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FOURIÉ Albert Auguste

Qui est Albert Auguste Fourié ?

Nom complet : Albert Auguste Fourié.
Naissance : 24 avril 1854 (Paris, France).
Mort : 17 décembre 1937 (Agay, France) à 83 ans.
Activités : peintre, sculpteur, graveur et illustrateur.
Notoriété : auteur d’Un repas de noces à Yport et illustrateur de Flaubert, Hugo, Daudet et Maupassant.

Où se trouve la tombe d’Albert Fourié ?

La tombe d’Albert Fourié se trouve dans la 9e division du cimetière du Père-Lachaise.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 9
Plan du cimetière du Père-Lachaise : la sépulture d’Albert Fourié se situe dans la division 9.

Le monument funéraire d’Albert Fourié au Père-Lachaise

La sépulture familiale est marquée par une stèle de pierre dont le décor rappelle directement la carrière du défunt. Une palette de peintre en bronze, accompagnée de branches de chêne, apparaît en bas-relief. L’inscription latine « ad memoriam patris et filii » : « à la mémoire du père et du fils » donne au monument sa dimension familiale.

Vue générale de la tombe d’Albert Fourié au Père-Lachaise
Vue générale de la sépulture d’Albert Fourié, division 9. Photo : Coyau / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Palette de peintre sur la tombe d’Albert Fourié
Détail du décor de la tombe d’Albert Fourié, avec la palette de peintre et les branches de chêne. Photo : Coyau / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Biographie d’Albert Fourié

Albert Auguste Fourié naît à Paris le 24 avril 1854. Sa jeunesse se déroule dans une capitale où les arts officiels, les Salons et les ateliers privés organisent encore l’essentiel de la carrière des artistes. Il entre à l’École des beaux-arts de Paris et reçoit d’abord une formation de sculpteur auprès de Jean Gautherin. Cette discipline lui apporte le sens du volume, de l’attitude et de la construction des figures que l’on retrouvera dans sa peinture.

De la sculpture à la peinture

Fourié débute publiquement comme sculpteur. En 1877, il présente au Salon un buste féminin en terre cuite. Il choisit toutefois rapidement de réorienter sa carrière vers la peinture et travaille auprès de Jean-Paul Laurens, l’un des maîtres de la peinture d’histoire. Ce passage d’un art à l’autre n’est pas une rupture complète : ses compositions peintes conservent une attention très nette aux silhouettes, aux gestes et à la présence physique des personnages.

À partir de 1877, il expose régulièrement au Salon des artistes français, où ses œuvres sont vues par les critiques, les collectionneurs et les représentants de l’État. Il pratique la scène de genre, le portrait et le paysage, avec une prédilection pour les figures féminines, les jardins et les scènes baignées d’une lumière douce.

Albert Fourié peignant Un repas de noces à Yport en 1886
Albert Fourié travaillant en plein air à Un repas de noces à Yport, 1886. Photographe inconnu, BnF-Gallica / Wikimedia Commons, domaine public.

Madame Bovary et la reconnaissance du Salon

La littérature occupe une place importante dans son travail. En 1883, il présente La Mort de Madame Bovary, évocation du roman de Gustave Flaubert. L’artiste ne cherche pas seulement à illustrer un épisode célèbre : il compose une scène silencieuse, attentive au décor, au lit de la défunte et aux figures réunies autour d’elle. Cette œuvre lui vaut une médaille au Salon et affirme sa capacité à traduire un texte littéraire en image.

La Mort de Madame Bovary par Albert Fourié
La Mort de Madame Bovary, peinture d’Albert Fourié, 1883, musée des Beaux-Arts de Rouen. Wikimedia Commons, domaine public.

Fourié poursuit cette activité dans le domaine du livre. Ses compositions accompagnent des éditions de Flaubert, Victor Hugo, Alphonse Daudet et Guy de Maupassant. Les dessins sont parfois confiés à des graveurs spécialisés qui les transposent à l’eau-forte. Cette collaboration entre peintre, graveur et éditeur permet à son art de toucher un public plus large que celui des visiteurs du Salon.

Illustration de Madame Bovary d’après Albert Fourié
Illustration de Madame Bovary d’après une composition d’Albert Fourié, gravée par Eugène Abot, 1885. Gallica / Wikimedia Commons, domaine public.

Le succès d’Un repas de noces à Yport

Le grand tournant de sa carrière est lié à la côte normande. Fourié séjourne à Yport, village de pêcheurs du pays de Caux fréquenté par plusieurs artistes. Il y observe les habitants, les costumes, les jardins et la lumière filtrée par les feuillages. En 1886, il peint Un repas de noces à Yport, vaste composition montrant les convives réunis à une longue table en plein air.

Présenté au Salon de 1887, le tableau attire l’attention et est acheté par l’État. La scène frappe par son ampleur, mais aussi par la diversité des attitudes et des visages. Une photographie conservée par la Bibliothèque nationale de France montre Fourié travaillant devant la toile, installée à l’extérieur. Elle éclaire sa méthode et les échanges alors très féconds entre peinture et photographie : le peintre recherche l’impression d’un instant saisi tout en ordonnant soigneusement la composition.

Un repas de noces à Yport par Albert Fourié
Un repas de noces à Yport, huile sur toile, 1886, musée des Beaux-Arts de Rouen. Wikimedia Commons, domaine public.

Yport, l’illustration et les dernières décennies

En 1891, Fourié acquiert à Yport la villa Les Charmilles. Il partage désormais son temps entre Paris, les lieux d’exposition et la côte normande. Ses paysages de parcs et de jardins, ses scènes de plein air et ses figures féminines prolongent une peinture élégante qui reste attachée au dessin et à la tradition du Salon, sans adopter pleinement les recherches impressionnistes.

Parallèlement, il fournit des illustrations à des publications et à des livres de prestige. Sa participation à Paris illustré en 1887 et 1888 témoigne de cette présence dans la presse artistique. Son œuvre graphique révèle la même recherche de clarté narrative que ses tableaux : le décor situe l’action, tandis que les attitudes des personnages en donnent immédiatement la tonalité.

Jeanne endormie peinte par Albert Fourié
Jeanne endormie, illustration pour L’Art d’être grand-père de Victor Hugo. Paris Musées, Maisons de Victor Hugo / Wikimedia Commons, CC0.

Fourié continue d’exposer au Salon des artistes français jusqu’en 1935, au terme d’une carrière de près de six décennies. Plusieurs de ses œuvres entrent dans les collections publiques, notamment à Rouen, Lille, Paris, Nîmes, Saintes, Saint-Étienne et Tourcoing. Ce parcours durable relie sculpture, peinture, gravure et illustration, dans un monde artistique profondément transformé entre les débuts de la Troisième République et l’entre-deux-guerres.

Albert Fourié meurt le 17 décembre 1937 à Agay, sur le territoire de Saint-Raphaël. Il est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise le 21 décembre 1937. Sa tombe, ornée d’une palette, conserve le signe le plus direct de la profession à laquelle il consacra sa vie.

Œuvres principales

  • La Mort de Madame Bovary (1883)
  • Illustrations pour Madame Bovary de Gustave Flaubert (1885)
  • Un repas de noces à Yport (1886)
  • Illustrations d’œuvres de Victor Hugo, Alphonse Daudet et Guy de Maupassant
  • Fille d’Ève
  • Printemps

Distinctions et fonctions

  • Exposant au Salon des artistes français de 1877 à 1935
  • Médaille au Salon de 1883 pour La Mort de Madame Bovary
  • Médailles aux Salons de 1884 et 1887
  • Médaille d’or en 1889
  • Chevalier de la Légion d’honneur