reçoit d’importants commandements et administre plusieurs provinces, notamment autour d’Ávila, Ségovie, Soria et Guadalajara. Il affronte les guérillas espagnoles et remporte en 1811 un succès contre les forces de Juan Martín Díez, dit El Empecinado. Joseph Bonaparte le nomme général de brigade et lui confère un titre comtal associé à Sigüenza. La forme exacte de ce titre a toutefois fait l’objet de discussions historiques.

Le général Léopold Hugo avec deux de ses frères et son fils Abel
Le général Léopold Hugo avec deux de ses frères et son fils Abel, peinture de Julie Duvidal de Montferrier. Wikimedia Commons, domaine public.

Le défenseur de Thionville

De retour en France, il est chargé de la place forte de Thionville. En 1814, puis pendant les Cent-Jours en 1815, il résiste aux armées coalisées et ne remet la ville qu’après la fin des combats et l’effondrement du pouvoir impérial. Ces deux défenses, longues de plusieurs semaines, deviennent l’épisode le plus célébré de sa carrière. Elles expliquent l’inscription patriotique gravée sur son monument funéraire.

Joseph Léopold Sigisbert Hugo en uniforme
Joseph Léopold Sigisbert Hugo en uniforme, portrait attribué à l’entourage d’Antoine-Jean Gros. Wikimedia Commons, domaine public.

Les dernières années et l’influence sur Victor Hugo

Sous la Restauration, Léopold Hugo connaît la demi-solde avant d’être admis à la retraite. Il reçoit le grade honorifique de lieutenant général en 1824. Parallèlement, il écrit sur la stratégie, les campagnes auxquelles il a participé et les sièges de Thionville. Son fils Victor transforme progressivement cette figure paternelle en héros littéraire. Le célèbre vers « Mon père, ce héros au sourire si doux », dans le poème Après la bataille, fixe durablement cette image dans la mémoire collective.

Joseph Léopold Sigisbert Hugo meurt subitement à Paris le 29 janvier 1828, à l’âge de 54 ans. Sa trajectoire relie la Révolution, les guerres napoléoniennes, la défense des frontières et l’histoire intime d’une des plus grandes familles littéraires françaises.

Couverture des Mémoires du général Hugo
Les Mémoires du général Hugo, publiés en 1823. Wikimedia Commons, domaine public.

Principaux ouvrages et écrits

  • Coup-d’œil militaire sur la manière d’escorter, d’attaquer et de défendre les convois (1796).
  • Journal du blocus de Thionville en 1814 et de sa défense en 1815 (1819).
  • Mémoires du Général Hugo, gouverneur de plusieurs provinces et aide-major-général des armées en Espagne (1823).
  • L’Aventurière tyrolienne (1825), ouvrage publié sous le nom de S. Sigisbert.

Distinctions et fonctions

  • Général de brigade au service du royaume d’Espagne dirigé par Joseph Bonaparte.
  • Gouverneur militaire et administrateur de plusieurs provinces espagnoles.
  • Commandant et défenseur de la place de Thionville en 1814 et 1815.
  • Officier de la Légion d’honneur.
  • Chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis.
  • Lieutenant général honoraire à partir de 1824.