Qui est France Clidat ?
Date de naissance : 22 novembre 1932 (Nantes, Loire-Inférieure, France).
Date du décès : 17 mai 2012 (Paris, France), à 79 ans.
Activité principale : Pianiste concertiste et pédagogue.
Nom de naissance : France Clidat.
Où est la tombe de France Clidat ?
La sépulture de France Clidat se trouve dans la division 13 du cimetière du Père-Lachaise.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise : repérez la division 13.
Le monument funéraire de France Clidat au Père-Lachaise
France Clidat repose dans la division 13. Son monument porte une inscription qui rappelle sa carrière de pianiste concertiste et ses décorations : officier de la Légion d’honneur, officier de l’ordre national du Mérite et commandeur des Arts et des Lettres.
La tombe rend hommage à une interprète dont la discographie a largement contribué à faire connaître Franz Liszt et Erik Satie. Sa localisation au Père-Lachaise prolonge la présence, dans le cimetière, de nombreuses figures de la musique française.

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Tombe de France Clidat au Père-Lachaise.

Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Vue d’ensemble de la sépulture de France Clidat.
Biographie de France Clidat
France Clidat fut l’une des grandes pianistes françaises de la seconde moitié du XXe siècle. Son nom est indissociable de Franz Liszt, dont elle a défendu avec une énergie remarquable les pages célèbres comme les œuvres les moins fréquentées ; un critique lui donna le surnom de « Madame Liszt ». Mais la réduire à cette spécialité serait oublier l’ampleur de sa discographie, son travail sur Erik Satie, ses concerts à travers le monde et son activité de pédagogue. Toute sa carrière se construit autour de la transmission : celle d’une école française du piano, celle d’un répertoire exigeant et celle d’une conception du concert qui allie virtuosité, clarté et imagination.
De Nantes au Conservatoire de Paris
Née à Nantes le 22 novembre 1932, France Clidat choisit très tôt le piano. Sa formation se déroule au Conservatoire de Paris, institution où elle travaille notamment avec Lazare-Lévy, mais aussi avec des personnalités telles que Maurice Hewitt, Alexis Roland-Manuel, Norbert Dufourcq et Robert Siohan. Cet environnement lui donne une culture musicale très large : la technique pianistique ne se sépare pas de l’étude des styles, de l’histoire de la musique et du rapport au texte.
En 1950, à dix-huit ans, elle obtient un premier prix de piano. Elle complète ensuite sa formation auprès d’Émil Gilels et de Lélia Gousseau. Ces influences sont complémentaires : la tradition française privilégie souvent la précision du toucher et la lisibilité des plans sonores ; Gilels apporte l’exemple d’un vaste répertoire romantique et d’une puissance de projection exceptionnelle. Dès l’adolescence, elle se produit avec orchestre : en 1948, elle joue le Concerto en la mineur d’Henri Sauguet à Genève sous la direction d’Ernest Ansermet.

Wikimedia Commons, via Wikimedia Commons.
Plaque commémorative dédiée à France Clidat, avenue du Général-Leclerc à Paris.
La rencontre décisive avec Liszt
Le concours international de Budapest de 1956 constitue le tournant de sa carrière. France Clidat y reçoit le prix Franz Liszt, distinction qui n’avait plus été attribuée depuis 1937. Ce succès ne lui impose pas un répertoire de façon artificielle : elle trouve dans Liszt un univers qui convient à ses moyens techniques, à son goût des architectures amples et à sa curiosité pour des partitions délaissées. Elle joue bien sûr les œuvres virtuoses, mais s’intéresse aussi aux pièces lyriques, aux paraphrases, aux pages de voyage et aux recherches tardives du compositeur.
La critique remarque sa capacité à éviter deux écueils : la démonstration athlétique et le romantisme confus. Ses interprétations cherchent la construction derrière la difficulté. Après un récital au Théâtre des Champs-Élysées, Bernard Gavoty la surnomme « Madame Liszt ». Cette formule, reprise ensuite dans la presse et sur les disques, exprime l’autorité qu’elle acquiert dans ce répertoire. Elle devient l’une de ses ambassadrices les plus constantes, dans les salles de concert comme au studio.

Franz Hanfstaengl, 1858, domaine public, via Wikimedia Commons.
Franz Liszt, compositeur auquel France Clidat a consacré une part essentielle de sa carrière.
Une discographie lisztienne de référence
Dans les années 1960 et 1970, France Clidat mène pour les éditions Vega puis Decca un vaste projet d’enregistrements consacrés à Liszt. La série comprend vingt-quatre microsillons, ensuite transférés sur CD. Elle y aborde les Années de pèlerinage, les Rhapsodies hongroises, les études, les ballades, la Sonate en si mineur, les valses, les paraphrases d’opéra et de lieder. Plusieurs pages rares sont enregistrées pour la première fois, notamment des valses de Méphisto tardives, la Mephisto-Polka et des pièces de danse peu connues.
Le projet ne correspond pas à une intégrale exhaustive de toute l’œuvre pour piano de Liszt ; il demeure néanmoins l’un des plus vastes ensembles discographiques consacrés alors au compositeur par une pianiste française. Il reçoit le Grand Prix du Disque de l’Académie Charles-Cros et le Grand Prix de l’Académie européenne du disque. Ces enregistrements font connaître son jeu auprès d’un public beaucoup plus large que celui des concerts et participent à la redécouverte de pans entiers du catalogue lisztien.
Dans ses récitals comme dans ses notices, elle défend la diversité de Liszt : le compositeur de grandes fresques virtuoses, mais aussi l’auteur de pages intimes, de transcriptions, de pièces tardives et d’expériences harmoniques. Cette attention au contexte et aux formes éclaire sa manière de construire les programmes, sans réduire la musique à la seule prouesse digitale.

