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DEGEORGE Charles

Qui est Charles Degeorge ?

Date de naissance : 31 mars 1837 (Lyon, Rhône, France).
Date du décès : 2 novembre 1888 (Paris, France), à 51 ans.
Activité principale : sculpteur et graveur-médailleur.
Formation : École des beaux-arts de Lyon, puis École impériale des beaux-arts de Paris ; pensionnaire de l’Académie de France à Rome.
Distinction : chevalier de la Légion d’honneur.

Où se trouve la tombe de Charles Degeorge ?

La tombe de Charles Degeorge se trouve dans la division 92, avenue Transversale n° 2, 1re ligne, au cimetière du Père-Lachaise.

Plan des divisions indiquant la division 92.
Plan des divisions du Père-Lachaise — division 92.

La sépulture de Charles Degeorge au Père-Lachaise

Élevée dans la division 92, la sépulture de Charles Degeorge porte un buste en bronze de René de Saint-Marceaux. Le socle est signé « Saint-Marceaux, à son ami » et la stèle rappelle les principales étapes de la carrière de Degeorge : sculpteur et graveur, ancien pensionnaire de l’Académie de France à Rome, chevalier de la Légion d’honneur, né à Lyon le 31 mars 1837 et mort à Paris le 2 novembre 1888.

Tombe de Charles Degeorge au cimetière du Père-Lachaise.
La sépulture de Charles Degeorge, division 92. Photo : Wikimedia Commons, licence indiquée sur la page du fichier.
Buste de Charles Degeorge par René de Saint-Marceaux.
Buste funéraire de Charles Degeorge par René de Saint-Marceaux. Photo : Wikimedia Commons, licence indiquée sur la page du fichier.

Biographie de Charles Degeorge

Charles Jean Marie Degeorge naît à Lyon le 31 mars 1837. Il appartient à cette génération d’artistes formés au milieu du XIXe siècle, lorsque la sculpture française demeure fortement structurée par l’enseignement académique, les commandes publiques et le Salon. Son parcours, à la fois celui d’un statuaire et d’un graveur-médailleur, le conduit de Lyon à Paris, puis à Rome, avant de le ramener dans les grands chantiers décoratifs et les institutions artistiques de la France républicaine.

De Lyon à l’École des beaux-arts de Paris

Sa première formation se déroule à l’École des beaux-arts de Lyon. La ville possède alors une tradition artistique et industrielle puissante, particulièrement liée au dessin, à l’ornement et aux métiers d’art. Degeorge y acquiert une maîtrise du modelage qui lui ouvre les portes de Paris. Il entre à l’École impériale des beaux-arts, où il travaille dans l’orbite de maîtres reconnus, notamment Francisque Duret, Hippolyte Flandrin, François Jouffroy et Henri de Triqueti. Cette pluralité d’influences explique en partie la diversité de son œuvre : il peut passer du portrait au relief, de la figure allégorique à la médaille.

Très tôt, il se fait remarquer dans les concours de l’École. En 1859, il obtient une récompense pour une figure modelée. Le prix de Rome de gravure en médailles, remporté en 1866 avec La France protégeant l’Algérie, est décisif. Il le place parmi les jeunes artistes dont l’État encourage la formation et lui donne accès au séjour romain de l’Académie de France. La médaille n’est alors nullement un art secondaire : elle est un moyen de célébrer les institutions, les grands travaux, les anniversaires et les événements politiques, tout en imposant une rigueur de composition exceptionnelle.

La Jeunesse d’Aristote, sculpture de Charles Degeorge.
La Jeunesse d’Aristote, vers 1875, Charles Degeorge, musée d’Orsay. Photo : Wikimedia Commons, licence indiquée sur la page du fichier.

Le séjour romain et l’affirmation d’un artiste

À Rome, Degeorge poursuit l’apprentissage de l’Antiquité, de la Renaissance et de la statuaire monumentale. Le séjour est aussi une période de travail personnel. Il y conçoit Bernardino Cenci, présenté au Salon de 1870, dont une version en marbre est conservée au musée des Beaux-Arts de Lyon. La figure, inspirée d’un personnage de l’histoire italienne, témoigne de son goût pour les sujets historiques et pour une expression psychologique attentive, loin du simple exercice de style.

De retour en France, il participe régulièrement au Salon à partir de 1864. La reconnaissance vient assez vite : une médaille de deuxième classe au Salon de 1872, une médaille de première classe en 1875, puis une médaille de deuxième classe à l’Exposition universelle de Paris de 1878. Ces récompenses installent son nom dans le milieu artistique. Elles ne font pas de lui une vedette populaire, mais un praticien estimé, sollicité pour des bustes, des œuvres décoratives et des médailles de commande.

La Jeunesse d’Aristote et la sculpture

Son œuvre la plus connue demeure La Jeunesse d’Aristote, un marbre vers 1875 aujourd’hui conservé au musée d’Orsay. Le philosophe est représenté adolescent, assis, presque nu, absorbé par l’étude d’un rouleau. Le thème permet à Degeorge de concilier le modèle antique, l’étude du corps et une scène de formation intellectuelle. L’œuvre ne cherche pas l’emphase monumentale : elle privilégie la concentration du jeune homme, la tension calme de la pose et une qualité de surface très travaillée.

Autre vue de la Jeunesse d’Aristote de Charles Degeorge.
La Jeunesse d’Aristote, vue de face. Photo : Wikimedia Commons, licence indiquée sur la page du fichier.

