Henri Barbusse

L’écrivain au service des peuples

Qui est-il ?

Date de naissance : 17 mai 1873 (Asnières, France)
Date du décès : 30 août 1935 (Moscou, Union Soviétique) à 62 ans.
Activité principale : écrivain.
Signe : Taureau.

Localisez sa sépulture sur la carte :


Division

Biographie

Henri Barbusse en bref

Henri Barbusse est un journaliste et écrivain français du début du XXème siècle. Profondément humaniste, soutien de l’espéranto et affilié au Parti Communiste, il a mis sa plume au service des peuples. Il fut également un témoin majeur de la Grande Guerre : il raconta son engagement au front dans le roman Le Feu, prix Goncourt 1916.

Henri Barbusse, un écrivain formé à bonne école

Issu d’une famille protestante, Henri Barbusse est né le 17 mai 1873 à Asnières-sur-Seine. Son père, d’une famille originaire d’Alès, était journaliste et critique littéraire au journal Le Siècle. Henri Barbusse reçut une formation exceptionnelle : il compta parmi ses professeurs Stéphane Mallarmé (anglais) et Henri Bergson (philosophie).

Une reconnaissance précoce

Dès l’âge de 19 ans, le jeune Henri Barbusse se fait remarquer : ses œuvres font bonne figure au concours de poésie du journal l’Écho de Paris. Il commence bientôt une carrière littéraire. Son premier recueil de poèmes, Les pleureuses, est publié en 1895.

Henri Barbusse prend notamment part aux rédactions de Fémina et de Je sais tout. En 1908, c’est la consécration : L’Enfer, son premier roman, connaît un succès retentissant. Cette charge naturaliste contre la société et ses obligations lui permet déjà de se faire un nom dans la société littéraire de Paris.

Henri Barbusse : un écrivain dans la guerre de 14-18

Henri Barbusse sera surtout un témoin majeur de la première guerre mondiale. À 41 ans, fervent républicain, l’écrivain part s’abîmer dans le tumulte de la Grande Guerre. Chose rare, il quitte les salons littéraires parisiens pour l’horreur des tranchées, engagé volontaire dès la mobilisation de 1914. Malgré son pacifisme, l’écrivain croit en une guerre juste, une guerre sociale, nécessaire au bien de la République.

Son idéalisme va rapidement vaciller devant la misère des poilus et la violence des combats. Hospitalisé pour dysenterie alors que le conflit s’est enlisé, Henri Barbusse reviendra du front meurtri mais convaincu que la paix est un bien inestimable pour l’humanité.

Le Feu, des tranchées au Prix Goncourt

De son expérience de 11 mois au front, l’écrivain nous livrera un témoignage unique : Le Feu, écrit depuis son lit d’hôpital et couronné du Prix Goncourt en 1916.

Sous-titré « journal d’une escouade », Henri Barbusse y met des mots sur l’horreur des tranchées avec un réalisme minutieux. Au plus près des combats, il y décrit le quotidien des soldats français, entre misère et souffrance. Derrière l’horreur de la condition des poilus, il parvient tout de même à faire affleurer l’espoir, tel une éclaircie au cœur de cet « orage continuel » qu’est la guerre.

Très bien reçu par les poilus et les tenants du « plus jamais ça », Le Feu lui vaudra à la fois une reconnaissance nationale et un surnom, le « Zola des tranchées ».

Engagement dans le communisme et le pacifisme

Après la première guerre mondiale, Henri Barbusse s’affirme comme un chantre du pacifisme et de l’amitié entre les peuples. Il s’engage en faveur de la paix au sein de plusieurs organisations : l’Association Républicaine des Anciens Combattants (Arac), la revue Clarté, et surtout, le mouvement antifasciste Amsterdam-Pleyel. Fondé en 1933 en réaction à la prise de pouvoir d’Adolf Hitler, il y fait la promotion de la paix jusqu’à ses derniers jours, aux côtés de Romain Rolland et d’Albert Camus.

Henri Barbusse, le premier des grands intellectuels communistes français

Fervent défenseur du peuple, l’écrivain va tracer le sillon des grands intellectuels affiliés au Parti Communiste, avant Louis Aragon. Dès 1921, il dresse le portrait de la Révolution d’Octobre dans Le couteau entre les dents. Républicain de toujours, athée autoproclamé, Henri Barbusse rejoint le PCF en 1923. Il rédigera à L’Humanité et participera à la réflexion autour d’une littérature prolétarienne.

Henri Barbusse manifestera jusqu’au bout son opposition au capitalisme, tenu responsable des guerres. Sans se départir de son sens du débat, il accueille des soutiens très divers au sein d’une revue communiste qu’il fonde en 1928 : Monde.

Des obsèques nationales

À l’âge de 62 ans, Henri Barbusse décède d’une pneumonie alors qu’il était à Moscou pour le 7ème congrès de l’Internationale Communiste. Sa mort provoque une onde de choc en France : plus de 500 000 personnes assistent à ses obsèques à Paris. Il est enterré au Père Lachaise.

Pour aller plus loin…

Voici quelques citations d’Henri Barbusse :

« Deux armées qui se battent, c’est une grande armée qui se suicide. »

« La liberté et la fraternité sont des mots, tandis que l’égalité est une chose. »

Lettres de Henri Barbusse à sa femme, 1914-1917

Présentation de l’éditeur : Il s’agit de la correspondance de guerre de Henri Barbusse. Bien qu’âgé de quarante et un ans, L’écrivain s’est engagé en août 1914 comme simple soldat au 23e régiment de Ligne. Il part au Front le 21 décembre. Extrait : « Dans le boyau même, il y avait des cadavres qu’on ne peut retirer de là ni ensevelir (on n’a pas eu le temps jusqu’ici), et qu’on piétine en passant. L’un d’eux, qui a un masque de boue et deux trous d’yeux, laisse traîner une main qui est effilochée et à moitié détruite par les pieds des soldats qui se hâtent, en file, le long de ce boyau. On a pu le voir, le boyau étant couvert à cet endroit, on a allumé, une seconde. N’est-ce point macabre, ces morts qu’on use de la sorte comme de pauvres choses ? »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*