Franz Liszt, domaine public, via Wikimedia Commons.
Extrait de l’Étude d’exécution transcendante n° 8, « Wilde Jagd », de Liszt : un repère du répertoire virtuose auquel France Clidat a consacré une part décisive de son travail.

Franz Liszt, domaine public, via Wikimedia Commons.
Extrait de l’Étude d’exécution transcendante n° 10 : une page qui rappelle la précision et l’endurance requises par une partie du répertoire lisztien de France Clidat.
Satie, le répertoire français et les autres horizons
France Clidat refuse pourtant l’étiquette exclusive de spécialiste. Elle enregistre l’intégrale de l’œuvre pour piano d’Erik Satie, dont l’écriture appelle une tout autre forme de virtuosité : sécheresse volontaire, humour, précision rythmique et sens des silences. Son travail sur Satie confirme l’étendue de son art, capable de passer du déploiement lisztien à une économie de moyens extrême. Elle grave aussi des œuvres de Chopin, Grieg, Rachmaninov, Tchaïkovski et Marcel Landowski.
Cette diversité éclaire mieux son identité d’interprète. Liszt n’est pas pour elle une spécialité de catalogue, mais un centre autour duquel dialoguent des traditions contrastées. Le romantisme russe, le raffinement français, les danses nordiques ou la modernité ironique de Satie sollicitent chez elle la même attention au caractère de chaque œuvre. Elle ne recherche pas un son uniforme : elle adapte le toucher, la pédale et la dynamique à la logique de chaque partition.

Erik Satie, vers 1898, via Wikimedia Commons.
Erik Satie, dont France Clidat a enregistré l’intégrale de l’œuvre pour piano.
La scène internationale et la transmission
Les concours et les enregistrements favorisent une carrière internationale. France Clidat se produit dans de nombreux pays, notamment au Japon, et devient l’une des représentantes de l’école française de piano. Elle est régulièrement invitée comme jurée de compétitions internationales, dont le concours Viotti de Vercelli, le concours Paloma O’Shea de Santander et des concours consacrés à Liszt. Cette présence lui permet de défendre une conception exigeante du répertoire, mais aussi d’encourager de jeunes pianistes.
Elle enseigne plusieurs années à l’École normale de musique de Paris Alfred Cortot. Sa classe attire des élèves venus de différents pays. Elle donne également des masterclasses et publie des articles sur Liszt, notamment sur les Études d’exécution transcendante. Chez elle, le travail pédagogique prolonge l’activité de concertiste : il ne s’agit pas de transmettre une recette d’interprétation, mais de comprendre une écriture, sa technique et son imaginaire.
Dernières années et mémoire
Au fil des décennies, France Clidat demeure fidèle au concert et au disque. Ses interprétations ont été utilisées au cinéma, notamment dans Maelström, sorti en 2000, où l’on entend l’Adagio du Concerto pour piano de Grieg. Des compositeurs lui dédient des œuvres, signe du respect que lui portent ses contemporains. Bruno Rossignol écrit ainsi une Aria et Fugato sur le nom de France Clidat.
Elle meurt à Paris le 17 mai 2012. Sa tombe du Père-Lachaise rappelle les hautes distinctions reçues au cours de sa vie. Sa mémoire demeure vivante par ses disques, dont beaucoup continuent à circuler, et par les pianistes qu’elle a formés. Sans chercher à rivaliser avec le culte du virtuose, France Clidat a donné au répertoire de Liszt un visage français : lumineux, construit et généreux, attentif aux audaces comme aux lignes de chant.
Œuvres principales
- Enregistrements de Liszt : Années de pèlerinage, Rhapsodies hongroises, études, ballades et paraphrases.
- Sonate en si mineur de Liszt.
- Œuvres rares de Liszt, dont des Valses de Méphisto tardives et la Mephisto-Polka.
- Intégrale de l’œuvre pour piano d’Erik Satie.
- Enregistrements d’œuvres de Chopin, Grieg, Rachmaninov, Tchaïkovski et Marcel Landowski.
Distinctions et repères
- 1950 : premier prix de piano au Conservatoire de Paris.
- 1956 : prix Franz Liszt au concours international de Budapest.
- Grand Prix du Disque de l’Académie Charles-Cros.
- Grand Prix de l’Académie européenne du disque.
- 1976 : chevalier des Arts et des Lettres.
- 1987 : chevalier de l’ordre national du Mérite.
- Officier de la Légion d’honneur, officier de l’ordre national du Mérite et commandeur des Arts et des Lettres.