Degeorge réalise parallèlement plusieurs bustes. Celui du peintre Henri Regnault, mort pendant la guerre de 1870, est intégré au monument élevé en son honneur à l’École des beaux-arts de Paris par Henri Chapu. Il exécute aussi des portraits de Stanislas Julien, de Jules Claretie, de Georges Clairin et de personnalités italiennes. Le buste est alors un genre majeur de la sculpture française : il répond à la demande de mémoire, de reconnaissance publique et de sociabilité artistique. Degeorge y démontre sa capacité à saisir une physionomie sans l’isoler de sa présence morale.

La commande publique lui offre un autre terrain. Pour la façade de la Bibliothèque nationale, dans la cour d’honneur du site Richelieu, il contribue au groupe de La Science servie par les génies. En 1885, il reçoit la commande des Fleurs destinées à l’escalier de l’Hôtel de Ville de Paris. À Lyon, il sculpte pour la fontaine de la place des Jacobins les figures de Philibert Delorme, Gérard Audran, Guillaume Coustou et Hippolyte Flandrin. Inaugurée en 1886, cette fontaine réunit des artistes lyonnais de différentes époques et inscrit Degeorge dans le paysage monumental de sa ville natale.

La Jeunesse d’Aristote au musée d’Orsay.
La Jeunesse d’Aristote au musée d’Orsay. Photo : Wikimedia Commons, licence indiquée sur la page du fichier.

Le graveur-médailleur

La gravure de médaille reste une constante de sa carrière. Degeorge présente des médailles au Salon dès 1864 et conçoit des pièces pour des institutions, des sociétés savantes ou des commémorations. Parmi elles figurent une médaille relative à la construction de l’église Saint-Pierre-de-Montrouge, une médaille pour la Société des amis des arts de Lyon, ainsi que des médailles de récompense. Sa production associe habituellement un modelé précis, adapté au faible relief, et une lisibilité narrative nécessaire à l’objet commémoratif.

En 1887, il grave la médaille À la mémoire des élèves de l’École des beaux-arts morts pour la défense de la patrie, 1870-1871. Conservée au musée Carnavalet, elle accompagne le monument commémoratif de l’École des beaux-arts. Au droit, une figure féminine vient honorer un artiste mort ; au revers est représenté le monument, avec les noms des élèves disparus. L’objet rappelle le lien étroit qui existe alors entre l’art, la mémoire civique et les institutions de formation.

Détail de la Jeunesse d’Aristote de Charles Degeorge.
Détail de La Jeunesse d’Aristote, Charles Degeorge. Photo : Wikimedia Commons, licence indiquée sur la page du fichier.

Ses dernières années sont marquées par les commandes et par l’aboutissement de sa reconnaissance officielle. Chevalier de la Légion d’honneur en 1881, il continue de travailler entre sculpture et médaille. Il meurt à Paris le 2 novembre 1888, à cinquante et un ans. Son ami René de Saint-Marceaux réalise le buste qui orne sa tombe. Cette œuvre funéraire, posée dans la division 92, fait écho à la fois à sa carrière de portraitiste et au réseau d’amitiés artistiques dans lequel Degeorge a évolué.

La carrière de Degeorge se situe à un moment où les frontières entre les disciplines demeurent poreuses. L’artiste appelé à orner un édifice public peut aussi créer une effigie de salon, répondre à une commande commémorative ou dessiner une médaille. Ce va-et-vient entre l’œuvre exposée, la décoration architecturale et l’objet de mémoire caractérise son activité. Il explique aussi que les collections publiques conservent aujourd’hui de lui des œuvres de nature très différente, du grand marbre du musée d’Orsay aux médailles du musée Carnavalet.

Son nom reste associé à une sculpture de tradition classique, sensible au portrait et à l’allégorie, plutôt qu’à une école revendiquant une rupture esthétique. Mais ses réalisations pour Paris et Lyon montrent sa place effective dans les programmes de la Troisième République, qui donne aux bâtiments, aux fontaines et aux monuments commémoratifs une forte dimension civique. La tombe du Père-Lachaise, œuvre d’un autre sculpteur, achève ainsi de fixer l’image d’un artiste reconnu par ses pairs, dont les travaux réunissent formation académique, commande publique et art de la médaille.

Œuvres principales

  • La France protégeant l’Algérie, médaille, prix de Rome de gravure en médailles, 1866.
  • Bernardino Cenci, marbre, Salon de 1870, musée des Beaux-Arts de Lyon.
  • La Jeunesse d’Aristote, marbre, vers 1875, musée d’Orsay.
  • Buste d’Henri Regnault, pour le monument de l’École des beaux-arts de Paris.
  • Figures de Philibert Delorme, Gérard Audran, Guillaume Coustou et Hippolyte Flandrin, fontaine de la place des Jacobins, Lyon, 1886.
  • À la mémoire des élèves de l’École des beaux-arts morts pour la défense de la patrie, 1870-1871, médaille, 1887, musée Carnavalet.

Distinctions et fonctions

  • Élève de l’École des beaux-arts de Lyon puis de l’École impériale des beaux-arts de Paris.
  • Prix de Rome de gravure en médailles, 1866.
  • Pensionnaire de l’Académie de France à Rome.
  • Médaille de deuxième classe au Salon, 1872.
  • Médaille de première classe au Salon, 1875.
  • Médaille de deuxième classe à l’Exposition universelle de Paris, 1878.
  • Chevalier de la Légion d’honneur, 1881.