Marcel Proust

Qui est Marcel Proust ?

Date de naissance de Marcel Proust : 10 juillet 1871 (Paris, France).
Date du décès : 18 novembre 1922 (Paris, France) à 51 ans.
Activité principale : Écrivain.
Nom de naissance : Valentin Louis Georges Eugène Marcel Proust (pseudonyme : Bernard d’Algouvres).
Signe : Scorpion.

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Biographie de Marcel Proust

Écrivain et essayiste français, Dreyfusard de la première heure, Marcel Proust a sans conteste marqué plus d’une génération de lecteurs à travers le monde, pour ses prises de position et sa description acerbe de la grande bourgeoisie de son époque. Considéré comme l’un des plus grands auteurs de la fin du XIXe siècle, ce n’est véritablement qu’après sa mort qu’il obtient ses lettres de noblesse auprès de ses pairs et du grand public. Son principal chef d’œuvre, À La Recherche du Temps Perdu, reste aujourd’hui encore une référence en matière de littérature française, abordant avec ironie et fascination le vide de l’existence et la comédie humaine incarnée par les salons mondains parisiens. Agnostique convaincu malgré sa double culture, précurseur, Marcel Proust est également l’un des premiers auteurs européens à aborder de façon claire le sujet de l’homosexualité, même si son orientation sexuelle n’a jamais été ouvertement évoquée dans ses ouvrages.

Une adolescence dans les milieux mondains parisiens

Né le 10 juillet 1871 dans le 16ème arrondissement de Paris, Marcel Proust grandit au sein d’une famille aisée, aimante et cultivée, d’origine juive (par sa mère) et chrétienne (par son père), en compagnie de son frère Robert, de deux ans son cadet. Dès sa naissance, le jeune Marcel se montre être un enfant de santé fragile, particulièrement sensible au pollen libéré au printemps, qui peut provoquer chez lui d’impressionnantes crises d’asthme et de grosses difficultés respiratoires. Il frôle d’ailleurs la mort plusieurs fois au cours de sa petite enfance, et se montre régulièrement absent des bancs de l’école, ce qui ne l’empêche pas de poursuivre une scolarité brillante au Lycée Condorcet, choyé et protégé par son entourage. 

Fasciné par Victor Hugo et Alfred de Musset, dont il connaît l’œuvre sur le bout des doigts, l’adolescent Proust commence dès 1892, après son service militaire, à naviguer dans les cercles mondains et les salons aristocratiques, où il se découvre très vite une passion pour les arts et l’écriture. C’est là qu’il se lie d’amitié avec des jeunes hommes comme Jacques Bizet (le fils du compositeur), Lucien Daudet (le fils de l’écrivain), Anatole France lui-même, le compositeur Reynaldo Hahn, qui aura une importance considérable dans sa vie sentimentale, ou encore Daniel Halévy et Fernand Gregh, avec qui il fonde une petite revue littéraire, Le Banquet. Petit à petit, le jeune Marcel entame donc son ascension au cœur des salons mondains, où il se forge une réputation de dilettante.  

Ses premiers pas littéraires

Très vite, la proximité de ces artistes et écrivains mondains réveille de nouveau en lui son intérêt pour l’art de l’écriture. En mars 1895, Marcel Proust devient ainsi licencié es lettres, après avoir obtenu quelques années auparavant une licence de droit, et publie au bout de quelques mois un recueil de nouvelles et de poèmes en prose, intitulé Les Plaisirs et les Jours. Sévèrement accueilli par la critique de l’époque, le livre peine à rencontrer le succès, et contribue surtout à conforter Proust dans sa réputation de jeune premier snob et mondain. 

En juin de la même année, Marcel Proust passe et obtient le concours de bibliothécaire à la prestigieuse Bibliothèque Mazarine, qu’il ne fréquentera finalement que quelques mois, préférant aux bancs sombres et vieillis la douceur des vacances estivales, d’abord avec sa mère en Allemagne, puis avec Reynaldo Hahn en Normandie. Grâce à la fortune familiale, qui lui permet de maintenir une qualité de vie des plus aisées, le jeune homme ne se laisse pas échauder par l’échec de sa première publication, et continue en parallèle de fréquenter les cercles de la grande bourgeoisie et de l’aristocratie de l’époque, comme par exemple les salons de la Comtesse Greffulhe ou de la Princesse de Wagram.

