Guillaume Apollinaire

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Qui est Guillaume Apollinaire ?

Date de naissance : 25 août 1880 (Rome, Italie).
Date du décès : 9 novembre 1918 (Paris, France) à 38 ans.
Activité principale : poète, écrivain français.
Signe : Vierge.

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Biographie

Guillaume Apollinaire en bref

Poète, écrivain, et critique d’art avant-gardiste, véritable précurseur de techniques et courants artistiques comme le calligramme, le surréalisme, le symbolisme, la littérature érotique ou encore le cubisme, Guillaume Apollinaire aura marqué le XXe siècle de son empreinte. Son esprit créatif débordant, sa vivacité, et son imagination galopante, influencé(s) par les expériences de vie et la nature elle-même, font de lui l’un des plus grands artistes français, dont l’héritage perdure encore aujourd’hui, plus d’un siècle après sa mort.

Une enfance mouvementée

Guillaume Apollinaire, né Guglielmo Alberto Wladimiro Alessandro Apollinare de Kostrowitzky, voit le jour à Rome le 25 août 1880, d’une mère appartenant à la noblesse polonaise, et de père inconnu. Si l’on en croit l’hypothèse la plus plausible à l’heure actuelle, il s’agirait d’un officier italien. Enfant brillant, doué, et polyglotte – il parle couramment l’italien et le polonais –, Guillaume Apollinaire déménage en 1887 avec sa mère et son demi-frère à Monaco, où il apprend le français en quelques mois, allant jusqu’à maîtriser la langue de façon remarquable.

L’épisode Wallon, premières inspirations

Après un baccalauréat raté au Lycée Masséna de Nice, le jeune Apollinaire est envoyé en Belgique, dans la paisible bourgade wallonne de Stavelot, avec son demi-frère. Ils logeront alors quelques mois dans une pension qu’ils quitteront la même année, en octobre 1899, en pleine nuit et sans payer leur dû, faute d’argent. Malgré les difficultés financières et les moqueries fréquentes des villageois guère habitués à recevoir des « étrangers », ce court séjour wallon marquera l’œuvre et l’esprit créatif de Guillaume Apollinaire de façon durable. D’abord parce que, rongé par l’ennui et inspiré par la nature environnante, il se réfugie beaucoup dans l’écriture ; mais aussi parce que les expériences sociales et personnelles qu’il y a vécues se sont converties en autant de motifs d’inspiration pour le poète : le mal-être, la trahison, ou encore le désenchantement, sont des thèmes que l’on retrouve en effet tout au long de son œuvre.

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La vie parisienne, le début de la renommée

En 1900, Guillaume s’installe à Paris où il travaillera quelques mois comme employé de banque, avant de se faire engager de mai 1901 à août 1902 comme précepteur de français en Allemagne, auprès d’une famille issue de la bourgeoisie européenne. C’est là qu’il s’éprend éperdument d’une gouvernante anglaise, Annie Playden. Un amour non réciproque, la jeune femme refusant à plusieurs reprises ses avances, et qui constituera une autre source d’inspiration pour Apollinaire. 

En parallèle, l’artiste commence à publier ses premiers articles, contes et poèmes dans diverses revues, notamment Tabarin, La Grande France, et La Revue Blanche, signant tour à tour Guillaume Apollinaire, ou encore Wilhelm Kostrowiztky. Des écrits qui lui permettent peu à peu de se faire un nom dans la sphère artistique locale. De retour à Paris en 1902, il commence à travailler pour un organisme boursier, tout en continuant ses publications diverses et variées, avant de créer, en 1903, sa propre revue littéraire, Le festin d’Ésope, revue des belles lettres ; certains de ses écrits, ainsi que les poèmes de ses amis artistes, y seront publiés. Guillaume Apollinaire commence alors doucement à pouvoir vivre de son talent de poète. Le départ de la jeune Annie pour l’Amérique, en 1905, donnera lieu à certains de ses plus beaux poèmes, dont La Chanson du mal-aimé, Annie, La Lorelei, ou encore l‘Émigrant de Landor Road, qu’il intégrera tous au célèbre recueil Alcools, paru en 1913. 

