Qui est Pierre Louis Dulong ?
Date de naissance : 12 février 1785 (Rouen, Seine-Maritime, France).
Date du décès : 19 juillet 1838 (Paris, France), à 53 ans.
Activité principale : chimiste et physicien.
Apport majeur : coauteur avec Alexis-Thérèse Petit de la loi de Dulong et Petit sur les capacités thermiques des solides.
Où se trouve la tombe de Pierre Louis Dulong ?
La sépulture de Pierre Louis Dulong se trouve dans la division 8 du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Pierre Louis Dulong au Père-Lachaise
La sépulture de Pierre Louis Dulong ne prend pas la forme d’une tombe ordinaire. Elle se compose d’un haut obélisque quadrangulaire en pierre, posé sur un imposant soubassement et couronné par une urne funéraire. Cette silhouette très verticale donne au monument l’allure d’un mémorial public autant que d’un tombeau. L’urne affirme sa fonction funéraire, tandis que l’obélisque, forme fréquemment employée au XIXe siècle pour célébrer la mémoire des grands hommes, rend l’hommage visible de loin.
La partie la plus remarquable se trouve sur le soubassement : un médaillon en bronze représentant Dulong, œuvre du sculpteur David d’Angers. L’artiste avait modelé son profil dès 1836, du vivant du savant. Après la mort de Dulong, ce portrait circulaire fut agrandi et adapté à un format ovale pour être intégré au monument. L’inscription précise que celui-ci fut élevé par souscription, « par ses élèves et ses nombreux amis », et rappelle ses fonctions de secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, de directeur des études à l’École polytechnique et de professeur à la faculté des sciences.


Biographie de Pierre Louis Dulong
Pierre Louis Dulong appartient à la génération qui fit de la chimie et de la physique des sciences de mesure. Son nom demeure attaché à la loi de Dulong et Petit, mais ses travaux ont aussi porté sur les gaz, la chaleur, la vapeur, les composés de l’azote et les méthodes expérimentales. Son parcours, interrompu à cinquante-trois ans, est celui d’un chercheur dont le courage physique fut aussi remarquable que la rigueur intellectuelle.

Une vocation scientifique précoce
Né à Rouen le 12 février 1785, Dulong devient orphelin dans son enfance et est élevé par une tante à Auxerre. Il poursuit ses études à Rouen, puis entre à l’École polytechnique en 1801. Une santé fragile ralentit son parcours. Il commence par étudier la médecine avant de se tourner définitivement vers les sciences physiques et chimiques, domaine où il travaille notamment auprès de Louis-Jacques Thénard et de Claude-Louis Berthollet.

Cette formation se déroule dans une France où la chimie se transforme rapidement : les théories de Lavoisier ont renouvelé le langage des éléments et des réactions ; les laboratoires cherchent des mesures plus sûres pour les gaz, la chaleur et les masses. Dulong s’impose dans ce contexte par une méthode expérimentale très précise et une volonté d’explorer les phénomènes aux frontières de ce qui est alors connu.
L’accident du trichlorure d’azote
En étudiant en 1811 un composé d’azote et de chlore d’une extrême instabilité, le trichlorure d’azote, Dulong est victime de violentes explosions. Il perd un œil et plusieurs doigts. L’accident est l’un des épisodes les plus célèbres de l’histoire de la chimie expérimentale ; il ne met pourtant pas fin à ses recherches. Dulong poursuit ses travaux avec une détermination qui impressionne ses contemporains, tout en contribuant à mieux faire connaître les dangers de cette substance.
Ses premières publications portent sur la décomposition des sels, l’acide nitreux, les oxydes du phosphore et les combinaisons de l’azote et de l’oxygène. Avec Thénard, il étudie aussi l’action de certains métaux sur les gaz. Ce travail, situé entre chimie et physique, annonce l’orientation majeure de sa carrière : comprendre quantitativement les phénomènes thermiques.
La loi de Dulong et Petit
La rencontre scientifique avec Alexis-Thérèse Petit est décisive. Les deux chercheurs publient plusieurs mémoires sur la dilatation, la mesure des températures et la théorie de la chaleur. En 1819, ils observent que, pour de nombreux éléments solides, le produit de la chaleur spécifique par la masse atomique est approximativement constant. Cette relation, connue sous le nom de loi de Dulong et Petit, permet de relier les propriétés thermiques des corps aux masses atomiques alors en cours de détermination.
La loi n’est pas universelle : elle s’écarte des résultats pour certains solides et à basse température, limites que la physique quantique expliquera plus tard. Son importance historique reste considérable. Elle a fourni au XIXe siècle un outil précieux pour estimer les masses atomiques et a préparé les recherches ultérieures sur la chaleur des solides.
Le professeur et l’académicien
Après la mort prématurée de Petit, Dulong lui succède comme professeur de physique à l’École polytechnique en 1820. Il y mène des recherches sur l’élasticité de la vapeur, la conduction de la chaleur, les capacités thermiques des gaz et la thermométrie. Ses travaux avec François Arago sur la force élastique de la vapeur d’eau à haute température font partie des recherches qui accompagnent l’essor de la physique appliquée à l’industrie.

Élu à l’Académie des sciences, il devient directeur de l’École polytechnique en 1830. Ses collègues reconnaissent l’étendue de ses compétences, qui couvrent presque tous les domaines de la science physique de son temps. Il reste pourtant un expérimentateur avant tout, consacré aux instruments, aux protocoles et à la vérification des résultats.

Dulong meurt à Paris le 19 juillet 1838, alors qu’il travaille encore à des méthodes précises de calorimétrie. Ses pairs prennent en charge son monument funéraire. Au Père-Lachaise, sa sépulture rappelle une œuvre scientifique dont le nom demeure présent dans l’enseignement de la thermodynamique et de la physique des solides.
Travaux principaux
- 1811 : étude du trichlorure d’azote.
- 1815-1818 : recherches avec Alexis-Thérèse Petit sur la dilatation et la théorie de la chaleur.
- 1819 : loi de Dulong et Petit sur les chaleurs spécifiques des solides.
- années 1820 : travaux sur les gaz, la vapeur et la conduction de la chaleur.
- 1830 : recherches avec François Arago sur la force élastique de la vapeur d’eau.
Distinctions et fonctions
- 1820 : professeur de physique à l’École polytechnique.
- 1823 : élu à l’Académie des sciences.
- 1830-1838 : directeur de l’École polytechnique.
- 1830 : membre étranger de l’Académie royale des sciences de Suède.