Alain Bashung

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Le dernier des géants

Qui est Alain Bashung ?

Date de naissance : 1er décembre 1947 (Paris, France)
Date du décès : 14 mars 2009 (Paris, France) à 61 ans.
Activité principale : chanteur, musicien. (aussi acteur)
Signe : Verseau.

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Biographie

Alain Bashung en bref

Artiste atypique au timbre de rocker désabusé, Alain Bashung a marqué la chanson française de son empreinte. « Dernier des géants » pour les Inrocks, l’auteur de Gaby et Vertige de l’amour a influencé plusieurs générations de chanteurs.

Alain Bashung, premières années entre l’Alsace et Paris

Né Alain Baschung, il voit le jour à Paris le 1er décembre 1947, d’une mère bretonne et d’un père algérien. Il n’aura pas connu ce dernier : son nom lui vient de son beau-père, d’origine alsacienne. Enfant, il pratique l’harmonica et découvre les sonorités du blues.

Plus tard, il est envoyé à Paris chez une amie de sa mère. Il y assiste à ses premiers concerts et se rapproche de deux styles musicaux qui définiront sa carrière : le rock (via Elvis, Gene Vincent ou Buddy Holly) et la chanson française (avec Edith Piaf).

Les années de galère

Au tournant de la vingtaine, Alain Bashung joue dans plusieurs groupes et compose déjà en solo. Sans grand succès, il vivote de concerts en petits boulots, compose quelques titres pour Dick Rivers et enregistre 12 singles sous différents pseudos.

Dans les années 70, le chanteur connaît quelques succès qui lui permettent de s’accrocher : il gagne notamment un radio-crochet télévisé, les tremplins de l’été. Il interprète aussi Robespierre dans une comédie musicale, « La Révolution Française », de Claude-Michel Schonberg. Malgré ces signaux prometteurs, son style atypique peine à trouver son public, et sa carrière stagne.

Des rencontres décisives

À 29 ans, il fait deux rencontres qui aideront à forger le style Bashung : Andy Scott, ingénieur du son expérimenté, et surtout Boris Bergman, parolier entre autres de Juliette Greco. Avec eux, Bashung va passer un palier : l’attelage qui l’emmènera tout en haut des charts est formé.

Mais le succès se fait encore attendre : malgré ces collaborations, les albums Roman-Photos (1977) et Roulette russe (1979) sont des échecs. Philips, son label, pense même à le lâcher.

Enfin, à 32 ans, la collaboration avec Boris Bergman fait mouche : Gaby oh Gaby est un énorme carton et Alain Bashung devient une vedette. Le 45 tours s’écoulera à presque 900 000 exemplaires ! Malgré une reconnaissance tardive, l’artiste ne se départira jamais d’une image de rocker désabusé, un rien mélancolique, artiste maudit à l’écriture ciselée et aux mélodies douces-amères.

Alain Bashung, la confirmation

Bashung est désormais connu du grand public et la confirmation ne se fait pas attendre. Pour la première fois, un album lui vaut les faveurs des critiques : il s’agit de Pizza (1981), opus rock qui contient l’immense succès Vertiges de l’amour.

Alain Bashung collabore ensuite avec Gainsbourg pour l’album Play Blessures (1982). Souhaitant se démarquer de Gaby Oh Gaby, il signe un disque sombre et difficile d’accès, sans grand succès commercial. Figure Imposée, sorti en 1983, connaît plus ou moins le même destin.

Il retrouve son parolier Boris Bergman sur l’album suivant, Passé le Rio Grande (1986), et le succès est de retour. Le disque lui vaut la Victoire de la Musique du meilleur album rock. Novice, sorti en 1989, marque un passage de  témoin entre Bergman et Jean Fauque, son nouvel auteur. L’album assoit le style Bashung, entre nappes de synthé new wave et riffs ciselés au service de textes à la poésie lunaire.