Quelques temps après le départ d’Annie, Guillaume débute une relation tumultueuse avec Marie Laurencin, peintre cubiste française, et se met à fréquenter les cercles artistiques de l’époque, où il se lie d’amitié avec des personnalités comme Pablo Picasso, Jean Metzinger, Maurice de Vlaminck, Raoul Dufy ou encore André Derain. Ces derniers contribueront d’ailleurs à deux des œuvres de leur ami Apollinaire, qui utilisera leurs travaux pour illustrer L’Enchanteur pourrissant (mélange de roman, de poésie et de théâtre) et Le Bestiaire ou Cortège d’Orphée, premier recueil de poèmes publié par l’artiste, composé de 30 poèmes courts aux noms d’animaux. Petit à petit, Apollinaire commence à se faire un nom, en tant que journaliste, poète, conférencier, mais aussi critique d’art dans le quotidien français l’Intransigeant. En 1913 vient alors Alcools, qui reste à ce jour le recueil de poèmes le plus connu et le plus étudié de l’artiste, dans le sens où il constitue un résumé particulièrement exhaustif de l’ensemble de son œuvre depuis 1898, notamment les poèmes de la période rhénane. 

La guerre

Lorsque la guerre éclate, en 1914, Guillaume Apollinaire sollicite son engagement dans les forces françaises. Or, ne possédant pas la nationalité française, sa demande est dans un premier temps refusée, avant d’être acceptée en décembre de la même année à Nice, lançant alors dans le même temps son processus de naturalisation. 

Avant son départ pour le front, en mars 1915, Apollinaire s’éprend de Louise de Coligny-Châtillon, une jeune femme rencontrée par l’intermédiaire d’un ami lors de son séjour à Nice. Lou, comme il la surnomme, se montre d’abord réticente, puis finit par accepter ses avances, sans jamais véritablement s’attacher au poète, et pour cause : la jeune femme semble éprise d’un autre. Les poèmes qu’il lui dédiera au fil de leur correspondance seront rassemblés, après sa mort, dans le recueil Poèmes à Lou. 

Parti au front avec le 38ème régiment d’artillerie, Apollinaire débute alors une correspondance importante avec Lou, ses amis, sa marraine de guerre Jeanne Burgues-Brun, mais aussi une jeune fille, Madeleine Pagès, qu’il demandera en mariage, toujours à distance, quelques mois plus tard.

Après un transfert au 96ème régiment d’infanterie en novembre 1915, Guillaume Apollinaire devient officiellement français le 9 mars 1916. Une joie qui sera de courte durée, puisqu’à peine quelques jours plus tard, il est touché à la tempe par un éclat d’obus. Il sera transféré à l’hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, pour y être soigné – il subit d’ailleurs une trépanation – puis placé en convalescence, au cours de laquelle il reprend ses écrits et inventera d’ailleurs le terme de « surréalisme », se plaçant alors en précurseur du célèbre courant artistique du même nom. 

Les dernières années de Guillaume Apollinaire

Affaibli par sa blessure, Apollinaire est déclaré inapte pour le front et est alors reclassé dans un service auxiliaire, puis au Ministère de la Guerre, où il continuera ses écrits, parmi lesquels son second recueil de poèmes, Calligrammes, publié en avril 1918. À peine quelques mois avant sa mort, Apollinaire épouse Jacqueline Kolb, sa « jolie rousse », qui sera à l’origine de bon nombre des publications posthumes de l’artiste. Le 9 novembre 1918, il meurt, terrassé par la grippe espagnole, à son domicile. 

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Le monument funéraire

Le monument funéraire de la tombe de Guillaume Apollinaire, conçu sous la forme d’un menhir, est l’œuvre du peintre Serge Férat, ami intime de l’artiste, et ce malgré les divers projets proposés par Picasso les années précédentes, tous refusés. La tombe, d’une grande sobriété, comporte quelques extraits de ses œuvres Calligrammes et Les Collines, ainsi que d’un cœur-calligramme, qui dit : « Mon cœur pareil à une flamme renversée. »

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