Qui est Alexandre Falguière ?
Nom complet : Jean Alexandre Joseph Falguière.
Naissance : 7 septembre 1831, (Toulouse, France).
Mort : 19 avril 1900 (Paris, France) à 68 ans.
Activité : sculpteur, peintre et enseignant français.
Notoriété : grand prix de Rome en 1859, auteur de Tarcisius, martyr chrétien et du Vainqueur au combat de coqs, membre de l’Institut.
Où se trouve la tombe d’Alexandre Falguière ?
La tombe d’Alexandre Falguière se trouve dans la division 4 du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire d’Alexandre Falguière au Père-Lachaise
La sépulture d’Alexandre Falguière est un monument vertical en pierre dominé par un grand haut-relief en marbre. Son auteur, Laurent Marqueste, fut l’un des élèves du sculpteur. Intitulée L’Inspiration, la figure représente une femme assise, partiellement drapée, qui semble écouter les voix de la nature avant de fixer une idée sur les tablettes qu’elle tient. Par ce geste méditatif, Marqueste rend hommage au travail de création plutôt qu’il ne cherche à reproduire les traits de son maître.
Le monument associe cette allégorie aux instruments des deux pratiques de Falguière, la sculpture et la peinture. Une évocation de Tarcisius, l’une de ses œuvres les plus célèbres, apparaît également dans le décor. L’ensemble fut inauguré en 1906, six ans après la mort de l’artiste. L’inscription rappelle qu’Alexandre Falguière était statuaire, membre de l’Institut et commandeur de la Légion d’honneur. La concession familiale réunit aussi son épouse Blanche Veidie ainsi que d’autres membres de la famille Falguière.


Biographie d’Alexandre Falguière
De Toulouse aux ateliers parisiens
Jean Alexandre Joseph Falguière naît le 7 septembre 1831 rue Valade, à Toulouse, dans une famille modeste. Son père, Joseph Falguière, est ébéniste. Le métier paternel place très tôt le jeune garçon au contact du bois, du dessin et du travail manuel, mais rien ne lui garantit encore une carrière artistique. Il entre à l’école des beaux-arts de Toulouse, où il apprend la peinture et la sculpture auprès de Bernard Griffoul-Dorval. Ses progrès lui valent en 1853 le grand prix municipal de sculpture et une pension de la Ville, aide décisive qui lui permet de poursuivre sa formation à Paris.
Dans la capitale, Falguière doit d’abord concilier apprentissage et nécessité de gagner sa vie. Il travaille dans l’entreprise très active d’Albert-Ernest Carrier-Belleuse, puis auprès de Jean-Louis Chenillion. En 1854, il entre enfin à l’École des beaux-arts de Paris dans l’atelier de François Jouffroy. Celui-ci enseigne une sculpture attachée à la tradition classique, mais attentive à l’observation du vivant. Falguière expose pour la première fois au Salon en 1857 avec un Thésée enfant. Deux ans plus tard, il remporte, avec Léon Cugnot, le premier grand prix de Rome de sculpture grâce au bas-relief Mézence blessé, préservé par l’intrépidité de son fils Lausus.
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Rome, la Renaissance et la conquête du Salon
Le prix ouvre à Falguière les portes de la villa Médicis. Pensionnaire de l’Académie de France à Rome, il étudie les modèles antiques et découvre directement les maîtres de la Renaissance italienne. Un séjour en Toscane renforce son goût pour la sculpture florentine du XVe siècle, dont la précision et le naturel offrent une alternative au grandiloquent académique. À Rome, il se lie notamment avec Jean-Baptiste Carpeaux. Avec Paul Dubois et Henri Chapu, il participe à ce courant que l’on qualifiera de néo-florentin, soucieux de réunir équilibre classique, élégance de la ligne et vérité du mouvement.
Son envoi du Vainqueur au combat de coqs, présenté au Salon de 1864, attire l’attention. Le jeune garçon nu, saisi dans la fierté immédiate de la victoire, possède une vigueur familière qui tranche avec la froideur de nombreuses figures académiques. L’État commande une version en bronze. En 1867, Falguière expose le plâtre de Tarcisius, martyr chrétien, puis le marbre l’année suivante. Le sujet religieux, inspiré par le récit d’un adolescent mort pour protéger l’eucharistie, lui permet d’associer pureté de la forme, émotion contenue et réalisme du corps. Cette œuvre consacre sa réputation et lui vaut la médaille d’honneur du Salon de 1868.