Les années 90 : Alain Bashung au firmament de la musique française

En 1991, Alain Bashung sort Osez Joséphine, album mythique, contenant les tubes Vertiges de l’amour et Madame rêve. Vendu à 350 000 exemplaires, il fait à nouveau passer Bashung dans une nouvelle dimension.

Le chanteur-guitariste traversera les années 90 sur cette lancée. En 1998 est dévoilé Fantaisie Militaire, son 10ème album studio. C’est un nouveau tournant dans sa carrière : le magazine Rolling Stones classera le disque en 9ème position du classement des 100 meilleurs albums de rock français. Fantaisie Militaire sera récompensé de 3 nouvelles Victoires de la Musique : meilleur artiste-interprète, meilleur album et meilleur clip pour La nuit je mens. Il rencontrera d’ailleurs Chloé Mons sur le tournage, avec qui il se mariera en 2001.

Bashung au cinéma

Dès les années 80, le chanteur transpose sa popularité sur le grand écran. Ses fans le découvrent acteur au fil de plus de 15 longs métrages pour le cinéma, mais aussi pour la télévision.

Il se fait notamment remarquer dans « Je veux tout » de Patrick Braoudé, « Félix et Lola » de Patrice Leconte, « La bande du Drugstore » de Patrick Armanet ou encore « J’ai toujours rêvé d’être un gangster » de Samuel Benchetrit, où il interprète son propre rôle.

Alain Bashung compose également une dizaine de bandes originales de films. Il signe notamment la musique du « Beauf », de « Pigalle » ou de « Ma petite entreprise ».

Bashung dans les années 2000

En 2002, Alain Bashung signe un nouvel album : L’imprudence, qui rencontre un grand succès auprès des critiques malgré une ambiance sombre, qualifiée parfois de « crépusculaire ».

Il fait ensuite une pause, collabore avec plusieurs artistes, interprète Léo Ferré, Charles Trenet ou Nino Ferrer sur des albums-hommage. En 2006, la Cité de la Musique lui donne carte blanche pour quelques jours. Bashung en profite pour donner quelques représentations en compagnie de plusieurs chanteurs qu’il aime tout particulièrement (Dominique A, Christophe, Rodolphe Burger…).

C’est en 2008 que sort son dernier disque, Bleu Pétrole. Pour l’occasion, il s’entoure de Gaëtan Roussel (Louise Attaque), Arman Méliès et Gérard Manset.

Derniers instants

Affaibli par un cancer du poumon, le chanteur devra annuler la fin de la tournée Bleu Pétrole en 2009. Mais il restera actif jusqu’à la fin, comme pour rattraper le temps perdu. Il reçoit une légion d’honneur, puis 3 Victoires de la musique à l’occasion d’une cérémonie émouvante qui sera aussi sa dernière apparition publique.

Alain Bashung s’éteint le 14 mars 2009 à 61 ans, entouré de ses proches. Il aura reçu en tout 12 Victoires de la musique, un record absolu. Il laisse derrière lui une discographie prolifique, plusieurs albums inoubliables et une marque indélébile au panthéon du rock français.

La tombe d’Alain Bashung

Après son enterrement au Père Lachaise, la tombe d’Alain Bashung a mis beaucoup de temps à recevoir sa stèle. À cause d’un désaccord entre sa famille et la société de pompes funèbres, il faudra un an et demi et des actions en justice pour que la plaque verticale soit finalement apposée fin 2010, plus d’un an et demi après les obsèques.

La stèle de la tombe d’Alain Bashung est remarquable de sobriété, avec simplement quelques cercles concentriques au niveau du caveau qui représentent les sillons d’un 33 tour.

En plus du nom de l’artiste et de ses dates de naissance et de décès figurent les mots suivants : « Tant aimé ».

Pour aller plus loin…

Chloé Mons, la veuve d’Alain Bashung publia « Let Go« . Un récit court. Choc.
La compagne d’Alain Bashung raconte sa dernière semaine, puis les jours qui ont suivi sa mort. Un récit universel, bouleversant, sur la disparition d’un être aimé.