Qui est Claude de Choiseul ?
Date de naissance : 1632 (Langres, royaume de France).
Date du décès : 15 mars 1711 (Paris, France), à environ 79 ans.
Activité principale : Militaire et maréchal de France.
Nom de naissance : Claude de Choiseul-Francières.
Où est la tombe de Claude de Choiseul ?
Division 50 — sépulture transférée au Père-Lachaise en 1860, après une première inhumation dans l’ancien cimetière de Picpus.

Le monument funéraire de Claude de Choiseul au Père-Lachaise
Claude de Choiseul-Francières fut d’abord inhumé dans l’église des Picpus, rue de Picpus. Ses restes furent transférés au Père-Lachaise en 1860, dans la division 50. Cette translation tardive explique la présence, dans le cimetière parisien, de ce grand serviteur de Louis XIV mort plus d’un siècle avant l’ouverture du Père-Lachaise.
Les photographies clairement attribuables à sa sépulture ne sont pas disponibles dans les fonds libres consultés. La fiche privilégie donc les portraits et documents historiques vérifiés plutôt que d’utiliser des vues incertaines de la division.
Biographie de Claude de Choiseul
Claude de Choiseul-Francières appartient à la génération d’officiers qui accompagne l’affirmation militaire de la France de Louis XIV. Marquis de Francières, comte de Choiseul et seigneur d’Yrouerre, il est fait maréchal de France en 1693. Sa carrière, commencée dans les troubles de la Fronde, traverse les guerres de conquête et de défense qui donnent au royaume ses frontières du Nord et de l’Est. Lorsqu’il meurt en 1711, il est le doyen des maréchaux de France.
Né en 1632 dans une famille champenoise de vieille noblesse, Claude est le fils de Louis de Choiseul, marquis de Francières et lieutenant général des armées du roi, et de Catherine de Nicey. Son milieu le prépare naturellement au métier des armes. Les Choiseul disposent de terres, de charges et d’un réseau de fidélités qui les placent au service de la monarchie. Mais une origine nobiliaire ne suffit pas, sous le règne de Louis XIV, à obtenir les plus hauts grades : il faut encore tenir sur les champs de bataille, savoir commander et gagner la confiance du souverain.

Les débuts : guerre civile et apprentissage du commandement
Le jeune Choiseul entre comme volontaire en 1649, au moment où la France est déchirée par la Fronde. Il sert bientôt au régiment de Condé, dans lequel son père a des responsabilités. Entre 1652 et 1653, il fait ses premières armes en Champagne, théâtre d’affrontements où s’opposent les partisans de Mazarin et ceux du prince de Condé. Ces années sont une école rude : la guerre n’est pas seulement dirigée contre un ennemi extérieur, elle engage des fidélités locales, des places fortifiées et des intérêts familiaux.
En 1658, il succède à son père dans le gouvernement de Langres. La même année, il épouse Catherine de Renty, fille de Gaston de Renty, baron de Landelles. Cette union consolide sa place dans la noblesse de service. Gouverner une ville et une région stratégique ne se réduit pas à un titre honorifique : il faut organiser les garnisons, surveiller les frontières, veiller à l’approvisionnement et représenter l’autorité royale dans une province sensible.

Des Flandres à Saint-Gothard
À partir des années 1660, la carrière de Choiseul suit les campagnes de Louis XIV. En 1664, il participe à l’expédition de Saint-Gothard, menée contre les Ottomans aux côtés des forces impériales et de contingents alliés. La victoire du 1er août 1664 contribue à contenir l’offensive ottomane en Hongrie. Pour les officiers français qui y prennent part, l’épisode est aussi l’occasion de se mesurer à une guerre européenne qui dépasse le cadre habituel des rivalités franco-espagnoles ou flamandes.
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Il reçoit le grade de brigadier en 1667, pendant la guerre de Dévolution. Il est présent aux sièges de Tournai, Douai et Lille. Les sièges constituent alors le cœur de la guerre louis-quatorzienne : l’armée avance de place forte en place forte, avec une logistique considérable, des travaux de tranchées et un artillerie méthodique. Dans cet univers, la valeur d’un officier se mesure autant à sa capacité de garder une position et d’exécuter les ordres qu’à son courage personnel.