Lentement et patiemment, Proust emmagasine au cours de ses interactions dans les salons mondains, le matériel nécessaire à ce qui deviendra par la suite l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la littérature française du XXe siècle, la saga romanesque À La Recherche du Temps Perdu.

Les (timides) premiers succès de l’écrivain-traducteur Proust

C’est aussi à partir de cet été 1895 que Marcel Proust se lance dans l’écriture d’un roman décrivant les déambulations d’un jeune homme fasciné par la littérature, dans les cercles mondains parisiens de la fin du XIX siècle. Un thème qui n’est pas sans rappeler la vie du jeune artiste de l’époque, d’autant plus que certains épisodes, comme l’une de ses escapades « romantiques » avec Reynaldo Hahn, y sont clairement évoqués. Resté à l’état de manuscrit, Proust ayant abandonné ses travaux d’écriture en 1900, ce livre sera finalement publié en 1952, à titre posthume, sous le nom de Jean Santeuil.

Captivé par l’œuvre du britannique John Ruskin, Proust entreprend alors, à la mort de l’écrivain en janvier 1900, la traduction de deux de ses ouvrages majeurs, La Bible d’Amiens (1904) et Sésame et les Lys (1906). Ce travail de traduction, fidèle, bien documenté et accompagné de notes explicatives pertinentes, aura le mérite de recevoir les retours positifs de la critique de l’époque, pourtant guère tendre à l’égard du jeune homme.

Le temps de la consécration, avec son œuvre magistrale

Suite à la mort de ses parents, en 1903 pour son père et 1905 pour sa mère, Marcel Proust emménage au 102, Boulevard Haussmann. C’est là que, retranché comme un reclus, il travaillera avec acharnement à l’écriture de son œuvre magistrale, la suite romanesque et autobiographique À la Recherche du Temps Perdu, dont les 7 tomes sortiront entre 1913 et 1927 (les derniers romans seront en effet publiés à titre posthume).

Dans « Du côté de chez Swann » (1913), « À l’Ombre des Jeunes Filles en Fleurs » (1919) – qui obtiendra le Prix Goncourt –, « Le Côté de Guermantes » (1920), « Sodome et Gomorrhe » (1921-1922), « La Prisonnière » (1923), « Albertine disparue » (1925), et « Le Temps Retrouvé » (1927), Marcel Proust dépeint, non sans une pointe de sarcasme, les salons parisiens de l’époque et les lieux de son enfance, en se lançant dans de grandes réflexions sur la mémoire du temps qui passe, la vie mondaine, le vide affectif ou encore l’amour et la jalousie, où l’homosexualité occupe une grande place.

Plus de deux cents personnages, la plupart inspirés de personnes qu’il a réellement connues, étalés sur quatre générations, prendront alors vie dans l’imagination de Proust tout au long de la saga, faisant d’À La Recherche du Temps Perdu le plus long roman de la littérature française. C’est d’ailleurs à cet ouvrage que l’on doit l’expression « Madeleine de Proust », en référence à ces madeleines qui, plongées dans le café, faisaient retomber l’auteur en enfance.

Les dernières années de la vie de Marcel Proust

Si la santé de l’écrivain a toujours été fragile, et ce depuis sa plus tendre enfance en raison de son asthme, les dernières années consacrées à l’écriture de son œuvre magistrale auront contribué à la détériorer davantage. Seul dans son appartement parisien, Marcel Proust travaille jour et nuit, s’épuisant à la tâche, ne sortant que très rarement avec ses amis artistes de l’époque.

Il s’éteint le 18 novembre 1922, terrassé par une bronchite tenace. Enfin reconnu par ses pairs qui viendront lui rendre hommage en nombre lors de son enterrement trois jours plus tard, la publication posthume des derniers romans d’À La Recherche du Temps Perdu, ainsi que de Jean Santeuil, contribuera à ériger Marcel Proust, au fil des années, au rang de référence littéraire pour les générations futures. 

Le monument funéraire de Marcel Proust au Père-Lachaise

Entièrement refaite et modernisée, suite à un attentat dévastateur qui visait en réalité une tombe voisine, la sépulture de Marcel Proust est un modèle de sobriété. Si le monument original a été entièrement détruit, les visiteurs restent néanmoins nombreux à venir se recueillir sur la tombe de l’un des plus grands auteurs de la fin du XIXe siècle. De temps à autre, il n’est pas rare que certains y laissent même un café, et/ou une madeleine, comme un clin d’œil à son œuvre magistrale.

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