Un sculpteur au service de la République
La guerre franco-prussienne interrompt cette ascension sans l’arrêter. Pendant le siège de Paris, durant l’hiver 1870-1871, Falguière modèle dans la neige une figure de la Résistance sur les fortifications. L’œuvre est éphémère, mais son image circule et devient un symbole patriotique. Sous la Troisième République, le sculpteur reçoit de nombreuses commandes publiques. La France couvre alors ses places, ses jardins et ses édifices de monuments destinés à célébrer savants, écrivains, soldats et hommes politiques. Falguière sait répondre à cette demande avec une grande facilité d’invention et une organisation d’atelier capable de mener plusieurs projets simultanément.
Il exécute des bustes et des statues de personnalités contemporaines, mais aussi de vastes compositions allégoriques. Son Triomphe de la République, conçu pour l’arc de triomphe de l’Étoile, témoigne de l’ampleur recherchée par les commandes officielles, même si le projet définitif n’est pas conservé en place. Il travaille pour Toulouse, où le Monument à Goudouli anime la place Wilson, pour Cahors avec le Monument à Gambetta, pour Washington avec le groupe consacré à La Fayette, ainsi que pour de nombreuses villes françaises. Ses monuments à Ambroise Thomas, Alphonse Daudet et Louis Pasteur seront achevés ou installés après sa mort.
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Le nu, le portrait et la peinture
À côté des monuments civiques, Falguière demeure un remarquable sculpteur de figures. Ses nus féminins, parmi lesquels Diane, La Danseuse, La Femme au paon ou la Nymphe chasseresse, assurent une large part de sa célébrité. Leur anatomie précise reste disciplinée par la tradition académique, mais les poses, les visages et le traitement des chairs cherchent une présence plus immédiate. Cette alliance de l’idéal et du naturel explique le succès d’un artiste longtemps associé au goût officiel de la Troisième République, sans que son travail se réduise à une simple formule décorative.
Falguière est également peintre. À partir de 1873, il présente régulièrement des tableaux au Salon. Il aborde le portrait, le nu et la scène de genre, avec une palette souvent sombre et une matière libre. Son autoportrait montre un visage concentré, regardant le spectateur avec une intensité qui contraste avec la représentation mondaine de l’artiste officiel. En 1894, il participe au décor de la salle des Illustres du Capitole de Toulouse. La peinture n’est donc pas pour lui un délassement marginal : elle accompagne sa sculpture et nourrit son attention à la lumière, aux volumes et aux expressions.

Un professeur entouré d’une génération de sculpteurs
En 1882, Falguière succède à François Jouffroy comme professeur à l’École des beaux-arts de Paris. La même année, il est élu à l’Académie des beaux-arts, au sein de l’Institut. Son atelier attire de nombreux élèves français et étrangers. Antonin Mercié, Laurent Marqueste et Antoine Bourdelle comptent parmi les artistes qui bénéficient de son enseignement ou de sa proximité. Le maître est réputé exigeant, attentif au métier et à l’étude du modèle vivant. Autour de lui, plusieurs ateliers exécutent les agrandissements, les moulages et les versions nécessaires à ses commandes, fonctionnement courant pour un statuaire de cette importance.
Sa position officielle ne l’isole pas des débats artistiques. Il entretient avec Auguste Rodin une relation mêlée d’amitié, d’admiration et de rivalité. Lorsque la Société des gens de lettres refuse le Balzac de Rodin, Falguière reçoit la commande d’un autre monument. L’épisode nourrit une controverse dans laquelle Émile Zola prend la défense de Rodin. Les deux sculpteurs refusent pourtant de laisser cette affaire résumer leurs rapports : Falguière réalise un buste de Rodin exposé en 1897, tandis que Rodin modèle à son tour le portrait de Falguière. Cet échange manifeste une estime réciproque au-delà des oppositions de style et des querelles de commande.

Les dernières commandes
À la fin du siècle, Falguière reste au centre de la vie artistique. Il reçoit encore d’importantes commandes et dirige un atelier très sollicité. Sa santé se fragilise toutefois. En avril 1900, il se rend à Nîmes pour suivre la mise en place de son monument à Alphonse Daudet. Il regagne précipitamment Paris et meurt le 19 avril à son domicile de la rue d’Assas, à l’âge de 68 ans. Il laisse plusieurs œuvres inachevées, dont le Monument à Pasteur, qui sera mené à son terme par ses collaborateurs Victor Peter et Louis Dubois.
Alexandre Falguière est inhumé le 23 avril 1900 au cimetière du Père-Lachaise. Son élève Laurent Marqueste conçoit quelques années plus tard le décor de sa sépulture. Longtemps considéré comme l’un des maîtres les plus représentatifs de la sculpture officielle de la Troisième République, Falguière a laissé une œuvre plus diverse que cette étiquette ne le suggère : statues publiques, nus, portraits, sujets religieux, peintures et monuments composent le parcours d’un artisan devenu professeur, académicien et chef d’atelier. Le musée des Augustins de Toulouse conserve aujourd’hui l’ensemble le plus important de ses œuvres, en grande partie enrichi par les dons de son épouse.
Œuvres principales
- Vainqueur au combat de coqs (1864).
- Tarcisius, martyr chrétien (plâtre exposé en 1867, marbre en 1868).
- La Résistance ou La Défense de Paris (1870-1871).
- Diane (1882, plusieurs versions).
- La Femme au paon (vers 1890).
- Monument à Gambetta, Cahors.
- Monument à La Fayette, Washington.
- Monument à Goudouli, Toulouse (1898, avec Antonin Mercié et l’architecte Paul Pujol).
- Monument à Alphonse Daudet, Nîmes.
- Monument à Pasteur, Paris, achevé après sa mort.
Distinctions et fonctions
- Grand prix municipal de sculpture de Toulouse (1853).
- Premier grand prix de Rome de sculpture (1859).
- Médaille d’honneur du Salon (1868).
- Professeur à l’École des beaux-arts de Paris à partir de 1882.
- Membre de l’Académie des beaux-arts, Institut de France (1882).
- Chevalier de la Légion d’honneur (1870), officier (1878), puis commandeur (1889).