La guerre de Hollande et l’ascension d’un officier
Nommé maréchal de camp en 1669, Choiseul poursuit son avancement dans les décennies suivantes. Il sert en Lorraine et dans les Flandres, puis sous les ordres du maréchal de Luxembourg, l’un des grands capitaines du règne. Les campagnes de la guerre de Hollande et celles qui suivent l’amènent sur plusieurs fronts. Les notices contemporaines retiennent notamment sa présence à Fribourg en 1677, à Strasbourg en 1679 et dans les opérations de Liège en 1684.
Cette progression est celle d’un professionnel de l’armée royale. Il ne laisse pas le souvenir d’un chef de guerre solitaire comparable à Turenne ou Condé ; il incarne plutôt l’officier supérieur sur lequel s’appuie une monarchie qui organise son armée de manière de plus en plus centralisée. Son expérience des sièges, des commandements de garnison et des armées de frontière fait de lui un homme utile dans les conflits longs, où la discipline et la continuité comptent autant que les coups d’éclat.

Maréchal de France
En 1693, Claude de Choiseul-Francières reçoit le bâton de maréchal de France. Cette dignité, l’une des plus élevées de la hiérarchie militaire, consacre une longue carrière au service du roi. Elle donne aussi à la maison de Choiseul un éclat particulier. Il est chevalier des ordres du roi, notamment de l’ordre du Saint-Esprit, distinction réservée aux plus hauts serviteurs de la monarchie.
À la fin du siècle, il commande l’armée d’Allemagne. Il exerce alors une autorité qui dépasse le champ de bataille : négociations locales, entretien des garnisons, circulation des troupes et maintien de la ligne défensive font partie de ses responsabilités. Après les paix de la fin des années 1690, son activité militaire se ralentit. Il demeure toutefois une figure écoutée de l’armée royale et un témoin de plusieurs décennies de guerre.
Mort, transfert et mémoire
Claude de Choiseul-Francières meurt à Paris le 15 mars 1711. Il est alors le doyen des maréchaux de France. Son inhumation a lieu dans l’église des Picpus. Près d’un siècle et demi plus tard, en 1860, ses restes sont transférés au cimetière du Père-Lachaise, division 50. Cette histoire funéraire relie donc trois époques : la monarchie de Louis XIV, les bouleversements qui ont affecté les anciens lieux de sépulture parisiens, puis la constitution du Père-Lachaise comme grand cimetière mémoriel de la capitale.
Le portrait que versailles commande en 1835, longtemps après sa mort, montre que sa mémoire reste associée au grand récit militaire de l’Ancien Régime. Il apparaît parmi les maréchaux dont la monarchie de Juillet souhaite rassembler l’image au musée de l’Histoire de France. La tombe de la division 50 prolonge ainsi, à Paris, le souvenir d’un officier dont la carrière résume la montée en puissance de l’armée royale au XVIIe siècle.
La place de Choiseul dans les opérations du règne doit se comprendre dans le cadre d’une armée qui change rapidement d’échelle. Le roi et ses ministres disposent de troupes permanentes plus nombreuses, d’un corps d’ingénieurs, d’une artillerie organisée et de réseaux de dépôts. Les gouverneurs de place et les lieutenants généraux sont les rouages de cette puissance. Ils doivent faire remonter les informations, coordonner les mouvements et maintenir une discipline qui pèse lourdement sur les populations traversées. La carrière de Claude de Choiseul ne se résume donc pas à une succession de batailles : elle témoigne de l’installation d’un État militaire moderne.
Ses campagnes se déroulent aussi à une époque où les frontières restent mouvantes. Les Flandres, l’Alsace, la Lorraine et la vallée du Rhin constituent des zones d’affrontement continu. Prendre une ville ne signifie pas seulement remporter un succès symbolique : cela modifie les communications, sécurise une route et impose une nouvelle administration. Les officiers qui, comme Choiseul, passent d’un commandement à l’autre connaissent cette géographie par l’expérience. Leur savoir tient autant à la lecture du terrain qu’à la connaissance des hommes, des ravitaillements et des fortifications.
La durée de son service est, enfin, remarquable. Des premiers engagements de la Fronde à son commandement d’armée à la fin du règne de Louis XIV, Choiseul traverse plus d’un demi-siècle de conflits. Cette longévité explique le respect que lui accordent ses pairs lorsqu’il atteint le sommet de la hiérarchie militaire.
Fonctions et campagnes
- Gouverneur de Langres, puis de Saint-Omer et de Valenciennes.
- Brigadier des armées du roi en 1667.
- Maréchal de camp en 1669.
- Lieutenant général des armées du roi en 1676.
- Maréchal de France en 1693.
- Commandant de l’armée d’Allemagne à la fin du XVIIe siècle.
Distinctions et repères
- Chevalier de l’ordre du Saint-Esprit.
- Chevalier de l’ordre de Saint-Louis.
- 1664 : campagne de Saint-Gothard contre les Ottomans.
- 1667 : sièges de Tournai, Douai et Lille.
- 1693 : élévation à la dignité de maréchal de France.
- 1860 : transfert de sa sépulture au Père-Lachaise, division 50.